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Thursday, 18 December 2008

REFLEXES KABILISTES D'ALAN DOSS

Dès que j'ai appris sa nomination pour succéder à William Swing, je disais aux amis qu'Alan Doss ne tarderait pas à travailler comme Swing qui voulait tant faire plaisir à Joseph Kabila. Nous savons que ce reflexe a frustré la grande ambition du vieux fonctionnaire de l'ONU de voir son nom lié, à tout jamais, au succès démocratique du rais. La plupart de mes amis était convaincu que Doss échapperait à l'envoûtement corrupteur kinois qui hypnotise ceux qui ont comme mission d'affirmer au monde que, sous l'égide de l'ONU, la RDC est maintenant une démocratie. Leur argument était qu'un britannique, flégmatique et pragmatique par nature, saurait planner au-dessus d'un système pourri et y injecterait du bon sens. Mes amis semblaient certains que, s'il est vrai, par exemple, que le vote des honoroables pour l'investiture du gouvernement a pu s'acheter à 2000 USD par député y compris ceux de la majorité (il semble qu'il en a été de meme pour passer le budget 2009 la semaine passée), on ne pouvait pas acheter un fonctionnaire de si haut niveau pour qu'il adhère au plan Kabila de tenir les congolais prisonniers d'une démocratie de façade.
Le temps me donne raison. Doss est complètement acquis au plan Kabila, très spécifiquement en son aspect génocidaire. La corruption de la Monuc ne semble pas être un problème pour Doss, de même que les massacres de Kitona, Kamina, Kinshasa, Gatumba etc. n'ont jamais été un problème pour William Swing. Parce qu'il s'agissait des massacres des tutsis, commandités par le pouvoir. Les assassinats ciblés à Goma où Alan Doss séjourne régulièrement ne sont pas des crimes dans le jargon de l'ONU, parce que l'ONU et tous ses fonctionnaires et ses financiers veulent l'extermination des tutsis, et la perpétuation des exactions que les génocidaires, l'armée congolaises et ses milices alliées imposent sur toutes les ethnies confondues au Nord comme au Sud Kivu.
Alan Doss n'a pas de voix pour dénoncer ces crimes et leurs auteurs tout simplement parce que sa mission est celle de protéger les intérêts des génocidaires et ceux des gouvernements qui les appuient. Ce sont ces mêmes gouvernements qui, sous la trompeuse appelation de communauté internationale, financent la MONUC. Il faut donc trouver un coupable de tous les maux de la RDC. Et Alan Doss ose accuser directement Nkunda des exactions de Kiwanja, ceci pour espérer dédouaner le pouvoir et la MONUC de leur propre responsabilité. Mais Nkunda a les résultats d'une enquête menée sur terrain. Alan Doss peut s'époumoner. C'est un peu tard pour cacher le double échec de Kinshasa et de la communauté internationale dans la recherche des solutions à la crise congolaise. Il veut bien s'assurer d'une manière même criminelle, que les millions investis dans l'élection de Kabila finissent par payer d'une certaine manière, surtout depuis que les puissances qui les ont déversés se trouvent en une recession dont on ne voit pas encore l'issue. La chute des prix des matières premières sur lesquelles toutes ces puissances misaient doit les effrayer car le rendement minier en RDC s'en ressent déjà. Demain on dira que la récession c'est aussi la faute de Laurent Nkunda. Voilà que le pragmatisme que mes amis attendaient d'Alan Doss s'est mué presqu'automatiquement en reflexe kabiliste.