Tuesday, 26 May 2009

FROM AN ANONYMOUS READER

Une arrestation arbitraire menace la paix dans les Grands Lacs

Le 22 janvier dernier, le général Laurent Nkunda Mihigo, président du Congrès national pour la défense du peuple, mouvement politico-militaire opposé au régime de Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo, a été arrêté dans la ville frontalière de Gisenyi par les autorités du rwandaises. L’on se souvient que celles-ci l'avaient convié à une réunion pour discuter de la participation de ses troupes à l'opération conjointe « Umoja Wetu ». Manœuvre décidée en grand secret par les plus hauts dirigeants rwandais et congolais afin de traquer, désarmer et expulser du territoire de la Rdc les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda . Encadrés et endoctrinés par un groupe de commandants qui ont pris parti au génocide de 1994 au Rwanda, ces soldats ont été, à partir de 1998, les alliés privilégiés d'une armée régulière congolaise faible, indisciplinée et minée par la corruption. Installés au Kivu, avec le consentement du pouvoir congolais, ils poursuivent l'objectif de renverser le régime en place à Kigali. Ce qui a pendant longtemps envenimé les relations entre les deux pays, avec les risques conséquents d'une nouvelle conflagration dans toute la sous-région des Grands Lacs. De surcroît, les Fdlr ont toujours été et demeurent une menace pour les populations congolaises, dont ils pillent les biens, exploitent les richesses, violent les femmes, rançonnent les commerçants, occupent les territoires et tuent ceux qui s'opposent à leurs exactions. En conséquence, la décision prise par Kinshasa d'inviter sur le sol congolais les soldats des Forces de défense rwandaises (Fdr) pour mener une offensive commune contre ces « forces négatives » n'aurait pu qu’être salutaire dans la perspective de la paix. Bien plus, une occasion pour tourner définitivement la page de la guerre qui sévit dans le Kivu depuis au moins quinze ans. L’agenda de l’accord secret entre les deux gouvernements s’est très vite révélé être le démantèlement du mouvement politico-militaire fondé et dirigé par Laurent Nkunda et l’arrestation de dernier.


Un calcul trompeur


En effet, le Rwanda, habitué à exercer un contrôle politico-militaire sur les mouvements de rébellion congolais originaires de l'Est de la RDC -comme cela fut le cas de l'ancienne rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RDC), d'où une partie du CNDP est issue- ne voyait pas de bon œil la montée en puissance et l'autonomie du CNDP. Le dénouement du processus entamé Nairobi entre le gouvernement et la délégation du CNDP allait sans doute montrer combien les revendications de ce mouvement concernaient bien sûr l’éradication des FDLR, mais surtout une profonde reforme du leadership congolais et la gestion de pays sur son ensemble. Il est aujourd’hui certain qu’une éventuelle conclusion positive de ces négociations aurait donné un rôle de premier plan au CNDP en ce qui concerne les reformes tant attendues en RDC. Ce sont ces reformes là qui peuvent garantir la paix et la stabilité. Force est de constater que cette perspective ne devait pas plaire à une partie du leadership aux affaires au Rwanda. Pourtant il y a lieu d’apprécier a sa juste valeur la démarche de Nkunda et sa composante congolaise, une démarche visant un Congo finalement réconcilié, débarrassé du poison de la discrimination ethnique, et dans lequel les Tutsi n'auraient plus couru des risques d'extermination. Un Congo stable est sans doute le voisin que n’importe quel pays limitrophe devrait souhaiter pour la reprise de la sous-région entière. Le calcul immédiat de la part des autorités rwandaise de voler au secours du régime dictatorial de Kinshasa pourrait un se montrer trompeur. C’est ce qui se vérifie sur terrain d’ailleurs. L’alliance hâtive d’anciens ennemis aux frais de la rébellion du CNDP n’a pas été la solution pour la RDC, ni pour le Rwanda d’ailleurs. La position du Rwanda vis-à-vis du contentieux qui oppose encore le gouvernement congolais au CNDP aurait du être le maintien d’une attitude neutre et de ne pas s'ingérer dans un conflit qui demeure congolo-congolais. Seules les raisons de la Realpolitik peuvent expliquer que Kigali soutienne une élite, celle congolaise, qui est en train de brader le pays aux intérêts étrangers grâce a la dérive dictatoriale ne date pas d'aujourd'hui. Parmi ces raisons on peut compter le fait que la communauté internationale -grâce à laquelle en particulier Kabila a accédé à la magistrature suprême en octobre 2006- a toujours accusé Kigali d'être derrière le CNDP. Si aucune preuve incontestable n'a jamais été apportée pour soutenir cette hypothèse, des nombreuses pressions ont été systématiquement exercées sur le Rwanda, jusqu'à l'interruption de l'aide au développement et aux menaces d'isolement diplomatique, pour qu'il impose son "influence" à la direction du CNDP en vue de son désistement de la lutte armée.


Kivu : l'enfer des civils


Une fois Nkunda arrêté, la chasse aux FDLR a démarré et s'est achevée sans résultats probants. Pire, ses conséquences sont à l'heure actuelle désastreuses pour les peuples du Kivu qui payent un lourd tribut de massacres à la machette, viols en masse, destructions de villages entiers et autres innombrables violences. Revenus de la brousse, où ils s'étaient abrités pendant l'opération « Umoja Wetu », les anciens génocidaires se vengent ainsi sur les populations civiles, accusées d'avoir collaboré avec les troupes congolaises et rwandaises qui les poursuivaient. Le tout dernier rapport de la UNSC contient des preuves éclatantes, il en est de même pour le rapport de HRW et celui du fameux comite d’experts de l’ONU qui circulent déjà dans la presse. En fait, si l'option militaire pour l'éradication de ces rebelles hutu rwandais est indispensable à la paix dans la sous-région, celle-ci aurait dû être organisée selon des modalités différentes et à partir d'une vision politique de long terme. Bref, avec une cohérence stratégique qui, à la preuve des faits, lui a fait cruellement défaut. En 2007, lors de l'un des nombreux accords de paix entre Kinshasa et le CNDP, les brigades "mixées" avaient mené une série d'offensives très efficaces contre les FDLR, avec un quadrillage systématique du territoire, un travail de concertation avec certains élus locaux et de sensibilisation de la population contre l'idéologie ethniciste, et une volonté de sécuriser les civils. Ce qui, a priori, ne pouvait pas être le cas d'« Umoja Wetu », sa force militaire essentielle étant constituée par les FDR qui ne peuvent occuper à temps indéterminé un territoire relevant de la souveraineté congolaise. « Umoja Wetu » fut plutôt, et elle le sera même dans sa prochaine réédition baptisée Kimia II, le prix payé aux exigences de la politique-spectacle et à celles de l'« ordre impérial » que l'Occident veut imposer à la sous-région. C’est évident, le dispositif de ce nouvel ordre compte parmi ses pièces maîtresses le maintien au pouvoir d'un Joseph Kabila, allié peut être indocile mais pourvoyeur généreux -via des dizaines de "contrats léonins"- des ressources naturelles, celles de la région minière du Katanga notamment, dont les pays industrialisés et ceux en voie d'industrialisation accélérée ont besoin. A deux ans de la présidentielle de 2011, les pourparlers de Nairobi, mis entre parenthèse par « Umoja Wetu » alors qu'ils étaient proches d'un accord entre les parties, auraient pu au moins fournir des énergies nouvelles à des élites aveuglées par la course à l'enrichissement et l'arrogance du pouvoir. C’est le cadre de cette situation générale encore catastrophique que le CNDP de Laurent Nkunda a encore un rôle à jouer. Si l'on considère son expertise au niveau de la sécurisation des populations, de la réconciliation entre les différentes ethnies, de la formation d'une armée disciplinée, motivée et avec soldes et repas assurés, la participation du mouvement rebelle (et pas de ses figurants corrompus) au processus de paix s'avère indispensable à sa réussite. La libération de son président détenu en dehors de toute norme internationale, est ainsi un enjeu de taille, un défi à relever d'urgence et pour lequel se battre afin de tourner une page douloureuse et déjà trop longue dans l'histoire d'Afrique centrale et des Grands lacs.

11 comments:

Anonymous said...

CACHE D'ARMES : LE CNDP AU BANC DES ACCUSES

Le Groupe des experts de l’ONU qui vient de boucler une mission d’investigation en République démocratique du Congo est catégorique : malgré les efforts accomplis sur le plan politique et militaire, de graves inquiétudes persistent. Notamment d’importantes caches d’armes toujours et encore contrôlées par le CNDP, l’existence de l’administration parallèle qui procure au CNDP mensuellement plus de 250.000 dollars – une bonne économie de guerre - et le résultat mitigé de l’opération conjointe militaire RDC-Rwanda, UMOJA WETU.

Source: Le Potentiel

On se demande si ces gens veulent seulement la paix.

Anonymous said...

250 000 dollars???

De quoi s'armer d'avantage ou d'enrichir Ntangada.

Anonymous said...

Est-ce encore le CNDP qu'ils accusaient il y a quelques mois qui est à l'origine de tout ceci?
http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/PSLG-7SFJJ4?OpenDocument
La situation est devenue pire qu'avant l'intégartion made in Kigali. Seule la personne capable d'arrêter cette progression du mal n'est autre que l'incontournable de la scène politique, le général-major Laurent Nkunda Mihigo que nous attendons à bras ouverts afin de nous sauver de cette situation. Kabila et ses accolites FDRL doivent s'en aller pour de bon de la RDC, n'attendons pas la MONUC pour le faire, seuls les fils du Congo doivent prendre la situtaion en mains. Arrêtons de pleurnicher pour que la communauté internationale fasse quelque chose, je crois que vous m^mes vous êtes témoins des résultats de la tutelle dont Kabila laisse évoluer notre chère patrie.

Anonymous said...

Et la tutelle version Nkunda ne ns inspire pas plus de confiance.

Antoinette said...

Il n'y a pas de tutelle version Nkunda, il y a une vision d'une RDC reconciliée avec elle-même afin de pouvoir commencer à fonctionner

Anonymous said...

Maman antoinette,

It all depends on the side of the Great lakes divide you find yourself on. By that I mean the ideological, or maybe emotional, divide.

Anonymous said...

Maman Antoinette,

Tutelle version Nkunda, YES. I rememmber reading in one of your comments on this blog you saying that inspite of Nkunda knowing that the Rwandese troops were coming back into the Kivus, he did not want to fight them.

Whatever his reasons were. Your country is being invaded and you do not want to fight to defend your country and your rights. And you want us to believe that such a person will best defend our rights and the sovereignty of our country. For heaven's sake!!!

Antoinette said...

So, what is your input?

Anonymous said...

My point is exactly that. Nkunda does not offer a good alternative for Congo. Ce serai une autre version d'infeodation.

Antoinette said...

Who does, Joseph Kabila?

Anonymous said...

Joseph n'est en aucun cas une reference, De meme que son homonym de 1965.