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Thursday, 26 February 2009

ANONYMOUS READER WRITES

Thank you anonymous reader. You sound like an eye witness to the facts, but you seem not to have followed different analysis done on this blog. You'll see that in the fact that you repeat some things we have already discussed. What is interesting is that you recapitulate the chronological thread, always good for future analysis. Great, keep sending whatever you think is worth telling!


L’Incontournable

Les faits ont suffisament démontré que l’entrée des troupes rwandaises en RDC, le 19 janvier 2009, pour traquer des génocidaires ex-FAR/Interahamwe reconverties depuis quelques années en Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) n’était qu’un pretextee. Depuis près de quinze ans, ces génocidaires sont responsables de graves violations des droits humains en République Démocratique du Congo. Et ce, après avoir commis le génocide des Tutsi et des hutus modérés dans leur propre pays. Il est établi que dans leur version FDLR, ils constituent toujours une menace potentielle grave vis-à-vis du Rwanda. A défaut d’avoir pu être neutralisées et désarmées par les autorités congolaises suivant les différents engagements régionaux pris à cet effet, il est juste que les Forces Rwandaises de Défense (RDF) aient été invitées à participer, aux côtés des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) au désarmement et au rapatriement forcé des FDLR. Le CNDP de Laurent Nkunda qui avait fait d’une telle opération un des piliers de sa raison d’être n’a pu qu’applaudir au principe de son déclenchement.

Dans les faits qu’en est-il ? Un mois après le début des opérations, il est devenu clair que l’accord secret conclu à ce sujet par les hautes sphères du pouvoir en RDC et au Rwanda comportait un agenda caché . Celui-ci s’est averé être le démantèlement du « Congrès National pour la Défense du Peuple » (CNDP). Depuis les événements de Bukavu en 2004, ce mouvement politico-militaire et son fondateur et président, le Général Laurent NKUNDA MIHIGO, dissident des FARDC, donnaient des insomnies au Président Joseph KABILA. Celui-ci se sentait véritablement menacé dans son pouvoir, car les revendications politiques du CNDP embrassent la libération totale du pays. Ce qui est devenu particulièrement patent à partir de 2008, après les défaites cuisantes et presque définitives infligées par les troupes du CNDP à l’armée régulière. C’est donc pour se débarrasser du CNDP et de Laurent NKUNDA, que Joseph KABILA a fait le choix, contre l’opinion générale de son pays et à l’insu du Parlement, de s’allier à celui qu’il fait passer depuis de nombreuses années pour son pire ennemi de la région, le Président du Rwanda, Paul KAGAME. Un choix tout à fait inconstitutionnel eu égard aux enjeux relatifs à l’intégrité territoriale et à la sécurité. Il y a moins de 12 mois, en effet, Joseph KABILA affirmait encore aux journalistes à Goma que la relance de la CPEGL resterait en veilleuse simplement parce que « le pont qui doit relier la RDC au Rwanda n’est pas encore bâti ».

Face au choix même inconstitutionnel de Kabila, le Président Paul KAGAME, de son côté, ne s’est pas fait prier. Il a une armée puissante, certainement la plus performante et la plus disciplinée des sous-régions des Grands-Lacs et d’Afrique Centrale. A cause d’une gouvernance éclairée, son leadership dans cette partie du continent s’est affirmé et sa côte auprès des puissances occidentales, y compris de la France, est plutôt favorable, au détriment de ses aînés et voisins, en particulier de l’ougandais Yoweri MUSEVENI. Il n’apprécierait pas, mais alors pas du tout, l’irruption au devant de la scène politique congolaise d’un Laurent NKUNDA. Tutsi comme lui, il serait presque son clone à la fois au physique et en politique. Et le charisme en plus. L’on se souvient qu’à la fin 2008, le président rwandais avait dit à Colette BRAEKMAN: « NKUNDA est légitime quand il revendique le droit de la minorité tutsi congolaise à une citoyenneté congolaise pleine et entière ou quand il combat la présence des génocidaires FDLR sur le sol de son pays. Mais lorsqu’il se met en tête de vouloir renverser les institutions de son pays, alors il redevient un chef de guerre comme les autres et là, je ne suis plus d’accord avec lui ». Les observateurs du contexte régional ont compris que pour le président rwandais, il était malvenu de la part de Nkunda, de vouloir remettre en question le leadership de Kabila. Il pouvait défendre le Masisi et le Rutshuru, même plus, mais dans la logique de Kagame, Nkunda ne devait surtout pas chercher impunément à se hisser au rang de leader au niveau national en RDC et, de ce fait ambitionner devenir ainsi l’égal du maître de Kigali. Ce serait désormais un rival potentiellement plus puissant.

Et cette éventualité, depuis quelques semaines, n’était pas qu’une vue de l’esprit. Le général Laurent NKUNDA MIHIGO a acquis, en effet une popularité et une notoriété dépassant de loin les quelques 12.000 kms2 que son Mouvement contrôlait dans le sud de la Province du Nord-Kivu. Pendant les mois de novembre et de décembre 2008, par exemple, le chef du CNDP a fait la une de beaucoup de medias, partageant involontairement avec Barack OBAMA le générique des informations de France 24. Ce qui fut considéré à Kigali comme un crime de lèse-majesté. A Kinshasa aussi d’ailleurs vu la quasi-totale absence médiatique du chef de l’Etat, au niveau international. Donc l’alliance objective du couple atypique KAGAME-KABILA a surtout cherché à mettre fin au « phénomène NKUNDA ». Y a-t-il réussi ? Ce n’est pas du tout sûr.

Manifestement, au Rwanda on semble avoir sous-estimé la capacité d’organisation de celui qu’ils prennent à tort pour un rival. Pourtant celui-ci se voulait un allié. Le Rwanda a saisi très vite -peut-être trop vite- la main tendue de son homologue et ancien protégé congolais. C’est d’ailleurs ce dernier, Joseph Kabila qui, à très court terme, paraît être le vrai gagnant de ce véritable marché des dupes. Dans un premier temps, Paul KAGAME a fait ordonner au fameux général Bosco NTAGANDA, Chef d’Etat-Major général du CNDP, de faire « un coup d’Etat ». Il s’agissait de destituer son Commandant en Chef, Laurent NKUNDA et de s’autoproclamer à sa place.

Le second temps connut un changement de tactique car ni le Haut-Commandement ni la Direction Politique du CNDP n’avaient suivi le putschiste. Le commandement de l’armée rwandaise a dû alors solliciter, le Général NKUNDA pour qu’il envoie en territoire rwandais les membres du Haut-Commandement militaire du CNDP afin de lever le malentendu et de planifier de concert les opérations annoncées contre les FDLR. La réunion organisée à cet effet à Mudende consista littéralement en une prise en otage des Officiers du CNDP par le Chef d’Etat-Major Général de l’armée rwandaise. Ils furent emmenés de force à GOMA où ils furent obligés de signer, après amendement et après accord du Général NKUNDA, un texte préparé par le Général NUMBI. Celui-ci a la qualité de négociateur pour le compte de Joseph KABILA de l’accord secret RDC-Rwanda. Le document signé par chacun des membres du Haut-Commandement du CNDP –et non par le seul NTAGANDA censé pourtant être leur nouveau boss- stipule la participation des troupes du CNDP aux opérations conjointes contre les FDLR. Il n’admet le principe de l’intégration au sein des FARDC des troupes du CNDP qu’au terme des travaux d’une Commission ad hoc.

Le troisième temps, vit les troupes rwandaises pénétrer le territoire congolais, suivies par les FARDC qu’ils installèrent dans les positions antérieurement sous contrôle du CNDP. La quatrième phase consista à inviter le Général NKUNDA à rencontrer à GISENYI les membres de l’Etat-Major rwandais qui s’empressèrent de l’y placer en résidence surveillée dès le lendemain de son arrivée. Pour finir, James KABAREBE se mit à forcer sur terrain l’intégration des troupes du CNDP au sein des FARDC, avant de fomenter la captation de la direction politique du Mouvement par des individus inconnus au CNDP.

Le comportement des autorités rwandaises était motivé par une certitude. A Kigali on sait qu’en dépit de l’autonomie avérée du CNDP, un Mouvement créé sans leur accord et sans leur contrôle ; et malgré sa capacité à infliger des pertes considérables à tout éventuel agresseur, jamais le Général NKUNDA ne donnerait l’ordre de s’opposer par les armes aux militaires rwandais, quelle que soit la situation. C’est pour une question d’honneur et pour une raison bien simple : il s’agit non seulement de frères d’armes, mais aussi de véritables frères de sang que seules des frontières artificielles héritées de la colonisation séparent. Cette raison simple est renforcée par d’autres notamment :

· les circonstances historiques ayant entouré le recrutement de l’ex-APR/Inkotanyi qui a mis fin au génocide et libéré le Rwanda ;
· surtout du contexte dans lequel la communauté Tutsi congolaise du Nord-Kivu, dans sa totalité, a fui les génocidaires rwandais en RDC vers le Rwanda entre 1994 et 1996 et s’y trouve encore exilée aujourd’hui ;
· des cousins germains ou parallèles, des oncles et des neveux, parfois des frères de même père et de même mère se retrouvent dans l’une ou l’autre armée.


Dans le chef du patron du CNDP, il n’était pas imaginable qu’ils se tirent dessus de son fait. Du côté de l’armée rwandaise, il y aurait eu sans doute moins de scrupules. Mais, il n’est pas sûr qu’ils aient gagné la partie.

C’est donc dans le contexte ci-haut détaillé que le Président KABILA a publiquement déclaré et des membres du Gouvernement congolais ont confirmé que les troupes rwandaises ne resteraient pas en RDC au-delà du 28 février 2009. Or, en dépit de certains succès enregistrés au cours des opérations, la présence des FDLR en RDC est loin d’être éradiquée. L’essentiel des troupes combattantes s’étant mis hors de portée. A l’avenir, il sera désormais impossible pour le Gouvernement rwandais de brandir à nouveau la menace des FDLR contre sa sécurité nationale. En entrant en RDC, il s’est définitivement privé de cet argument aux yeux de la communauté internationale et de l’opinion congolaise. Mais la menace demeure et elle est même plus présente et plus proche de la frontière rwandaise. Et cela parce que le CNDP, par le coup de force du Rwanda, n’est plus en autonomie pour y faire face. D’autre part, manifestement, Joseph KABILA n’est pas près de se passer des FDLR comme force supplétive de son armée. L’arrivée des troupes rwandaises en RDC n’a pas modifié –au contraire- l’image négative que l’opinion congolaise en général et les élites congolaises en particulier se font du Rwanda et des rwandais.

Le Rwanda a plutôt torpillé le processus d’intégration régionale tant souhaitée par ce pays, notamment à travers la CEPGL. Il n’est donc plus certain qu’il sorte gagnant de ce processus étant donné la complexité des frustrations enregistrées, par exemple au niveau du Parlement. La brutalité et l’arrogance avec lesquelles la hiérarchie militaire rwandaise a traité le CNDP et son leader a indigné profondément la communauté Tutsi congolaise en particulier, mais aussi heurté une grande partie de l’opinion rwandaise. En dépit de leur intégration forcée au sein des FARDC, la quasi-totalité des éléments CNDP a gardé intact son attachement au Général Laurent NKUNDA et à son idéal pour la RDC. Il en est de même des principaux cadres politiques du Mouvement, si bien que rien ne garantit la pérennité de la situation créée par le rapport des forces actuel.

Toutes ces manigances n’ont touché en rien le problème de la paix et de la sécurité que Nkunda était en voie de résoudre avec le gouvernement congolais sous la facilitation internationale. Il faut trouver, plus que jamais, une solution définitive au problème de la paix et de la sécurité à l’Est de la RDC, à celui de la mauvaise gouvernance qui y hypothèque le destin de l’ensemble du pays et à celui de la stabilité et du développement de la sous-région. Tout ceci justifie absolument la nécessité du retour dans le jeu du Général Laurent NKUNDA et de son incontournable CNDP. C’est seulement dans ce sens qu’il faut relancer le processus de Nairobi qui a été stoppé net par l’intrusion intempestive du Rwanda dans les problèmes politiques internes de la RDC. Naturellement il faudra aussi trouver un cadre d’une vraie et sincère amélioration des relations entre la RDC et le Rwanda. Auquel cas, un rôle joué par le CNDP serait plutôt un avantage très particulier pour les deux voisins.

Wednesday, 28 January 2009

LE CNDP EN MODE PRUDENCE ET L’ONU PATAUGE

LE CNDP EN MODE PRUDENCE


Le premier paragraphe d’un billet de presse de ICG résume l’interprétation de récents événements que les vautours veulent nous faire adopter tous. Mais puisqu’ils exercent leur droit d’opinion, n’importe qui est en droit de penser différement. Mais je voudrais que les lecteurs de ce blog attentif aux agissements des vautours suivent de près la manière dont leur euphémisme se crée. Voici le paragraphe, il est en anglais, sorry !

Normalisation of relations between Rwanda and Congo is essential if the eastern Congo and the Great Lakes region as a whole are to be stabilised. The agreement under which Rwanda accepted to withdraw its support from the CNDP insurgency of renegade general Laurent Nkunda, and simultaneously press it to accept integration into the national army, while Kinshasa agreed to a major military strike on its territory by the Rwandan army against the successors of the 1994 genocidaires is an attempt to address a problem that has poisoned bilateral relations for fifteen years. It has already produced one immediate and welcome result: Nkunda’s replacement and subsequent arrest on 22 January. But the deal in its current form carries as many dangers as opportunities.

L’on veut faire croire, peut-être dans l’entreprise conjointe et expéditive de détruire le mouvement appelé CNDP, que celui-ci est perdu à cause de la démarche de Ntaganda et de l’arrestation de Nkunda. C’est mal connaître la cause et de Nkunda et du mouvement parce qu’elle est la même. J’ai dit plusieurs fois, sur ce blog, qu’elle était plus grande que Nkunda et que le CNDP même. Heureusement celui-ci étant un acteur politique, n’est pas encore un parti politique. Car c’est au sein des partis qu’il est possible d’identifier les personnes avec les « causes » qu’elles défendent à telle enseigne que la disparution des premières entraîne celles des secondes. Ce n’est pas le cas. Donc l’absence physique de Nkunda ne signifie pas la dissolution du mouvement ni de la cause. Il en demeure le chairman et son équipe militaire et politique peut continuer les affaires, c’est comme quand un mouvement de résistance a son chef à l’étranger. Seulement devant l’assaut intempestive d’abord par Ntaganda, ensuite des opérations conjointes FARDC-RDF, il faut absolument adopter le mode prudence. En effet l’objet des opérations conjointes rejoint une des doléances du CNDP. Mais il ne s’agit là que d’une seule doléance. Le Rwanda d’ailleurs en est conscient parce qu’au moment où la RDC veut faire de l’arrestation de Nkunda une question juridictionnelle, le Rwanda sait et a dit qu’il s’agissait bel et bien d’une question politique, montrant par là une perception de la réalité que Kinshasa refuse encore de regarder en face, à ses propres risques au besoin. L’ONU et l’UA aussi en sont conscientes car elles ont vu le dossier en long et en large pendant qu’elles tergiversaient à Nairobi. Le Cahier des Charges du CNDP demeure entier et il porte bel et bien des préoccupations congolaises. Les vautours aussi le savent parce qu’ils gardent la porte ouverte sur un Nairobi IV. Mais il faut faire attention aux vautours, ils appuient les FDLR, ICG les appelle déjà les successeurs des génocidaires. Et ils ne veulent pas qu’on les désarme. Difficile de savoir comment les rwandais vont s’y prendre. Vous pouvez voir le soutient des vautours aux FDLR dans cette recommendation d’ICG :

«In addition to military pressure on the hardcore FDLR armed leadership that refuses voluntary disarmament and increased outreach to the FDLR rank and file – most of whom had nothing to do with the Rwandan genocide – including incentives and offers of relocation for those who accept voluntary disarmament, the international community should initiate legal action against FDLR political leaders living in Europe and North America »

Quant à la demarche de Ntaganda, plutôt qu’hypothèquer le CNDP, elle n’hypothèque que Ntaganda lui-même et les aventuriers qui l’ont leurré. Surtout ceux qui l’ont fait à partir de Kinshasa, des Nord-Kivutiens très connus et qui ont démontré être plus intéressés à leur propre jeu politique qu’à son sort. Ici il faut saluer le fait que le CNDP et Nkunda ne l’ont jamais désavoué, et il ne pourrait en aucun cas s’en prendre à eux si la justice internationale le rattrappe. Que peut faire le CNDP alors, toujours de la prudence. Ntaganda n’a pas eu le temps et l'adhésion nécessaire pour rallier la branche armée du mouvement et cela les FARDC, s’elles sont avisées, le savent. Et après l’arrestation de Nkunda, au lieu de se disperser, le mouvement se soude, ce qui pourrait contribuer à isoler Ntaganda beaucoup plus rapidement qu’il n’a eu le temps de le penser. Enfin on continuera demain, je voudrais refléchir sur la manière dont l’ONU patauge dans tout cela.

Friday, 9 January 2009

FOLLOWING CHIEF OBASANJO'S TRACK

In the same day, that is yesterday Wednesday 8th 2008:


And then,

And then,

Incredible sequence. Chef Obasanjo's energy may be proving to be steely! Long life to the dialogue, hoping it will not end up being a one way or onesided dialogue, which linguists call monologue! I mean, this time the mediation got to ensure that the real questions are tackled!