Tuesday, 30 September 2008

BRAECKMAN INSINUE LA DISPARUTION DE L.NKUNDA

Le délire d’une sommité médiatique

« Où est passé Laurent Nkunda ? ». Un titre terriblement alléchant pour ce que le monde anglophone appelle maintenant «the wolfpack press », autrement dit la bande de loups de la presse ! Un scoop bien trouvé de la part d’une « vraie » spécialiste de la tragédie des Grands Lacs Africains qui publie fidèlement dans les colonnes du quotidien belge Le soir. Le délire a changé de ton. Il y a quelque temps, il tournait autour d’un départ en exil doré en RSA pour le leader du CNDP. Non content d’avoir échoué sur ce front là, il a fallu la plume de madame Braekman pour haranguer le « wolfpack », cette fois-ci avec la rumeur froide: « En dépit des combats qui, depuis le 28 août dernier, continuent à mettre aux prises les troupes rebelles du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) et les forces armées congolaises, la rumeur s’enfle à Goma et dans tout l’Est du Congo : le général réfractaire aux accords de paix, qui, en son temps, avait refusé d’être nommé dans l’armée nationale pour pouvoir défendre sur place les intérêts des Tutsis du Kivu et combattre les miliciens hutus ennemis du Rwanda, aurait été grièvement blessé ou, très malade, serait hospitalisé à Kigali après avoir tenté, en vain, d’être accueilli en Ouganda ». Comme s’il suffisait d’afficher « la rumeur de Goma » dans les colonnes du Soir pour en consacrer la véracité.

Mais cela n’étant pas suffisant, il fallait ajouter un zeste de crédibilité : « Ces rumeurs sont alimentées par le fait que, depuis le 9 juin dernier, les représentants de la « facilitation internationale» (Onu, Union Européenne, Etats-Unis) présents à Goma n’ont plus eu de contact direct et personnel avec le général-pasteur qui, peu auparavant, avait abandonné sa tenue militaire et son badge « Rebelle pour le Christ » pour un costume cravate ». Le changement de look du maquisard de Kitchanga a certainement tapé dans l’œil d’une spécialiste. On aurait cru qu’elle pouvait y lire autre chose, par exemple l’image d’un homme de paix, plutôt qu’un général sanguinaire comme les médias aimeraient le voir. Le style, c’est l’homme disait Charles Péguy, un français qui comprendrait très bien la lutte de Laurent Nkunda et tout ceux qui l’appuient ! Il suffit de lire sa correspondance avec le chef de la Monuc ou le Gouvernement de Kinshasa pour comprendre que ni lui ni son Mouvement ne sont aussi vils que leurs adversaires voudraient qu’ils apparaissent. L’image qui a tapé dans l’œil de notre spécialiste est celle d’un nouveau style dans la manière pas seulement de s’habiller, mais aussi de s’occuper d’une cause publique. Cette obstination à imprimer un nouveau court positif au destin du pays est inhabituel, donc pas étonnant qu’il ne passe pas inaperçu.

« A la tête des opérations se trouverait aujourd’hui Bosco Ntaganda, chef d’état major de Nkunda ». Quoi d’étonnant puisque le monde entier sait que c’est cela son travail, mais bien entendu sous la direction du général lui-même et en parfaite synchronie avec la direction politique du Mouvement. Nous sommes devant un Mouvement Politico-Militaire, qui réclame des droits et des libertés tant attendus par le peuple entier. Notamment le droit et la liberté de vivre chez soi, ainsi que le droit et la liberté de changer l’establishment corrompu qui gangrène tant la hiérarchie politique comme la hiérarchie militaire du pays. Cet establishment corrompu que ceux qui manipulent le « wolfpack » aimeraient voir se perpétuer en RDC en rançonnant le peuple, comme cela est le cas, est ce que le CNDP aimerait changer. Fidèle à la politique que suivent les journalistes de son genre, l’auteur du scoop ne pouvait pas s’empêcher de mentionner Ntaganda, ne fût-ce que pour avoir la chance de brandir une énième fois le spectre d’un mandat d’arrêt de la CPI. Eh oui, la cour ultra politisée qui fait partie d’une sorte de conspiration pour éliminer du Congo quiconque s’oppose au dauphin de Louis Michel, aujourd’hui brouillé avec ses parrains pour la bagatelle des millions chinois. Mais Ntaganda et sa propre hiérarchie militaire ont une cause qui n’attend pas, surtout une fois qu’ils font face à l’assaut d’une armée gouvernementale alliée à des forces génocidaires. Je ne me lasse pas de répéter ce fait, surtout dès lors que des révisionnistes surgissent de toutes parts, forts d’instincts criminels inassouvis aussi longtemps qu’il y a de possibles victimes à la portée de leurs machettes ou de leurs kalachnikovs.

« C’est depuis le 28 août dernier que la guerre a repris au Nord Kivu et que le programme Amani, (paix en swahili) qui devait mettre en œuvre le désarmement des différents groupes armés, se trouve au point mort. En juin déjà, le CNDP avait suspendu sa participation à la commission militaire du programme Amani, tandis que l’armée nationale renforçait ses effectifs sur le terrain, ce qui faisait redouter une reprise des hostilités ». Lapsus ou stratégie ? Qui a amené le programme Amani au point mort, si ce n’est le gouvernement qui l’a torpillé pour éviter, à tout prix, de faire face à des responsabilités évidentes? Embarqué sur une conférence en position faible, le Gouvernement a montré depuis le début qu’il n’entendait pas renoncer à son option belligérante. Des faits existent. Mais ne demandez pas à la presse de partir des faits quand c’est plus facile de jeter l’huile au feu avec de simples spéculations. Le rapport des combats ainsi que le rôle de la Monuc tel que rapportés sur le blog de madame Braeckman peuvent facilement être confrontés avec ceux qui figurent sur le site du CNDP pour tirer des conclusions éclairantes. Ce qui n’est pas surprenant d’ailleurs si l’on pense qu’elle pourrait recevoir ses informations soit de Malu Malu, soit même de Delphin Kahimbi directement ! Mais elle a raison à propos du discrédit dans lequel la Monuc s’est jetée à force de vouloir contenter à la fois le pouvoir en place et les FDLR, tout en sachant que le CNDP n’est pas juste une autre milice, mais un mouvement qui se battra jusqu’à ce que tous ceux qui se disent partenaires dans le processus de paix se décident à entamer de vraies négociations politiques sans les tronquer.

Tout ceci ne finit pas par expliquer le délire de toutes façons, il faut continuer à percer le contexte pour comprendre. Alan Doss, qui comme Kabila a manqué la réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies, doit aller faire rapport au Conseil de sécurité sur la situation. On a pu lire dans ses lettres à Oxfam et à Global Witness sa détermination de défendre la Monuc contre ceux qui veulent en tacher l’image. Mais quand les ONGs font du tapage, c’est généralement pour justifier leur propre raison d’être, pas pour défendre la population. Et si à Bruxelles ceux qui ont conduit l’opération Artemis se félicitent du succès en Ituri, ils se moquent des populations dans les zones où il y a encore des combats, où l’armée gouvernementale pille et viole tout comme les FDLR d’ailleurs. Peut-être à Bruxelles quelques « pundits » préféreraient remplacer la Monuc par une opération Artemis II. Nous ne sommes pas encore sortis de la misère, et ce n’est pas demain la veille ! Si selon notre spécialiste du Soir « de l’avis de nombreux observateurs, le désastre humanitaire du Nord Kivu, deux ans après les élections, représente autant un échec pour la communauté internationale que le talon d’Achille du régime de Kinshasa », je dirais, cependant, que le tendon d’Achille aussi bien de Kinshasa comme de la politique internationale au Congo est et demeure la présence des forces génocidaires et leur alliance affichée avec le gouvernement et la mission onusienne. Et cela le « wolfpack press » n’ose jamais le dire clairement, les ONGs non plus d’ailleurs.
AND OH, I HAD MISSED THIS ONE, HOPE YOU HAD SEEN IT:

2 comments:

R.N said...

Merci Mme AK pour tes bons commentaires et analyse-critique de l'article de Colette B. qui a depuis un certain temps a enlevé l'option de commentaires sur son blog. Ni cette journaliste du Soir qui s'est déclarée «spécialiste des Grands Lacs», ni la Monuc etc., tout ce monde ne souhaite que la disparution pure et simple du vaillant général Laurent Nkunda et ses proches collaborateurs. Une chose que je voudrais dire à Colette B. et tous ceux qui souhaitent la disparution pure et simple du général: même si Nkunda, Bosco, Bisimwa, Abandi, etc. disparaissaient miraculeusement du paysage du CNDP comme l'a bien dit il y a longtemps de cela un officier hindien de la Monuc sur TV5 monde (dont je ne me rappelle plus le nom), il y en aura un autre Nkunda le lendemain même. J'ajoute qu'il y en aura d'autres Ntaganda, Bisimwa, etc. Que vive ces vaillants qui mène la lutte du mouvement politico-militaire du CNDP en avant, que vive tout ces gens qui souhaitent la paix à la RDC (par tous les moyens) et qui ne cessent de rappeler le gouvernement de JoKa de revenir à la raison. J'invite le général Kayembe qui déclare (sous ses draps chauds avec des cocotes) que les jours du CNDP sont comptés de se rendre au front tel que le fait Nkunda et Ntaganda en personne... Quant à Doss, il doit tout faire pour prouver au Conseil de sécurité que la présence de ses gens est indispensable afin de pouvoir bénéficier le renouvellement de son contrant très initule aux yeux de tous les congolais qui expire bientôt. Je souhaite plutôt qu'il puisse concentrer ses forces en Ituri et partout ailleurs au pays où l'injustice, les viols et pillages continuent au lieu de se faire un garde du corps de J. Paluku, de Delphin K., etc. qui seraient je ne sais où aujourd'hui ni était la présence de Doss et ses pilleurs du pays.

R.N. said...

Bonjour chers lecteurs de ce blog. Je voudrais vous référer à la version Swahili de BBC d'aujourd'hui (pour ceux qui comprennent cette langue)où le général Bosco Ntaganda a répondu aux questions du journaliste à propos de rumeurs sur ce que Colette B. et d'autres médias ont écrit: http://www.bbc.co.uk/swahili/radio/aod/swahili_promo.shtml#
Soyez tout simplement patients car ses props sont presqu'au milieu. Merci général Bosco Ntaganda pour avoir éclairé l'opinion. Mes salutations aux vaillants soldats du CNDP.