Le Slogan Creux du Représentant de l’Onu en RDC
Monsieur Alan Doss commence à être à court d’argument comme son célèbre prédécesseur, William Lacy Swing. Ce matin je relisais encore une fois, avec surprise, les déclarations triomphalistes qu’il faisait à une table ronde à laquelle il participait. C’était le 18 décembre 2006. La table ronde incluait une des personnalités qui a joué un rôle subtile dans la débâcle congolaise du temps de l’Administration Clinton. Il s’agit de rien de moins que Susan Rice qui se croit une sommité dans l’échelle de l’expertise occidentale sur l’Afrique. Elle en sait des choses sur ce que l’administration Clinton a fait ou a omis de faire en Afrique etc. Les deux personnalités intervenaient au cours d’une assise organisée par la Brookings Institution à Washington sur les perspectives d’avenir pour la RDC. Enfin, une calamité puisque Swing se félicitait de voir les effets positifs des élections commencer à porter des fruits. L’on se rappelle que Swing ne jurait que par les effets magiques des élections qu’il se félicitait d’avoir supervisées avec succès. Son slogan à lui était que la RDC était sur la voie démocratique, grâce à ces élections, comme si un trucage aussi néfaste et piètrement manipulé pouvait vraiment mener à la paix. Je suppose que d’où il continue à se faire une fortune pour des douillets vieux jours il peut tranquillement affronter sa conscience, loin de la hantise des conférences de presse journalières, et reconnaître qu’il a sensiblement contribué à enfoncer ce pays dans une situation terriblement déplorable.
Pour en venir au slogan creux de son successeur : Alan Doss lui ne jure que par le désengagement des troupes comme condition du retour à la paix au Kivu. Et qui dit Kivu dit la sous région des Grands Lacs, vouloir ou pas. On a bien envie de demander à « l’illustre ambassadeur », transformé trop rapidement en pion de la volonté belligérante de Kabila et ses deux super généraux, Diemu et Kalume, s’il sait vraiment de quelles troupes il veut parler. L’on voudrait aussi lui rappeler qu’il est dangereux de jouer à l’amnésique quand le destin des personnes, en chair et en os, des populations entières sont en jeu. Il y a des faits que Doss ne peut pas feindre d’ignorer. Kabila non plus d’ailleurs. Parmi eux, il devrait particulièrement se souvenir des tristes assises de SUN CITY, et les raisons qu’il y avait derrière ces assises. Prenons-en seulement deux : a) l’objectif d’empêcher les troupes du RCD d’avancer, surtout à partir des fronts du Katanga et du Kasai ; b) ouvrir l’espace ou les positions occupées par le RCD aux alliés de Kabila, à savoir les Interahamwe (à l’époque, si je ne me trompe les Pareco et autres n’étaient pas encore crées) et les May May. Ceci visait à créer un cadre, sur terrain, où la réorganisation politique et militaire des FDLR s’effectuerait sans encombre pour attaquer par force leur pays d’origine, tout en s’adonnant à l’extermination ethnique des tutsis congolais. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’acharnement avec lequel Kinshasa et l’ONU (qui a conduit les Interahamwe en RDC du temps de l’opération turquoise de triste mémoire) ont voulu imposer le fameux brassage. Un mécanisme avec lequel ils comptaient se débarrasser si facilement des éléments de l’armée qui voulaient défendre la population contre le régime génocidaire qu’un nouveau cadre international, SUN CITY, sanctionnait.
Alan Doss ne peut pas continuer à utiliser le langage confusionniste à souhait des médias. Quand il parle de désengagement des troupes au Kivu, il doit spécifier comme cela a été le cas dans l’accord de Nairobi de Novembre 2007 et dans l’Acte d’Engagement de Goma de Janvier 2008, qu’il s’agit d’abord, des troupes génocidaires FDLR-Interahamwe toujours opérationnelles au Nord comme au Sud Kivu. Ensuite, au regard des violations répétées du cessez-le-feu de janvier 2008 par les troupes gouvernementales et les FDLR, PARECO, MAY-MAY, etc., qu’il s’est bien gardé de dénoncer. Il ne peut donc pas parler d’un désengagement indistinct des troupes, sans autre spécification. Ceci parce qu’il détenait et détient des informations précises, au moins fournies par le CNDP, démontrant que les hostilités ouvertes à partir du 28 août 2008, on été ouvertes par les forces gouvernementales, les FARDC. Il tombe, et l’ONU avec lui, dans la campagne manipulatrice qui vilipende le CNDP uniquement, quand les responsabilités du gouvernement, en tout cas en ce qui concerne son alliance délibérée avec des forces génocidaires sont évidentes.
Peut-être il croit que de cette manière il peut cacher la collaboration que la MONUC, dont il est le haut chef, entretient avec les génocidaires. Il se pourrait aussi qu’il pense que de cette manière il peut parer aux attaques des FARDC ciblant la MONUC. Aujourd’hui, c’est à Kanyabayonga où les FARDC avec leurs femmes et enfants saccagent et pillent la MONUC, et demain ? Si l’armée de Kabila attaque la force onusienne, à quoi servira le slogan vide de Mr Alan Doss ? Il est à craindre que la communauté internationale a trop longtemps favorisé un pouvoir kléptocratique. Elle a trop longtemps soutenu des génocidaires et/ou n’ose jamais les dénoncer au moins. Contre un mouvement qui revendique des droits légitimes, elle a soutenu les FARDC, pas plus tard que la semaine dernière, elle clamait haut et fort combattre le CNDP. N’est-ce pas le moment pour Mr Doss de rappeler aux FARDC d’arrêter les hostilités qu’elles ont initiées, seulement pour faire échouer le programme AMANI ? Ou devrait-on penser que Kinshasa a besoin de maintenir sa belligérance active au Kivu, avec l’aide de Nr Doss, pour distraire le pays à chaque fois que les échecs du régime se font sentir cruellement comme c’est le cas avec la démission, oh combien tardive et pratiquement inutile du vieux patriarche du Palu ? Pour qu’il y ait un retour à l’Acte d’Engagement de Goma, il faut que ce soit les FARDC qui arrêtent une guerre qu’elles ont commencée et qu’elles ne sont pas en train de gagner. En les appelant au cessez-le-feu immédiat la communauté internationale pourrait encore sauver sa face, mais est-elle intéressée à sauver sa face ? Voilà un autre doute que le slogan de Doss n’éclaire pas !
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Sunday, 28 September 2008
Sunday, 21 September 2008
LES FAUX FUYANTS DU PLAN DE DESENGAGEMENT DE L’ONU
Après avoir appliqué systématiquement la stratégie de pourrissement qu’il vaut la peine de rappeler, Kinshasa maintient sa poursuite de la guerre tout en ameutant les médias qui, à leur tour, clament sans honte que c’est le CNDP qui a commencé les hostilités. Il faut être à ce point loufoque! Les FARDC et leurs alliées FDLR-PARECO-MAY MAY et al., qui d’ailleurs n’ont jamais cessé de violer le cessez-le-feu de janvier 2008, ont bel et bien commencé les hostilités sur terrain. Les déclarations de Tchikez Diemu et autres ténors du gouvernement n’ont fait que confirmer que cela répondait aux ordres de la plus haute hiérarchie. La présence du Chef de l’Etat a rehaussé de son autorité l’origine de l’initiative des hostilités. Que les journaux congolais se le tiennent pour dit, personne n’est dupe.
Pourrissement voulu
De quelle stratégie de pourrissement s’agit-il ? Tout le monde se souvient de la pompe avec laquelle Kabila et son flamboyant président de l’assemblée nationale ont opéré ce qui devait être un tour de magie pour résoudre la question sécuritaire à l’Est du pays : la fameuse conférence de Goma, sanctionné par le non moins fameux Acte d’Engagement de Goma. Qui sait combien de millions d’euros ou de dollars US (monnaies d’usage à Goma, grâce à la distribution qu’en fait le pouvoir public) ont été dépensés pour organiser les soi-disant missions de paix, séminaires de sensibilisation au programme Amani, missions de vérification on ne trop bien de quoi ? Rien que des manœuvres d’apparat. Aussi longtemps que l’attention du public était orientée vers le « cirque du programme Amani », plutôt que vers la défaite cuisante de Mushaki en décembre 2007 et l’inertie et la corruption de nouvelles institutions du pays, Joseph Kabila, son gouvernement et la trop complaisante mission de paix de l’ONU demeuraient convaincus qu’ils éviteraient indéfiniment de traiter les questions de fonds de la crise kivutienne. Mais ces questions de fond demeurent. Au lieu de les affronter Kabila pense que laisser pourrir la situation lui donne toujours la possibilité d’utiliser son armée des pilleurs appuyée des génocidaires pour écraser le CNDP. Parce qu’il croit qu’écraser le CNDP, un mouvement porteur non seulement d’un vrai idéal de paix, mais aussi d’une vision des reformes stratégiques et économiques pour le Kivu et le pays, c’est facile et cela résoudrait tout ! On ne saurait pas dire si c’est de la naïveté ou d’une ignorance invincible.
La communauté internationale emboîte les médias pour démoniser le CNDP quand elle a été incapable de faire pression sur le gouvernement congolais concernant les FDLR. Ce qui était prévisible si l’on se rappelle du rôle que cette même communauté, surtout les Nations Unies, ont joué dans l’implantation des forces génocidaires en RDC. La Monuc, qui enrichit ses fonctionnaires en sillonnant la région, n’a pas été capable de dénoncer tant l’alliance des FDLR avec les FARDC, comme les violations répétées du cessez-le-feu de janvier 2008 par cette même coalition. Elle ne semble élever la voix que pour accuser le CNDP, fortuitement bien sûr. Toutes ces manœuvres ne visent qu’à pourrir la situation sans en toucher le fond. S’il faut le répéter c’est une crise à causes politiques que ni guerre, ni pourrissement ne résoudront. Plus Kabila retarde les négociations politiques, plus sa situation deviendra inconfortable, d’autant plus qu’il n’est pas aujourd’hui plus sûr de gagner la guerre qu’il ne l’était en décembre dernier. Peut-être il croit qu’il faut verser du sang chaque année pour émouvoir l’assemblée général des Nations Unies. Les faits et gestes de la très discréditée Monuc ne se convertissent-ils pas en décisions des hautes instances des Nations Unies ?
Les échos du jour
Hier, convaincues que les dernières déclarations de la MONUC et du Gouvernement sur une imminente cessation des hostilités, les troupes du CNDP ont maintenu avec discipline une ouverture à un éventuel geste de bonne foi. Mais elles ont vite été surprises par une agression féroce sur Mushaki par l’alliance FARDC-FDLR. Elles ont été obligées de se replier en hâte, pour une intempestive réorganisation pour repousser l’ennemi. D’où la débande de la coalition et la prise de la cité de SAKE par les troupes d’avant-garde du CNDP.
Nous avons appris que c’est la MONUC qui a demandé au CNDP de ne pas poursuivre les FARDC-FDLR en fuite vers Goma. Il semble que le CNDP ait obtempéré à condition que la MONUC dénonce l’agression des FARDC-FDLR sur Mushaki et que l’armée gouvernementale ne rentre plus dans la Cité de SAKE. La Mission onusienne aurait promis de négocier, dans la soirée, une sortie dans ce sens là. Voilà des gestes que la Monuc devrait rendre publics, même quand elle prend un engagement verbal. Au lieu de cela, elle a laissé les FARDC-FDLR occuper la zone neutre de Kimoka, sans broncher en sachant très bien qu’il s’agit là d’une autre violation. Une preuve de plus que la prétendue neutralité de la force de paix onusienne n’existe plus.
Dans l’entre temps, ce matin, à Rutshuru dans plusieurs secteurs les troupes du CNDP s’attendaient à un affrontement imminent dû au pilonnage initié par les FARDC-FDLR très tôt. En territoire de Masisi c’est la même chose. On se demande alors si la promesse de la Monuc, peut-être donnée trop hâtivement pour protéger Goma de l’avancée possible des troupes du CNDP, ainsi que le plan de désengagement que Joseph Kabila et Alan Doss ont tant médiatisé ne constituent que des faux fuyants. Quoi que communiqué au CNDP, ni la Monuc ni le gouvernement ne peuvent s’attendre à ce que ce Mouvement y réponde pendant qu’il est sous l’assaut de la coalition des FARDC et les génocidaires FDLR.
Pourrissement voulu
De quelle stratégie de pourrissement s’agit-il ? Tout le monde se souvient de la pompe avec laquelle Kabila et son flamboyant président de l’assemblée nationale ont opéré ce qui devait être un tour de magie pour résoudre la question sécuritaire à l’Est du pays : la fameuse conférence de Goma, sanctionné par le non moins fameux Acte d’Engagement de Goma. Qui sait combien de millions d’euros ou de dollars US (monnaies d’usage à Goma, grâce à la distribution qu’en fait le pouvoir public) ont été dépensés pour organiser les soi-disant missions de paix, séminaires de sensibilisation au programme Amani, missions de vérification on ne trop bien de quoi ? Rien que des manœuvres d’apparat. Aussi longtemps que l’attention du public était orientée vers le « cirque du programme Amani », plutôt que vers la défaite cuisante de Mushaki en décembre 2007 et l’inertie et la corruption de nouvelles institutions du pays, Joseph Kabila, son gouvernement et la trop complaisante mission de paix de l’ONU demeuraient convaincus qu’ils éviteraient indéfiniment de traiter les questions de fonds de la crise kivutienne. Mais ces questions de fond demeurent. Au lieu de les affronter Kabila pense que laisser pourrir la situation lui donne toujours la possibilité d’utiliser son armée des pilleurs appuyée des génocidaires pour écraser le CNDP. Parce qu’il croit qu’écraser le CNDP, un mouvement porteur non seulement d’un vrai idéal de paix, mais aussi d’une vision des reformes stratégiques et économiques pour le Kivu et le pays, c’est facile et cela résoudrait tout ! On ne saurait pas dire si c’est de la naïveté ou d’une ignorance invincible.
La communauté internationale emboîte les médias pour démoniser le CNDP quand elle a été incapable de faire pression sur le gouvernement congolais concernant les FDLR. Ce qui était prévisible si l’on se rappelle du rôle que cette même communauté, surtout les Nations Unies, ont joué dans l’implantation des forces génocidaires en RDC. La Monuc, qui enrichit ses fonctionnaires en sillonnant la région, n’a pas été capable de dénoncer tant l’alliance des FDLR avec les FARDC, comme les violations répétées du cessez-le-feu de janvier 2008 par cette même coalition. Elle ne semble élever la voix que pour accuser le CNDP, fortuitement bien sûr. Toutes ces manœuvres ne visent qu’à pourrir la situation sans en toucher le fond. S’il faut le répéter c’est une crise à causes politiques que ni guerre, ni pourrissement ne résoudront. Plus Kabila retarde les négociations politiques, plus sa situation deviendra inconfortable, d’autant plus qu’il n’est pas aujourd’hui plus sûr de gagner la guerre qu’il ne l’était en décembre dernier. Peut-être il croit qu’il faut verser du sang chaque année pour émouvoir l’assemblée général des Nations Unies. Les faits et gestes de la très discréditée Monuc ne se convertissent-ils pas en décisions des hautes instances des Nations Unies ?
Les échos du jour
Hier, convaincues que les dernières déclarations de la MONUC et du Gouvernement sur une imminente cessation des hostilités, les troupes du CNDP ont maintenu avec discipline une ouverture à un éventuel geste de bonne foi. Mais elles ont vite été surprises par une agression féroce sur Mushaki par l’alliance FARDC-FDLR. Elles ont été obligées de se replier en hâte, pour une intempestive réorganisation pour repousser l’ennemi. D’où la débande de la coalition et la prise de la cité de SAKE par les troupes d’avant-garde du CNDP.
Nous avons appris que c’est la MONUC qui a demandé au CNDP de ne pas poursuivre les FARDC-FDLR en fuite vers Goma. Il semble que le CNDP ait obtempéré à condition que la MONUC dénonce l’agression des FARDC-FDLR sur Mushaki et que l’armée gouvernementale ne rentre plus dans la Cité de SAKE. La Mission onusienne aurait promis de négocier, dans la soirée, une sortie dans ce sens là. Voilà des gestes que la Monuc devrait rendre publics, même quand elle prend un engagement verbal. Au lieu de cela, elle a laissé les FARDC-FDLR occuper la zone neutre de Kimoka, sans broncher en sachant très bien qu’il s’agit là d’une autre violation. Une preuve de plus que la prétendue neutralité de la force de paix onusienne n’existe plus.
Dans l’entre temps, ce matin, à Rutshuru dans plusieurs secteurs les troupes du CNDP s’attendaient à un affrontement imminent dû au pilonnage initié par les FARDC-FDLR très tôt. En territoire de Masisi c’est la même chose. On se demande alors si la promesse de la Monuc, peut-être donnée trop hâtivement pour protéger Goma de l’avancée possible des troupes du CNDP, ainsi que le plan de désengagement que Joseph Kabila et Alan Doss ont tant médiatisé ne constituent que des faux fuyants. Quoi que communiqué au CNDP, ni la Monuc ni le gouvernement ne peuvent s’attendre à ce que ce Mouvement y réponde pendant qu’il est sous l’assaut de la coalition des FARDC et les génocidaires FDLR.
Friday, 19 September 2008
La fourbe hypocrysie de la Communauté International face aux négociations en pays neutre exigées par le CNDP
Pourquoi le CNDP exige des négociations directes, avec une médiation et dans un pays neutre ?
Ceux qui suivent avec constance les différentes étapes dans l’évolution de la crise à l’Est de la RDC ne sont pas surpris par les déclarations rhétoriques de Joseph Kabila, de son représentant dans le programme Amani, et du président de l’assemblée nationale. Ils ne sont pas non plus surpris par les manifestations diverses organisées dans les rues contre la MONUC ou contre les violents combats que les FARDC mènent pour provoquer les troupes du CNDP. Finalement, ils ne sont pas surpris par la ritournelle du programme de désengagement que Alan Doss a dû produire en vitesse pendant que Kabila était encore à Goma.
Ceux qui suivent avec constance les différentes étapes dans l’évolution de la crise à l’Est de la RDC ne sont pas surpris par les déclarations rhétoriques de Joseph Kabila, de son représentant dans le programme Amani, et du président de l’assemblée nationale. Ils ne sont pas non plus surpris par les manifestations diverses organisées dans les rues contre la MONUC ou contre les violents combats que les FARDC mènent pour provoquer les troupes du CNDP. Finalement, ils ne sont pas surpris par la ritournelle du programme de désengagement que Alan Doss a dû produire en vitesse pendant que Kabila était encore à Goma.
Quelques prémisses
Pourquoi rien de tout ceci n’est pas étonnant ? C’est parce qu’en décembre 2007, après la défaite de Mushaki, le gouvernement, pour éviter une négociation directe avec les vainqueurs de Mushaki, le gouvernement recourut à la conférence de Goma. Disons tout de suite que, quoi que vainqueurs, les troupes du CNDP ne sont pas bellicistes. Ils se battent contre la provocations des FARDC et pour défendre la population innocente contre les exactions des FDLR. Tant que ces génocidaires soumettront les populations du Kivu à leurs crimes, le CNDP se battra pour la défendre. La déclaration de Kabila d’utiliser tous les moyens pour apporter la paix n’est pas non plus nouvelle, car l’on sait que pour lui la fin justifie les moyens ! Son accusation du pays voisin n’est pas nouvelle non plus d’autant plus qu’il s’agit de rejeter la responsabilité des échecs de son gouvernement à des tiers, qui souvent ne sont pas concernés. Quant au programme de désengagement hâtivement produit par la MONUC, il répond à la logique de Kabila, de forcer la paix sans une négociation politique franche sur le fond des raisons de la crise qui dure depuis quatre ans maintenant. La MONUC sait très bien qu’il est absolument superflu d’envisager un quelconque plan de désengagement aussi longtemps que les génocidaires demeurent actifs dans leurs objectifs au Nord comme au Sud Kivu. Toute la communauté internationale, généralement plus au courant des enjeux que les extrémistes du gouvernement Kabila, est consciente qu’aussi longtemps que Kinshasa ne rapatriera pas les FDLR et au contraire, continuera à les utiliser comme alliées, il n’aura pas d’argument pour forcer un désengagement quelconque de la part des rebelles.
L’opinion dûment alertée
Ceux-ci, contrairement au gouvernement, ne travaillent pas en ordre dispersé, même si Kinshasa a tout fait pour les détruire. Ils prennent soin de prendre à témoin l’opinion sur leur position ainsi que celle du gouvernement et celle de ladite communauté internationale. Par exemple, une lettre du CNDP a rappelé au Chef de la MONUC qu’en date du 11 septembre, la Direction Politique du mouvement avait décrété un cessez-le feu unilatéral et opéré un retrait immédiat de toutes les positions conquises depuis la reprise des hostilités. Un retrait, rappelle la lettre, dont la MONUC a été en mesure de vérifier la réalité sur le terrain. Avec cela, le mouvement s’attendait à ce que l’adversaire, à savoir le Gouvernement saisirait la main tendue pour agir en conséquence. Malheureusement, celui-ci a, comme toujours, traité ce geste de paix par le plus grand mépris, assuré de l’appui décisif, croit-il, de ses forces supplétives que sont les FDLR/ex-FAR/Interahamwe, le PARECO et les diverses factions MAY MAY. Cela s’explique par le fait qu’ayant déclenché les hostilités pour rétablir par la force l’exercice de l’Autorité de l’Etat dans les zones sous contrôle du Mouvement, ainsi que ce dernier l’avait démontré dans son Communiqué du 28 août dernier, le pouvoir n’entend pas s’arrêter avant d’avoir gagné sa guerre en terrassant le CNDP. C’est pourquoi, le déploiement de ses troupes ne se dément pas, au contraire, il s’intensifie.
Propos indus
A côté du déploiement belliciste dont le Mouvement a les détails, les politiciens ne sont pas en reste. TCHIKEZ DIEMU, ministre de la défense a, dans une conférence de presse, traité le Chairman du CNDP de « bandit, Satan, Ben Laden, Karadzic ». Il affirmé que le CNDP est « un serpent dont la tête a déjà été coupée et dont seul le corps bouge encore en attendant d’expirer sous les coups de boutoir des FARDC ». Les députés extrémistes SEKIMONYO et BARIYANGA, et le Président de l’Assemblée Provinciale ont fait des déclarations du même ton à Rubare et à Rugari où, en outre, ils félicitaient les jeunes gens qui avaient attaqué la MONUC à Rutshuru.Le Général-Major Denis KALUME NUMBI a déclaré, quant à lui, à la jeunesse de Goma : «NKUNDA et les siens ont entrepris de nous entraîner dans la logique de partage du pouvoir, leur a-t-il martelé en substance. Et ça c’est impensable. Mais en fait, le problème n’est plus NKUNDA ni le CNDP. Le problème, c’est un petit pays voisin qui les utilise pour nous déstabiliser. Alors, si vous ne voulez pas être asservis, prenez-vous en charge, commencez à agir comme les jeunes palestiniens et faites-vous sauter sur les partisans du CNDP que vous rencontrerez en ville. Si vous avez besoin de ceintures de dynamite, nous vous les fournirons ». Cette déclaration se passe de tout commentaire.
Hypocrisie de la Communauté internationale
La communauté internationale qui, à travers la MONUC, tente de suggérer un plan de désengagement complaisant, ne peut pas oublier qu’au terme du « Communiqué de Nairobi », le Gouvernement s’était engagé avec le soutien de la MONUC à mettre définitivement fin, de gré ou de force, entre le 15 mars et le 15 juin 2008, à la présence des FDLR/ex-FAR/Interahamwe en RDC.
Et le Conseil de Sécurité qui suggère que le CNDP dépose les armes au lieu de convaincre le gouvernement de Kinshasa de négocier sur les causes politiques de la crise, pense qu’il est normal de fermer les yeux devant les responsabilités du Gouvernement KABILA qui utilise les forces génocidaires pour perpétuer l’instabilité dans les Kivu. Ce même Conseil de Sécurité voudrait que le CNDP, qui est un Mouvement politico-militaire congolais, dépose les armes pour laisser le champ libre à des forces illégales et criminelles étrangères ayant entrepris de soumettre tout une partie de la population congolaise contrainte de vivre sous leur joug ou de s’exiler pour leur échapper.
Cependant cela est simplement le signe qui montre que les Nations Unies croient qu’il n’y a plus de patriotes en RDC. La lettre du CNDP à Alan Doss remarque que même si l’ONU devait donner à la MONUC « un mandat plus musclé », comme le suggèrent certains, paraît-il, ou faire intervenir une opération « Artémis bis », comme l’a souhaité le Président de l’Assemblée Nationale, KAMERE Vital, cela ne change rien à position de ces vrais patriotes: s’il faut mourir jusqu’au dernier pour que soit recouvrée « la dignité du Congo et des Congolais », ils y sont préparés depuis maintenant plus de 4 ans. En attendant, l’incessant déploiement des troupes gouvernementales et de leurs supplétifs ainsi que le harcèlement qu’elles continuent d’exercer sur les positions du CNDP ne laissent à celui-ci aucune autre alternative que d’y faire face. Dès maintenant.
De tout ce qui précède, l’on déduit :
- Que l’option militaire demeure absolument une erreur car les problèmes sécuritaires du Kivu ont des causes politiques qu’il faut négocier
- Que le gouvernement congolais devrait reconnaître qu’il faut faire face à cette négociation sans chercher d’autres subterfuges qui risquent de finir en flop comme la conférence de Goma, qu’il a d’ailleurs torpillée sciemment
- Qu’aucun plan de désengagement ne peut être envisagé tant que le rapatriement des FDLR n’a pas été effectué.
- Que la communauté internationale doit léver le voile de son ignorance voulue pour éviter de se trouver impliquée dans un nouvel échec comme en Somalie dans les années 1990 ou comme avec la tristement célèbre opération turquoise.
- Qu’il n’y a pas de possibilité d’assurer la neutralité en RDC, les propos des ministres clés sont on ne plus clairs; et les représentants de la communauté internationale jusque là impliqués dans AMANI ne sont plus capables d’assurer cette neutralité. L’échappatoire de Mbusa Nyamwisi qui dit ne pas vouloir négocier avec le CNDP car celui-ci n’est pas un État, souligne simplement la mauvaise foi qui ignore la meilleure manière de trouver une solution efficace à un problème qui dure depuis trop longtemps.
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