Tuesday, 31 March 2009

RANDOM NEWS

Après s'être acharnée férocement sur Kamerhe, la presse kinoise inféodée au pouvoir se met au service des visées dictatoriales en place. Voici une tentative de reprendre la rhétorique autour du cas Nkunda.

Celui-ci est un peu méchant mais la caricature du rais que j'y vois pour la première fois fera histoire!

Un congolais écrit au tout puissant abbé Malu Malu:

QUAND LES ELEPHANTS SE BATTENT

On dit bien que c'est l'herbe qui en pâtit. A regarder la RDC de près, en tout cas son peuple, ses citoyens ordinaires et courants, on comprend bien le sens illustratif du dicton. Seulement on ne sait pas combien d'élephants se battent et pour combien de temps, sur le territoire national. Le bras de fer, qui s'est soldé par l'éclipse politique de l'homme qui a le plus contribué à faire accepter Kabila en RDC, était de l'ordre de la bataille d'élephants même si il a pris la forme d'une querelle de parti. A un moment donné, sans être admiratrice de Kamerhe, j'ai cru et même souhaité que l'homme tiendrait tête à l'AMP. Son attitude lui avait gagné l'appui des députés qui voulaient demander des comptes au gouvernement. Le peuple surtout kinois, estomaqué par la resurgence d'une présence rwandaise, s'était spontanément rangé du côté de Kamerhe. Il est aisé de penser que le fragile imaginaire populaire flairait finalement une sorte de renaissance d'un homme d'Etat considéré corrommpu ne fut-ce que par la manière dont il a acheté les élections de 2006. J'ai vraiment cru, au moins par moments, qu'il allait vraiment tenir tête. Quel n'a donc pas été mon étonnement de le voir démissioner avec une telle promptitude, on dirait même une certaine aisance. La raison de ce revirement je l'ai trouvée dans les méandres des arguments compliqués que présente spéctaculairement le "Terminator original" (H. Ngbanda). Ne croyant pas beaucoup ni à sa conversion proclamée, ni à ses points de vue, je lis cependant ce qu'il écrit car, derrière toute cette fumée on peut trouver quelques charbons laissés par un certain feu.

En effet il a fait circuler sur le net un document faisant état d'une manoeuvre ayant pesé lourd dans la décision de Kamerhe. Voici en quels termes il nous présente la chose: " Car la veille de sa démission, Kamerhe venait de jeter le pavé dans la marre en écrivant au ministre des finances et au Président de la Cour des Comptes pour leur demander de diligenter une enquête sur la sortie frauduleuse de fond effectuée le 19 mars 2009 à la banque centrale du Congo au profit de l’Assemblée nationale, sans qu’aucune autorité compétente de cette institution ne l’ait ordonnée ni moins encore réceptionnée. Pourtant, le Comptable publique principal de la Banque centrale a bel et bien décaissé 1.150 000 $ (un million cent cinquante mille dollars américains) sous le code comptable 0536. Mais seulement, personne au Parlement n’est au courant de cette opération. Ou plutôt si ! Vital Kamerhe qui nage dans la même marre aux crocodiles avait été pleinement prévenu par ses antennes que c’est «son rival» (entendez «Joseph Kabila») qui a ordonné cette sortie de fonds pour financer l’opération de «soutien du moral des députés AMP» et autres en sa faveur. Et voilà que brusquement, mercredi 25 mars, alors que plus de quatre cents députés l’attendaient depuis 10 heures dans l’hémicycle pour la plénière, Kamerhe s’amène vers 13 heures seulement pour lâcher la bombe : « …tout en vous remerciant pour avoir cru à l’action que nous avons menée ensemble ici dans notre institution, je vous prie de bien vouloir accepter ma démission sans débat ni vote» ! Explosion de joie dans les rangs des députés de la majorité présidentielle, stupeur dans le camp de l’opposition, et plus particulièrement dans le groupe des dissidents de l’AMP qui avait cru en Kamerhe et qui voient leur pilote sauter en parachute et les abandonner en plein ciel agité par la tempête! "

Le Terminator, qui s'y connaît dans ce genre d'affaires, n'hésite pas à affirmer que Kamerhe est tombé dans la même trappe que JP Bemba. Ce qui me fait penser à une autre bataille d'élephants qui, en aout 2006 et en mars 2007, a meurti tellement l'herbe populaire qu'elle ne s'en remet encore pas. La chose la plus terrible, c'est qu'il y a des élephants encore plus gros et plus forts, capables de reduire les bataille ci-haut décrites en simple bagarres d'adolescents. J'ai affiché, il y a quelques jours un article sur le FMI. Les kabilistes avec Kabila en tête ont refusé mordicus d'opérer la révision des contrats chinois. Une des choses que le général Nkunda a dite en provoquant intensément le courroux des kabilistes, c'était que le peuple congolais avait le droit d'exiger la révision de ces contrats. Nous savons tous que cette exigence n'allait pas venir d'un parlement qui dit oui-oui à un exécutif prédateur. Or qu'en est-il de cette situation aujourd'hui? Les fameuses institutions de Bretton Woods n'avaleront jamais le troc sino-rdcongolais portant sur une exploitation léonine des mines en échange d'infrastructures encore invisibles. De quel pouvoir disposait Kinshasa pour resister à la pression? Aucun. Le résultat est là. La Chine est puissante, mais elle cultive aussi son image et sa place parmi les puissants. Elle n'est pas prête à saborder tout cela pour les beaux yeux des faucons kabilistes. Moyennant quoi, elle ne déboursera que le tiers des 9 milliards sur lesquels comptait Kabila pour réaliser les "cinq sentiers". A cette allure, ce ne sera vraiment plus que des sentiers! Surtout si pour la destruction de chaque adversaire politique, il faut puiser dans les coffres qui devraient financer les infrastructures potentielles... Voilà donc comment l'herbe populaire congolaise est savamment piétinée par les grands élephants de ce monde. Il faudra bien qu'il y ait pas seulement un Nkunda, mais bien un bon nombre qui veuille parler et défendre les victimes de ces batailles féroces entre élephants aveuglés par une cupidité sans mesure.

Monday, 30 March 2009

L'IMPOSSIBLE DEMOCRATIE DU RAIS

L’une des personnalités qui admirent le plus Joseph Kabila souscrit a l’idée fondamentale selon laquelle le citoyen ordinaire ne sait pas voir le vrai Joseph Kabila. Selon Colette Braeckmann qui vient d’écrire un livre intitulé Vers la deuxième indépendance du Congo, il est une sorte d’antihéros qui a réussi, contre toute atteinte à relever tous les défis. Il serait doté d’une force tranquille et userait à la perfection l’art d’exploiter sa faiblesse pour réussir le coup le plus difficile, c’est-a-dire, isoler l’homme considéré comme étant le plus fort en Afrique centrale aujourd’hui. Aux yeux de Braeckmann, Kabila a réussi à faire isoler le président rwandais, d’un isolement qui confine ce dernier dans le rôle de mauvais joueur.

Ce sont là des paroles d’une admiratrice invétérée. Car on ne saurait trouver autrement des paroles aussi élogieuses au sujet d’une personne dont le leadership s’est caractérisé par dérive constitutionnelle sur dérive constitutionnelle. L’encre n’a pas encore séché sur les journaux qui parlaient encore hier du bras de fer entre le légaliste ex-président de l’assemblée nationale et le dictateur constitutionnel de la RDC, par faucons interposés. Dans un pays où les extrémistes font la loi, on a fait croire au public que la paix en RDC avait un obstacle, le CNDP et son leader Laurent Nkunda. Ensuite on a fait croire qu'en prenant une distance vis-à-vis de l'opération Umoja wetu, l'ex-président de l'assemblée devenait l'autre obstacle à abattre. L'AMP l'a liquidé anticonstitutionnellement sans aucun égard au travail de titan que cet homme a fourni pour installer une démocratie de pacotille à Kinshasa. Il y croyait peut-être quand il distribuait l'argent de Kinshasa à Kindu. Mais en ce moment il doit déjà méditer sur le caractère pacotille de la démocratie dont il a été un architecte clé. Nkunda est arrêté depuis deux mois et je ne sais plus combien de jours. Kamerhe a abandonné l'assemblée nationale. Mais est-ce que cela signifie que la paix, condition de la démocratie est enfin là? Non, absolument pas, parce que le problème de la paix et de la démocratie est tout autre.

Braeckmann a raison, au moins de par le titre qu'elle a choisi. La RDC a besoin d'une nouvelle indépendance, le Chairman du CNDP n'a pas cessé de le dire. La RDC a besoin d'un ressaisissement profond pour retrouver sa dignité. Peut être Kamerhe, qui a des intérêts différents de ceux de Nkunda, son choix de Kabila étant on ne peut plus explicite, l'a aussi réalisé. Un peu tard. Sa réaction, pour avoir été si tardive, a contribué à son lynchage politique personnel, au lieu de réveiller la torpeur du président qui, prisonnier de ses faucons, n'a jamais montré aucun intérêt à restaurer l'indépendance de la RDC, encore moins la dignité du dernier congolais redevenu victime des FDLR une fois que les opérations Umoja wetu ont été déclarées conclues.

Où en sommes-nous aujourd'hui? La majorité présidentielle tripatouille les institutions comme elle le veut. Elle tord et retord toute ficelle visant à consolider le pouvoir dictatorial du chef. Quel nouveau président de l'assemblée peut dorénavant parler de l'indépendance des institutions ou de la séparation des pouvoirs? Aucun. Le prochain sera encore plus inféodé aux caprices de la majorité et son boss, surtout s'il tient aux privilèges en USD et autrement, que son poste procure. Même chose sur le plan militaire: on a cherché la confusion, on l'a installée et le peuple est absolument sans défense. On a abondamment parlé du succès à 95% de l'opération Umoja wetu. Mais au Rwanda comme en RDC l'on sait que l'échec était inévitable d'abord parce que parmi les FARDC il y avait déjà des FDLR qui étaient donc impossibles à désarmer étant FARDC; que les PARECO qui ont intégré les FARDC pour l'opération Umoja wetu constituent un groupe armé à majorité FDLR (groupe créé par la 8ème région militaire pour combattre le CNDP quand le président a déclenché la guerre contre ce mouvement); et que la grande partie des FDLR controlant les mines du Sud-Kivu n'ont pas été inquiétées (c'est seulement maintenant que des forces se déplacent pour aller su Sud-Kivu et au Maniema), recevant ainsi une large marge de manœuvre en termes de temps et d'espace. Ce qui est étonnant c'est que les stratèges militaires rwandais aient concentré leurs efforts contre le CNDP en négligeant ces détails qui allaient, juste avec un peu de temps, montrer que la démarche de deux gouvernements serait un fiasco. C'est en tout cas ce qui s'avère pour le Rwanda, car la RDC a, en soi, consolidé son alliance avec les FDLR, ce qui donne à ces dernières la voie vers la réalisation de leur dessein, nuire assez dangereusement à leur pays d'origine et à la région. Elles ont tous les atouts maintenant, surtout que le cndp de Kamanzi ne peut pas les arrêter dans leur tentative.

Le mouvement des troupes vers le sud est donc trompeur, sa raison d'être demeure la possibilité pour les FDLR de contrôler la frontière et menacer effectivement. Ce mouvement qui vise aussi la dispersion de l’armée du CNDP peut se révéler dangereuse pour la RDC. On voulu a tout prix annihiler le CNDP, son chef et son armée. On espère avec cela donner un coup de grâce a un problème qui se répète inexorablement, a savoir les tensions su sein de l’armée. Il n’est pas nécessaire de rappeler les expériences de Kitona, de Kamina et du camp Kokolo. Les causes de ces expériences de triste mémoire sont encore entières, et l’opération Umoja ne comprenait aucune stratégie correspondante à ce mal. En tout cas leur plan semble avoir négligé le facteur le plus destructif, ou tout au moins le plus difficile à gérer en ce qui concerne l'armée de la RDC. Comme l'a souvent répété le Général Nkunda, on ne consolidéra jamais cette armée avant d'avoir affronté les causes de sa faiblesse, les raisons du cycle implosionnel qui l'afflige depuis le temps de la fameuse Force Publique. Les généraux peuvent croire que les soldats comme le peuple n’ont pas de privilèges, mais l’on récolte ce que l’on a semé. Et ici on est encore en train de semer la zizanie qui ne produira jamais du blé. Encore une fois, ce n’est ni Kamanzi, ni Munyampenda, ni Ntaganda qui empêcheront les tensions dangereuses dont on met en place l’architecture aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est que Joseph Kabila, lui, est en train de préparer
les élections de 2011. En ayant renforcée la puissance des FDLR, il peut se passer d’un Kamerhe. L’intégration forcée de l’armée lui assurera également une campagne à l’arme comme en 2006. Il se prépare bel et bien à une autre impossible démocratie.

Friday, 27 March 2009

THE MAGNA VULTURE'S MOVE

The IMF’s Lending Overhaul

BY DOMONIQUE STRAUSS-KAHN

The International Monetary Fund should be an essential port of call for emerging-market and developing countries facing financing needs.

With its ability to mobilize large financial resources and buttress policy credibility, the IMF can help mitigate the large economic and social costs often associated with crises.

Against this background, the world has come together in the midst of the crisis to radically overhaul the framework for IMF lending. Now and in the future, the world needs the IMF to respond flexibly and effectively to its members’ needs.

First and foremost, our financing packages should be large enough relative to the size of the problem to make a difference.

In addition, the absence of an IMF insurance facility with acceptable terms has been a major gap in the global financial architecture, especially for the more dynamic emerging-market economies.

This is despite all the evidence of the value of early access to IMF financing, before a tough situation deteriorates into a crisis.

Moreover, while it remains essential to attach policy conditions to IMF-supported programs, they should be focused squarely on solving a country’s critical problems, so that the conditions will be relevant rather than intrusive.

With our members’ support, we are implementing important reforms to our lending policies that will encourage countries to approach the IMF early on, before crises become severe and almost intractable.

The reform comprises three core elements:

First, policy conditions associated with future IMF lending will be better tailored to country circumstances. A new Flexible Credit Line makes high-volume financing available – even before a crisis has struck – without any ex post policy conditionality to qualifying countries with strong economic fundamentals and policy frameworks. Some observers have dubbed the new facility “EZ loan,” though few countries meeting the qualifying criteria would consider their policy achievements – and their commitment to maintaining that record – anything but “easy.”

For others, conditionality will be more tightly focused on core areas, and “structural” conditions that require hard-to-time legislative measures will be judged in a less formalistic manner.

Second, for those not qualifying for the new instrument, the Fund’s workhorse lending facility, the Stand-By Arrangement, will be made more flexible along several dimensions. These include permitting high financial access even before a crisis materializes, and allowing disbursements to be more front-loaded.

Third, the amount of lending available from the IMF is being raised substantially. Normal limits on access to IMF resources are being doubled – a development consistent with the growing consensus that the Fund’s lending capacity needs to be at least doubled given the severity of this crisis.

This is extremely important, since few things are as fatal to the credibility of a policy package as insufficient financing. Taken together, these steps address the core problems – the stigma associated in the past with IMF conditionality, the availability of early pre-crisis financing, and the overall size of rescue packages – that have sometimes diminished the effectiveness of the Fund’s role as a crisis lender.

Emerging markets that approach the IMF early on for pre-crisis financing will find shelter from the winds of global deleveraging, which in turn will help contain the spread of the crisis.

The IMF has already moved quickly to help many of our member countries in this time of crisis, including by protecting social spending in order to cushion the impact of the crisis on the most vulnerable.

The lending reforms adopted this week will enable us to be even more flexible and responsive in assisting even more countries. At the same time, these reforms are only a part of a much larger plan for IMF renewal. Still in the pipeline are initiatives to increase concessional lending to low-income countries hit by the crisis, to strengthen the Fund’s surveillance and early warning capacity, and to improve its governance structure in ways that recognize the larger role of emerging-market countries in the world economy.

It is my hope that further action in all these areas will be taken in the coming months. Together, they constitute a turning point in the way the IMF works, and will allow it to serve its global membership even better.

Dominique Strauss-Kahn is Managing Director of the International Monetary Fund.

Et voici la première bénéficiaire du voyage d'affaires de Sarkozy en RDC: remarquez l'expression "renforcer leur présence"... (des entreprises françaises)


Et voici comment se passe la vente de l'Afrique par ses propres enfants:

Thursday, 26 March 2009

RANDOM NEWS

http://af.reuters.com/article/topNews/idAFJOE52P03620090326

http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=4357

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/afrique/20090325.FAP2621/afrique/

http://www.rfi.fr/actufr/articles/111/article_79530.asp

http://www.france24.com/fr/20090325-republique-democratique-congo-rwanda-president-demission-parlement-sarkozy-Kamerhe-kabila

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20090325.OBS0627/lsreactions00e5.html?l=0

http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7963755.stm

http://af.reuters.com/article/topNews/idAFJOE52P03020090326?sp=true

UN AUTRE DISCOURS!

Ci-dessous l'intégralité du discours de Vital Kamerhe à l'occasion de la présentation de sa démission.

DISCOURS DE L'HONORABLE VITAL KAMERHE, A L'OCCASION DE LA PRESENTATION DE SA DEMISSION DE SES FONCTIONS DE PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE, LE 25 MARS 2009

Honorables Députés et Chers Collègues,

Lors de mon intervention sur Radio OKAPI, le 21 janvier 2009, en rapport avec le début des opérations militaires conjointes entre nos forces armées et celles de la République du RWANDA dans la province du Nord Kivu, j'avais déclaré que je n'en étais pas informé et que, si cela était vrai, ce serait grave parce que j'avais estimé que, compte tenu des dégâts collatéraux importants occasionnés en Province Orientale par une opération similaire avec l'armée ougandaise et celle du Sud-Soudan pour neutraliser les rebelles de la LRA, le Gouvernement devrait prendre des précautions pour éviter que la même situation ne se reproduise au Nord-Kivu.

Cette déclaration a été mal appréciée par ma famille politique qui a estimé que j'avais commis un crime de lèse majesté, car je venais, semble-t-il, de contredire le Chef de l'Etat, Chef de ma famille politique.

J'ai été astreint à la démission avec en prime une forte campagne de diabolisation et des injures gratuites sur ma personne à travers toute la presse, écrite et audiovisuelle tant privée que publique et ce, sans ménagement, ni le moindre égard à mes fonctions de Président de l'Assemblée nationale.

C'est le lieu de déplorer la culture de l'injure publique, de la délation et de l'immoralité dans la sphère politique congolaise, car nous, hommes politiques, avons l'obligation de servir de modèle aux jeunes générations et à la société congolaise toute entière.

Mon parti politique, par notre Secrétaire Général, m'a écrit pour m'inviter à démissionner sans délai.

Cependant, toutes ces demandes insistantes de ma famille politique m'étaient présentées pendant les vacances parlementaires, donc en l'absence de vous tous qui m'avez élu.

Ainsi que je l'ai dit dans mon discours d'ouverture de la présente session, j'avais entendu ce que mon parti politique, le PPRD et la hiérarchie de ma famille politique m'avaient demandé. Mais en même temps, j'étais aussi à l'écoute de notre peuple qui, à travers les églises, les organisations de défense des Droits de l'Homme, la Diaspora Congolaise, la jeunesse congolaise et toutes les forces vives, exprimait, dans une belle harmonie, la soif et le désir ardent de voir les hommes politiques que nous sommes, préserver les acquis démocratiques et se conformer à la légalité constitutionnelle pour briser définitivement la spirale d'éternels recommencements, caractéristique de la marche de nos institutions depuis 1960, à cause des querelles politiciennes.

Le grand combat que chacun de nous doit mener, comme le disait Gandhi, c'est contre soi-même pour repousser cette nature qui nous habite et qui nous pousse à détruire ce que nous avons construit, même au prix du sacrifice suprême.

C'est pourquoi je n'avais pas démissionné pendant les vacances parlementaires, comme mes collègues membres du Bureau qui avaient reçu la même instruction pour je ne sais quelle faute qu'ils auraient commise collectivement. J'ai la pleine conscience qu'ils ont payé le prix de ce qui m'a été reproché, alors qu'en réalité, ils n'ont rien fait!

Cependant, je n'ai pas le sentiment d'être responsable de ce qui leur est arrivé, car la faute, si faute il y a, doit être individuelle et directe. Je voudrais tout simplement leur dire que ce sont là, les aléas de la politique dans notre pays dont je suis moi-même victime.

Sans chercher à me justifier outre mesure, laissez-moi dire quand même un mot au sujet de la faute qui m'est imputée. En effet, l'article 213 de la Constitution dispose ce qui suit, je cite: " le Président de la République négocie et ratifie les traités et accords internationaux. Le Gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à ratification après délibération en Conseil des ministres. Il en informe l'Assemblée nationale et le Sénat ".

L'Assemblée nationale est informée par son Président que je suis. Je ne me souviens pas, à ce jour, avoir reçu l'information du Gouvernement sur l'accord signé avec le RWANDA pour les opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu. C'est une obligation constitutionnelle du Gouvernement et non du Président de la République.

Voilà pourquoi j'avais dit que je n'étais pas informé. Cela était et reste vrai. La gravité de cette opération tenait, à mes yeux, non seulement au fait que le Gouvernement avait officiellement annoncé, par la bouche de son Porte-parole, l'invitation de quelques officiers de renseignement de l'armée rwandaise pour assister à la traque des ex-FAR, FDLR et Interhamwe par notre armée, mais aussi et surtout parce qu'il y avait manifestement violation par le Gouvernement des dispositions sus rappelées de la Constitution de la République.

Au fait, si jamais il y avait un problème, il s'agirait d'un problème entre l'Assemblée nationale et le Gouvernement. Je n'ai donc jamais compris comment on est arrivé à y mêler le Président de la République, Chef de ma famille politique, et à créer artificiellement un problème entre Lui et moi. Le Président de la République, je le répète, ne doit pas servir de bouclier au Gouvernement, ni à ses membres qui eux ont l'obligation de rendre compte de leur gestion à l'Assemblée nationale. Nous devons ramener le Chef de l'Etat à son rôle d'arbitre neutre pour qu'il veille au bon fonctionnement de l'ensemble des institutions conformément à l'article 69 de la Constitution. Il ne doit pas non plus être l'otage d'un groupement politique quelconque parce que la Constitution le place au dessus de la mêlée.

Mais le vin est tiré, amer ou aigre, il faut le boire.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Nous voilà aujourd'hui à la croisée des chemins. Je dois opérer, avec vous, un choix et le bon. Notre seul fil conducteur doit être la lutte pour la préservation et la sauvegarde de la démocratie et de la légalité dans notre pays ainsi que l'indépendance du Député national, lequel ne doit pas être astreint à un mandat impératif en vertu de l'article 101, alinéa 5 de la Constitution. Le mandat dont nous sommes investis nous lie directement par un contrat social et politique avec le peuple congolais. Nous devons donc à tout moment rechercher son intérêt et nous mettre à son écoute pour connaître ses attentes et ses intérêts pour mieux le défendre. C'est donc à lui et à lui seul que nous rendons compte de notre mandat.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Nous avons le choix entre deux voies constitutionnelles valables.

La première possibilité qui s'offre à nous, est celle de poursuivre le processus enclenché jusqu'au vote à bulletin secret afin que les urnes parlent.

Au-delà du résultat arithmétique auquel ce vote pourrait conduire, personne dans cette salle ne peut nous dire avec exactitude de quoi demain sera fait. Personne ne peut parier que la démocratie et la paix sociale chèrement acquises en sortiront intactes.

Personne non plus ne peut parier que l'Assemblée nationale qui a su démontrer à la face du monde son engagement clair et net en faveur de la défense de la démocratie, ne sera pas déstabilisée ou à tout le moins, ne connaîtra pas de fonctionnement tumultueux.

La deuxième possibilité qui est tout aussi constitutionnelle, est celle de privilégier et de sauver la démocratie qui peut continuer et se renforcer sans que nécessairement un homme, qui qu'il soit, même pas Vital KAMERHE, reste absolument au perchoir comme Président de l'Assemblée nationale.

Puisant dans la sagesse du Roi Salomon appelé à trancher le conflit entre deux femmes qui se disputaient un enfant, - tous les chrétiens connaissent l'histoire-j'ai opté pour la voie la moins périlleuse et la moins couteuse pour le peuple congolais qui a démontré, à travers les années, son attachement à la démocratie.

Je pense notamment aux martyrs de l'indépendance, aux martyrs de la pentecôte et aux autres martyrs tombés lors de la marche pacifique des chrétiens du 16 février 1992, alors qu'ils réclamaient la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine.

Je pense aussi à tous ces hommes de Dieu pour ne pas les citer tous, Mgrs MUNZIHIRWA, KATALIKO et Charles MBOGA.

Je pense enfin à tous les autres martyrs anonymes qui sont tombés sur les champs de batailles lors des différentes rebellions et guerres d'agression.

Je ne voudrais pas lever l'option qui risque de nous conduire dans des situations incontrôlées et incontrôlables, dans des situations qui peuvent encore alourdir le bilan macabre des morts au sein de notre population. Le sens de notre combat doit demeurer la consolidation de la démocratie dans notre pays.

Je suis d'avis que nous devons nous prévenir du syndrome de déstabilisation des institutions démocratiquement établies par des putschs observés ces derniers temps ça et là en Afrique. Ce serait un grand retour en arrière.

C'est pourquoi, je lance un appel à l'apaisement et au calme en direction de toute la population de l'intérieur comme de l'extérieur du pays.

Nous devons bannir à jamais la violence et les rebellions. Nous devons ensemble continuer le combat de la démocratie par des voies pacifiques.

Nous devons, Honorables Députés et Chers Collègues, Majorité comme Opposition, faire le choix d'aller de l'avant et de défendre sans relâche la démocratie et les valeurs républicaines pour le renouveau de la classe politique congolaise qui doit prendre l'engagement de reconstruire un Congo où il fait beau vivre.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Je sais que beaucoup parmi vous, chacun devant sa conscience, aujourd'hui ou peut-être demain, vous n'êtes pas convaincu de vraies raisons de ma démission. Mais c'est comme qui dirait que la politique à ses raisons que la raison ignore.

Je ne voudrais pas inscrire mon nom dans l'histoire des blocages des institutions acquises chèrement par notre peuple au prix de son sang. Je ne voudrais pas non plus trahir la mémoire de nos pères de l'indépendance, des artisans de l'unité nationale et de la libération, encore moins de ceux qui ont sacrifié leurs vie et jeunesse pour l'avènement et l'émergence de la démocratie dans notre pays.

Mes pensées vont notamment à papa Simon KIMBANGU, à Joseph KASA-VUBU, à Patrice Emery LUMUMBA, à Joseph Désiré MOBUTU SESE SEKO, à Mzee Laurent Désiré KABILA pour les morts et à Joseph KABILA, à Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, à Antoine GIZENGA FUNDJI, à Monseigneur Laurent MONSENGWO PASSINY A et autres pour les vivants. Les mêmes pensées vont aussi en direction de ceux qui ont permis la réconciliation nationale qui nous a conduits aux élections démocratiques en 2006. Il s'agit particulièrement des animateurs de la Transition sous la formule 1 + 4, j'ai nommé en plus du Président de la République, Joseph KABILA déjà cité ci-haut, les anciens Vice-Présidents de la République JeanPierre BEMBA, Arthur ZAIDI NGOMA, AZARIAS RUBERWA et YERODIA ABDOULA YE NDOMBASI.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Mon vœu le plus ardent est que nous ne transigions jamais, sous quelques pressions que se soient, sur les missions constitutionnelles dévolues à l'Assemblée nationale, à savoir l'élaboration des lois et le contrôle ainsi que, le cas échéant, la sanction positive ou négative des membres du Gouvernement et des dirigeants des entreprises publiques, des établissements et services publics.

Nous veillerons à la liberté d'expression, au respect et à la tolérance des opinions de tout un chacun.

Un parlement démocratique est celui dans lequel la majorité n'étouffe pas l'opposition, en même temps que cette dernière s'incline sportivement devant la loi de la majorité. Il est aussi celui dans lequel les questions d'intérêt national mettent tout le monde d'accord.

Je suis heureux que cela soit le cas au sein de notre hémicycle jusqu'à ce jour. C'est pourquoi je vous remercie, Honorables Députés et Chers Collègues, pour votre amour et pour m'avoir facilité la tâche à la direction de notre chère institution. Merci de tout cœur.

Que les collègues du Sénat trouvent ici l'expression de ma reconnaissance pour le travail de production législative que nous avons réalisé ensemble dans un esprit de famille parlementaire. Je pense particulièrement à son Président, l'Honorable Léon KENGO WA DONDO.

Je ne peux oublier les amis de la communauté internationale pour leur collaboration et sages conseils, lesquels ont contribué à la bonne marche de nos travaux.

Mes remerciements s'adressent aussi à tous le personnel politique et agents de l'Administration de l'Assemblée nationale, ces héros dans l'ombre, sans lesquels nous n'aurions pu brandir le modeste bilan qui est le nôtre aujourd'hui où nous sommes à mi chemin de notre mandat.

J'exprime ma gratitude aux amis de la presse qui nous ont accompagnés dans notre délicate mission.

Je remercie enfin et de manière particulière, l'ensemble de la population congolaise qui, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, a apprécié nos débats et nous a toujours accompagnés par ses prières surtout pendant les moments les plus difficiles des nos travaux. Je lui en sais gré et lui promets de demeurer toujours à son écoute et à son service.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Ainsi que je l'avais promis dans mon discours du 16 mars 2009, à la demande de ma famille politique, j'ai soumis la question de ma démission à la Conférence des Présidents que j'ai réunie en date du 19 mars 2009, laquelle l'a retenue à l'ordre du jour de la présente plénière.

Un homme d'Etat est celui qui non seulement observe scrupuleusement la Constitution et les lois de son pays, mais aussi et surtout, celui qui est esclave de sa propre parole.

C'est pourquoi, tout en vous remerciant pour avoir cru à l'action que nous avons menée ensemble ici dans notre institution, je vous prie de bien vouloir accepter ma démission sans débat, ni vote.

En attendant l'élection du nouveau Bureau et la remise et reprise avec celui-ci, le Bureau que je préside expédie les affaires courantes conformément aux principes généraux de droit administratif.

Faisant miens les propos de Il THESSALONICIENS 3, 16: je cite " Que le Seigneur qui donne la paix vous accorde lui-même la paix de toute manière et en toutes circonstances. Que le Seigneur soit avec vous tous".

A Dieu seul soit la Gloire, l'Honneur et la Puissance.

Louez l'Eternel, car il est bon, car sa miséricorde et son amour dure à jamais. (Psaumes 136).

Dieu aime le Congo et je crois en l'avenir de mon pays. Que Vive la République Démocratique du Congo

Que Vive l'Assemblée nationale

Que Vive la Démocratie

Je vous remercie.

MORE TO COME!

Vital Kamerhe démissionne de son poste de président de l'Assemblée nationale

Kinshasa | Politique et Citoyen | 25 Mars 2009 à 16:17:05

Le président de l'Assemblée nationale a présenté sa démission au cours d’une courte plénière ce mercredi au Palais du peuple. Sans débat ni vote, sa démission a été acceptée par l’assemblée plénière. Dans un bref discours, Kamerhe a fait savoir que son parti politique, le PPRD lui avait écrit pour lui demander de démissionner sans délai suite à ses propos tenus sur les ondes de Radio OKapi. Il n’a pas voulu le faire, dit-il, en dehors de la plénière qui l’avait élu.

Vital Kamerhe

C’est dans une ambiance bon enfant que 404 députés présents dans la salle des Congrès ont favorablement accueilli la démission de Vital Kamerhe. Mais celui-ci demeure encore président du bureau démissionnaire qui expédie les affaires courantes jusqu’à l’installation du nouveau bureau. Ce dernier fera l’objet d’une commission ad hoc qui sera chargée d’organiser la prochaine élection du bureau.

Extrait du discours de Vital Kamerhe à l’Assemblée nationale

«Honorables députés et chers collègues, lors de mon intervention sur Radio Okapi le 21 janvier 2009 en rapport avec le début des opérations militaires conjointes entre nos forces armées et celles de la République du Rwanda dans la province du Nord-Kivu, j’avais déclaré que je n’avais pas été informé. Et que si cela était vrai, ce serait grave parce que j’avais estimé que compte tenu des dégâts collatéraux importants occasionnés en Province Orientale par une opération similaire avec l’armée ougandaise et celle du Sud du Soudan pour neutraliser les rebelles de la LRA, le gouvernement devait prendre des précautions pour éviter que la même situation ne se produise au Nord-Kivu. Cette déclaration a été mal appréciée par ma famille politique qui estimait que j’avais commis un crime de lèse-majesté, car je venais là, semble-t-il, de contredire le chef de l’Etat, chef de ma famille politique. J’ai été astreint donc à la démission, avec en prime, une forte campagne de diabolisation et des injures gratuites sur ma personne à travers toute la presse écrite et audiovisuelle, tant privée que publique. Et ce, sans ménagement ni le moindre égard à mes fonctions à l’Assemblée nationale. C’est le lieu de déplorer ici la culture de l’injure facile et publique, de la délation et de l’immoralité dans la sphère politique congolaise. Car, nous, hommes politiques, avons l’obligation de servir de modèle aux jeunes générations et à la société congolaise tout entière.


Mon parti politique, par notre secrétaire général Evariste Boshab, m’a écrit pour m’inviter à démissionner sans délai. Cependant, toutes ces demandes insistantes de ma famille politique m’étaient présentées pendant les vacances parlementaires, donc, en l’absence de vous tous qui m’avez élu. C’est pourquoi je n’avais pas voulu démissionner pendant les vacances parlementaires.


Ainsi que je l’avais dit dans mon discours d’ouverture de la présente session, j’avais entendu ce que mon parti politique, le PPRD et la hiérarchie de ma famille politique m’avaient demandé. Mais en même temps, j’étais aussi à l’écoute de notre peuple, qui, à travers les églises, les organisations de défende des droits de l’homme, la diaspora congolaise, la jeunesse congolaise, et toutes les forces vives, exprimer dans une belle harmonie, la soif et le désir ardent de voir els hommes politiques que nous sommes, préserver les acquis démocratiques et se conformer à la légalité constitutionnelle pour briser définitivement la spirale de l’éternel recommencement caractéristique de la marche de nos institutions depuis 1960, à cause des querelles politiciennes. Le grand combat que chacun de nous doit mener, comme le disait Ghandi, je le répète, c’est contre soi-même, pour repousser cette nature qui nous habite et nous pousse à détruire ce que nous avons construit, même au prix des sacrifices suprêmes. C’est pourquoi je n’avais pas démissionné pendant les vacances parlementaires comme mes collègues membres du bureau qui avaient reçu la même instruction pour je ne sais quelle faute qu’ils auraient commise collectivement. J’ai la pleine conscience qu’ils ont payé le prix de ce qui m’a été reproché, alors qu’en réalité, les pauvres collègues ici présents n’ont rien fait. Nous sommes dans un pays de justice, cependant, je n’ai pas le sentiment d’être responsable de ce qui leur est arrivé. Car la faute, si faute il y a, doit être individuelle et directe. Je voudrais tout simplement leur dire que ce sont là, chers collègues, les aléas de la politique dans notre pays dont je suis moi-même victime. Sans chercher à me justifier outre mesure, laissez- moi dire quand même un mot au sujet de la faute qui m’est imputée. En effet, l’article 213 de la Constitution dispose ce qui suit, je cite : « Le président de la République négocie et ratifie les traités et accords internationaux, le gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à la ratification, après délibération en conseil des ministres, il en informe l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale est informée par son président que je suis. Je ne me souviens pas à ce jour avoir reçu l’information du gouvernement sur l’accord signé avec le Rwanda pour els opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu.
C’est une obligation constitutionnelle du gouvernement et non du président de la République. Voilà pourquoi j’avais dit que je n’étais pas été informé. Cela était et reste vrai. La gravité de cette opération tenait à mes yeux, non seulement au fait que, le gouvernement avait officiellement annoncé, par la bouche de son porte-parole, l’invitation de quelques officiers observateurs de renseignements militaires de l’armée du Rwanda pour assister à la traque des Interhamwe par l’armée congolaise, mais aussi et surtout parce qu’il y avait manifestement violation, dans le chef du gouvernement, des dispositions précitées de notre Constitution. En fait, si jamais il y avait un problème, il s’agirait d’un problème entre l’Assemblée nationale et le gouvernement. Je n’ai donc jamais compris comment on est arrivé à y mêler le président de la République, chef de ma famille politique, et à créer artificiellement un problème entre lui et moi. Le président de la République, je le répète, ne doit pas servir de bouclier au gouvernement ni à ses membres, qui, eux, ont l’obligation de rendre compte de leur gestion à l’Assemblée nationale. Nous devons ramener le chef de l’Etat à son rôle d’arbitre neutre pour qu’il veuille au bon fonctionnement de l’ensemble des institutions, te ce, conformément à l’article 69 de notre Constitution. Mais le vin est tiré, amer ou aigre, il faut le boire.


Honorable députés et chers collègues, nous voilà aujourd’hui à la croisée des chemins. Je dois opérer avec vous un choix, et le bon. Notre seul fil conducteur doit être la lutte pour la préservation et la sauvegarde de la démocratie et de la légalité dans notre pays, ainsi que l’indépendance du député national, lequel ne doit pas être astreint à un mandat impératif, en vertu de l’article 101 de la Constitution, alinéa 7. Le mandat dont nous sommes investis nous lie directement par un contrat social et politique avec le peuple congolais. Nous devons, donc, à tout moment, rechercher son intérêt et nous mettre à son écoute pour connaître ses attentes et ses intérêts pour mieux le défendre dans cet hémicycle. C’est donc à lui, et à lui seul que nous rendons compte de notre mandat.

Honorables députés et chers collègues, nous avons le choix entre deux voies constitutionnelles valables. La première possibilité qui s’offre à nous est celle de poursuivre le processus enclenché jusqu’au vote à bulletin secret, afin que els urnes parlent. Au-delà du résultat arithmétique auquel ce vote pourrait conduire, personne alors personne dans cette salle ne peut nous dire avec exactitude de quoi demain sera fait. Personne ne peut parier que la démocratie et la paix sociale chèrement acquises en sortiront intactes. Personne non plus ne peut parier que l’Assemblée nationale qui a su démontrer à la face du monde son engagement clair et net en faveur de la défense de la démocratie ne sera pas déstabilisée, ou tout au moins, ne connaîtra pas de fonctionnement tumultueux. La deuxième possibilité qui est tout aussi constitutionnelle est celle de privilégier et de sauver la démocratie, qui peut continuer et se renforcer sans nécessairement un homme, qui qu’il soit, même pas Vital Kamerhe, reste absolument au perchoir comme président de l’Assemblée nationale. Puisant dans la sagesse du roi Salomon, appelé à trancher le conflit entre deux femmes qui se disputaient un enfant, tous les chrétiens connaissent l’histoire, j’ai opté pour la voie la moins périlleuse et la moins coûteuse pour le peuple congolais qui a démontré, à travers les années, son attachement à la démocratie.
Je pense notamment, aux martyrs de l’indépendance, aux martyrs de la pentecôte et aux autres martyrs tombés lors de la marche pacifique des chrétiens du 16 février 1992 lorsqu’ils réclamaient la réouverture de la conférence nationale souveraine. Je pense aussi à tous ces hommes de Dieu, pour ne pas les citer tous, les archevêques de Bukavu, Muzirwa, Kataliko et Charles Mboga. Je pense enfin à tous les martyrs anonymes qui sont tombés sur le champ de bataille lors de différentes rébellions et guerres d’agression. Je ne voudrais pas lever l’option qui risque de nous conduire dans des situations incontrôlées et incontrôlables, dans des situations qui peuvent encore alourdir le bilan macabre de morts au sein de notre population. Le sens de notre combat doit demeurer la consolidation de la démocratie dans notre pays. Je suis d’avis que nous devons nous prévenir du syndrome de déstabilisation des institutions démocratiquement établies, par des putschs observés ces deniers temps ça et là en Afrique. Ce serait pour notre pays dommage et un grand retour en arrière. C’est pourquoi je lance un appel à l’apaisement et au calme en direction de toute la population de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Nous devons bannir à jamais la violence et les rébellions. Nous devons continuer ensemble le combat de la démocratie par des voies pacifiques. Nous devons, honorables et chers collègues, majorité comme opposition, faire le choix d’aller de l’avant et défendre sans relâche la démocratie et les valeurs républicaines pour le renouveau de la classe politique congolaise qui doit prendre l’engagement de reconstruire un Congo où il fera beau vivre.


Honorables députés et chers collègues, je sais que beaucoup parmi vous, chacun devant sa conscience, aujourd’hui, ou peut-être demain, vous n’êtes pas convaincus des vraies raisons de ma démission. Mais c’est comme qui dirait, la politique a ses raisons que la raison ignore. Je ne voudrais pas inscrire mon nom dans l’histoire de blocage des institutions acquises chèrement par notre peuple au prix de son sang. Je ne voudrais pas non plus trahir la mémoire de nos pères de l’indépendance, des artisans de l’unité nationale et de la libération, encore moins ceux qui ont sacrifié leur vie et jeunesse pour l’avènement de l’émergence de la démocratie dans notre pays. Mes pensées vont notamment à papa Simon Kimbangu, à Joseph Kasa-Vubu, à Patrice Emery Lumumba, à Joseph Désiré Mobutu Sese Seko, à Mzee Laurent-Désiré Kabila, pour les morts ; et à Joseph Kabila, à Etienne Tshisekedi, à Antoine Gisenga Fundji, à Mgr Laurent Monsengwo Pasinya et autres pour les vivants. Les mêmes pensées vont aussi en direction de ceux qui ont permis la réconciliation nationale qui nous a conduits aux élections démocratiques en 2006. Il s’agit particulièrement des animateurs de la transition sous la formule 1+4. J’ai nommé, en plus du président de la République Joseph Kabila Kabange, déjà cité ci haut, les anciens vice-présidents de la République, Jean-Pierre Bemba Gombo, Arthur Z’Ahidi Ngoma, Azarias Ruberwa et Yerodia Abdoulaye Ndombasi.


Honorables députés et chers collègues, mon vœu le plus ardent est que nous ne transigions jamais sous quelque pression que ce soit sur les missions constitutionnelles dévolues à l’Assemblée nationale. A savoir, l’élaboration des lois et le contrôle parlementaire, ainsi que le cas échéant, la sanction positive ou négative des membres du gouvernement et des dirigeants des entreprises publiques et des établissements publics de l’Etat. Nous veillerons à la liberté d’expression, au respect et à la tolérance des opinions de tout un chacun. Un Parlement démocratique est celui dans lequel la majorité n’étouffe pas l’opposition. En même temps, que l’opposition s’incline sportivement devant la loi de la majorité. Il est aussi dans lequel les questions d’intérêt national mettent tout le monde d’accord. Je suis heureux que cela soit le cas au sein de notre hémicycle jusqu’à ce jour. C’est pourquoi je vous remercie, honorables députés et chers collègues, pour votre amour et pour m’avoir facilité la tâche à la direction de notre chère institution. Merci de tout cœur. Que les collègues du Sénat trouvent ici l’expression de ma reconnaissance pour le travail de production législative que nous avons réalisé ensemble dans un esprit de famille parlementaire. Je pense particulièrement à son président, l’honorable Léon Kengo wa Dondo. Je ne peux oublier les amis de la communauté internationale pour leurs collaboration et sages conseils, lesquels ont contribué à la bonne marche de nos travaux. Mes remerciements s’adressent aussi à tout le personnel politique et agents de l’administration de l’Assemblée nationale, ces héros dans l’ombre sans lesquels nous n’aurions pu brandir le modeste bilan qui est le nôtre aujourd’hui où nous sommes à mi-chemin de notre mandat. J’exprime ma gratitude aux amis de la presse qui nous ont accompagnés dans notre délicate mission. Je remercie enfin, et de manière particulière, l’ensemble de la population congolaise qui, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, a apprécié nos débats et nous a toujours accompagné par des prières,surtout pendant les moments les plus difficiles de nos travaux. Je lui en sais gré et lui promets de demeurer toujours à son écoute et à son service.


Honorables députés et chers collègues, ainsi que je l’avais promis dans mon discours du 16 mars 2009, à la demande de ma famille politique, j’ai soumis la question de ma démission à la conférence des présidents que j’ai réunie en date du 19 mars 2009, laquelle l’a retenue à l’ordre du jour de la présente plénière. Un homme d’Etat est celui qui, non seulement observe scrupuleusement la Constitution et les lois de son pays, mais aussi et surtout, celui qui est esclave de sa propre parole. C’est pourquoi, tout en vous remerciant pour avoir cru en l’action que nous avons menée ensemble ici dans notre institution, je vous prie de bien vouloir accepter ma démission sans débat ni vote. En attendant l’élection du nouveau bureau et la remise et reprise avec celui-ci, le bureau que je préside expédie les affaires courantes conformément aux principes généraux du droit administratif. […] Dieu aime le Congo et je crois en l’avenir de mon pays. Que vive la République Démocratique du Congo, que vive l’Assemblée nationale, que vive la démocratie. Je vous remercie.»


Des réactions

« Nous prenons acte de cette démission ». C’est la première réaction de certains députés de l’opposition qui ont salué ladite démission. Parmi eux, Delly Sesanga, député du MLC. Même son de cloche du coté de la majorité parlementaire. Vice-président du groupe parlementaire PPRD, Aubin Minaku exprime ici sa joie tout en expliquant la prochaine étape qui attend l’Assemblée nationale.


Le sort est jeté. Vital Kamerhe s’en va. Mais sur le plan législatif, il laisse derrière-lui un bilan largement positif. Plusieurs lois ont été votées, des contrôles parlementaires réalisés. Un bilan que l’AMP reconnaît tout en admirant le parcours politique de Kamerhe.

Le MLC regrette la départ de Vital Kamerhe

En réaction de cette démission, le Mouvement de libération du Congo, principal parti d'opposition, a exprimé sa "grande tristesse" après la démission mercredi du président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, exigée par la majorité présidentielle. "C'est une grande tristesse de voir partir un grand président qui a su situer l'Eglise au milieu du village, entre la majorité et l'opposition", a déclaré ce mercredi à l'AFP le secrétaire général du MLC, François Muamba."Les hommes passent mais les institutions restent. Mais pour qu'elles restent, les institutions doivent être dotées de lois et règles respectées par tous", a affirmé M. Muamba. Pour lui, "Kamerhe s'est battu jusqu'au bout pour que les règles qui nous régissent soient respectées et l'Assemblée nationale soit une institution forte".



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Wednesday, 25 March 2009

DE LA SAGA PARLEMENTAIRE

Je ne sais pas de qui l'auteur de ce billet a eu mon adresse yahoo. Mais voici ce que je viens de recevoir de lui. La saga est-elle finie? Le meilleur messager de la campagne du rais s'efface. Qui le remplacera? Je vous copie le billet tel qu'il est apparu sur ma fameuse inbox yahoo:

  • Selon une information nous transmise par un correspondant occasionnel présent au Palais du Peuple à Kinshasa, monsieur Vital Kamerhe vient de démissionner de la présidence du parlement.
  • Dans son mot devant la plénière, il affirmé qu'il n'était pas informé de l'entrée des rwandais chez nous.
  • Il a préferé démissionner avant le vote et avant le débat.

Cheik FITA
Bruxelles, le 25 mars 2009, 14h55

ABSURDE

Le bémol de la paix au Nord-Kivu
(Gabon Eco 25/03/2009)


Le processus de Nairobi III pour la pacification du Nord Est de la République démocratique du Congo (RDC) s’est achevé le 23 mars dernier à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, sanctionné par la signature de l’«Accord de Ihussi», un compromis de paix qui doit mettre un terme définitif à la guerre dans cette région. Mais cet accord comporte certaines propositions qui pourraient entretenir une situation conflictuelle, notamment le découpage territorial du Kivu en deux provinces sur des critères de répartition ethnique.

Le ministre à la Coopération internationale et régional, Raymond Tshibanda, le président national du Congrès national pour la démocratie et le développement (CNDP), Désiré Kamanzi, et l’ancien président du Nigeria, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU et chargé de la Facilitation internationale, le général Olusegun Obasanjo, ont procédé dans l’après-midi du 23 mars dernier à la signature de l’accord de paix sanctionnant le processus de Nairobi III.

L’«Accord d’Ihussi» a été signé dans l’hôtel éponyme de la ville Goma, la capitale provinciale du Kivu, et met un terme à la guerre du Nord-Kivu en formalisant le cessez-le-feu du 5 janvier dernier.

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, s’est réjoui des fruits du processus de Nairobi III, qui aura notamment permis que les concepts de «groupe armé» et de «rébellion armée» soient bannis au profit de la désignation de «lutte politique».

A l’issue de l’opération «Umoja Wetu», avec la participation des forces rwandaises aux côtés des FARDC, le processus Nairobi III avait déjà permis d’entériner un pré accord entre le CNDP et Kinshasa avec l’aide de la Commission politique, sécuritaire, juridique et administrative et de la Commission sociale et humanitaire mises en place à cet effet.

Dans une note interne remise à la MONUC, le CNDP avait formulé huit recommandations, notamment les négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa; la renégociation de tous les contrats chinois signés par le gouvernement congolais avec les entreprises chinoises; la cessation de la coopération par le gouvernement avec les FDLR; la protection des minorités ethniques de la RDC; l’intégration des combattants du CNDP dans les FARDC et dans l’administration; la promotion de la bonne gouvernance ainsi que le travail de Laurent Nkunda dans l’armée.

Le cessez-le-feu du 5 janvier dernier avait déjà permis de trouver des solutions aux négociations directes, à la renégociation des contrats chinois, à la fin de la coopération avec les FDLR à travers l’opération «Umoja Wetu» et à l’intégration des combattants au sein des FARDC.

Alors que demeurent entières les questions de protection des minorités de la RDC, du cas Nkunda et de la bonne gouvernance, un document présenté comme «l’une des pistes de solutions à la situation qui prévaut au Kivu», daté du 2 décembre 2008 et qui aurait été certainement remis à la facilitation internationale pour le secrétaire général de l’ONU,
préconise le découpage territorial de la province du Nord-Kivu pour créer une nouvelle province, sur base «sociologique».

Ce document appelle à un découpage territorial pour la création de deux provinces, le Grand Nord qui regrouperait Beni et Butembo, et le Grand Sud qui comprendrait les zones de Masisi, Rutshuru et Walikale. La région Grand Nord abriterait majoritairement l’ethnie Nande, alors que le Grand Sud hébergerait les Hundes, les Hutus et les Tustis.

A en croire les auteurs de cette proposition, l’obsession de domination des ethnies autres que les minorités hutu-tusti serait à la base des conflits fonciers et ethniques. Pour mettre fin à cette rivalité, la solution passerait par la prise en compte de cet aspect sociologique qui aurait été négligé pendant la IIème République.

Mais les intérêts économiques majeurs de Masisi, Rusthuru et Walikale, qui recèlent beaucoup de minerais pourrait amener des dissensions sur ce découpage.

Certains observateurs craignent même qu’un rapprochement s’effectue avec les pays voisins au risque de voir cette partie échapper au contrôle du pouvoir central et provincial de l’actuelle province du Nord-Kivu.

Alors que le pays compte plus de 450 ethnies, la réconciliation nationale peut-elle s’appuyer sur des considérations sociologiques, voire ethniques?

Publié le 25-03-2009 Source : Gaboneco.com Auteur : Gaboneco

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Tuesday, 24 March 2009

LES SIGNES D'UN DECLIN

Selon le Potentiel, “le processus de Nairobi III a pris fin. Il a été sanctionné par la signature d’un compromis de paix : « Accord de Ihussi », du nom de l’hôtel à Goma où s’est déroulée cette cérémonie importante. Un autre pas positif vers la paix vient d’être franchi, consacrant officiellement la fin de la « guerre du Nord-Kivu ». Mais signer un accord est une chose. Préserver les acquis de cet accord en est une autre. Quels sont les problèmes de fond qui ont été résolus ? Comment a été envisagée la cohabitation pacifique entre les différentes ethnies, sans susciter l’intervention des pays voisins, pour ne plus ressusciter les mêmes causes qui produisent les mêmes effets ? Interrogations pertinentes dans la mesure où dans la foulée des pistes de solutions, l’on propose le découpage territorial du Nord-Kivu”. Le quotidien de Jaynet Kabila exulte, mais pas absolument car il avertit qu’il y a un piège.

De quel piège s’agit-il? Le Potentiel contourne la réalité. On le lit bien depuis la première phrase. Ce qui a été signé n’est qu’un compromis, et c’est tout ce que vous voudrez sauf un Nairobi III. J’espère m’expliquer dans un instant. Il est fort probable que Kabila soit conscient du fiasco que suppose le fait de clamer la signature d’un Nairobi III dans un hôtel au bord du lac Kivu. Les interlocuteurs au compromis signé, le contenu de ce qui a été signé, le cadre absolument opaque dans lequel ce compromis a été décidé, tout est parfaitement louche. On dit même que la personnalité clef de l’affaire, le Général Bosco Ntaganda serait en cavale. Il a peut-être compris que les belles dames de Human Rights Watch sont sur le point de préparer une offensive. Si Kabila suspecte que le compromis est un faux parce qu’il traite avec un interlocuteur dépourvu de crédibilité, qu’est ce qui lui reste comme moyen ? On ne sait plus. Il peut toujours presser ceux qui ont reçu de l’argent, mais la réalité est toute autre, la mascarade de Goma que l’on veut faire passer pour un Nairobi III avec présence d’Obasanjo n’y peut rien. Un des signes d’un possible déclin. En fait l’équipe gouvernementale doit être désemparée d’une certaine manière.

C’est pour cette raison qu’elle se serait empressée de publier la nouvelle du compromis, en espérant en même temps étouffer les bruits qui couraient sur le mécontentement des habitants de Mwenga qui auraient jeté des pierres sur le convoi du rais. L’argent qui a été distribué dans Bukavu n’aurait pas suffit pour apaiser la population. C’est normal, puisqu’il semble que même des gens haut placés dans la hiérarchie du diocèse de Bukavu en auraient reçu pour le compte des FDLR. Le rais ne peut pas se défaire de son armée supplétive, en tout cas pas encore. Encore un signe ici ? Oui surtout si on le met en relation avec l’atmosphère explosif au parlement dans la capitale. Sans oublier les liens étroits qui existent entre le président du parlement, la haute hiérarchie diocésaine de Bukavu, le gouvernorat du Sud-Kivu et les FDLR. Avec tout cela is,n plus l’on mécontente les électeurs normaux et courants et que l’on fomente une implosion au sein des institutions que l’on préside, c’est inévitable de lire dans tout cela des augures pas positifs.

Quoi faire alors ? D’ores et déjà, je dirais : retour au processus politique engagé avec Nairobi I et II. Tout simplement parce qu’il faut répéter pour la cent dixième fois que le problème de la paix au Kivu est un problème politique interne d’abord, et un problème de voisinage ensuite. Un problème politique que l’on avait fini par commencer à traiter politiquement à Nairobi. Ce qui avait coûté énormément d’effort et de lutte, le rais n’ayant jamais voulu faire face au défi politique qui attend depuis si longtemps. Ceci avait été compris même par la communauté des vautours qui avait fini par écarter l’idée du gouvernement congolais de faire de cette assise le lieu et place de la résurrection du défunt programme amani. Mais il ne peut y avoir de Nairobi III sans la libération de Laurent Nkunda. Et qui aura le courage d’enterrer toute la mascarade qui dure depuis deux mois à Goma ? Tout ce beau monde qui se dit intéressé à la vraie paix. Ils sont tous conscients qu’elle n’est pas encore là, et s’ils l’oubliaient les FDLR se chargent de le leur rappeler tous les jours. La population l'a compris, le jet des pierres de Mwenga en dit long. Et les vautours aussi d’ailleurs. Ce n’est pas par hasard qu’Anneke Van Woudenberg commence à dire à la presse que la réélection de Kabila en 2011 est improbable. Elle cherche Ntaganda, mais comme par hasard, elle insinue assez clairement qu’il y a des signes qui annoncent le déclin du régime actuel. Les medias rappellent que l'amnistie promise dans le compromis n'exempte pas Ntaganda des poursuites internationales. Voici ce qu'en dit La Libre: "L’accord entre le gouvernement et le CNDP indique ainsi comment ce dernier peut se transformer en parti politique, et les conditions de l’amnistie ("conformément au droit international", ce qui continue d’en exclure les auteurs de crimes de guerre, de génocide et contre l’humanité). Un article évoque le besoin de réconciliation - ce qui est entendu à Goma comme devant ouvrir des postes ministériels au CNDP. Un autre prévoit la création d’une police de proximité; celle-ci devrait comporter d’anciens rebelles, toujours préoccupés par la sécurité des Tutsis du Nord-Kivu, alors que les FDLR (rebelles hutus rwandais, issus des génocidaires) font un retour dans la région après le départ des troupes de Kigali venues, du 20 janvier au 27 février, les forcer à désarmer et les rapatrier". Donc, un Nairobi III avec le vrai CNDP avec son leader libéré peut se révéler tout à fait incontournable. Et pour bien de motifs. Nous y reviendrons.

En attendant, essayez de trouver dans ce charivari phraseologique le point de la saga Kamerhe: http://www.lesoftonline.net/phil.php?id=1289