Saturday, 27 February 2010

UNE MANOEUVRE QUI N"EN VALAIT PAS LA PEINE

Vous vous en doutez bien, je veux parler de l'emprisonnement de Laurent Nkunda après une arrestation arbitraire. Elle s'avère plus qu'arbitraire, elle a été et demeure inutile, pour le peuple rwandais et un retard presqu'irrécupérable pour le processus de paix en RDC et dans la région. Je ne comprends pas comment le Rwanda peut même être facilitateur des négociations concernant le Soudan! C'est seulement l'ironie d'une géopolitique de pacotille, comme nous sommes habitués à en voir au niveau africain.

Il me semble que l'arrestation et l'emprisonnement de Nkunda est une affaire absolument inutile pour le peuple rwandais parce que le leadership de ce dernier au lieu de traiter la menace des FDLR soutenues par les puissances derrière l'arrogance de Joseph Kabila, a fini par faire une seule chose: essayer de semer la division des tutsis en RDC et hors frontières en utilisant Bosco Ntaganda. Par cette même voie, le leadership rwandais a simplement obtempéré aux ordres de Kabila et a oublié l'ennemi du peuple rwandais, les FDLR, ou du moins l'a minimisé indûment. Ce qui est grave c'est l'erreur de jugement incompréhensible quant à ce que Nkunda représentait et représente pour le processus de paix dans le région. A Kigs, ils ont oublié le rempart formidable que ses forces constituent quand il s'agit des visées des FDLR sur le Rwanda.

Maintenant tout le monde voudrait présenter la RDC comme un pays déjà pacifié, sans aucune menace FDLR contre le Rwanda. Kabila contrôle la situation. Il n'a plus besoin de son James Kabarebe, qui lui non plus n'a plus de raison de prétendre avoir aucun controle sur Kabila. Qui a perdu dans tout cela? Le peuple qui est toujours en dehors des tractations à Kigs ou à Kin. Et tant que le peuple demeure marginalisé, la paix dont on nous parle est aussi de la pacotille. Mais j'oserais ajouter que le Rwanda a perdu toute prétension sur Kabila. Ce dernier n'a pas d'armée, car on sait ce que sont les FARDC. Mais il a une armée supplétive que ses amis européens (les allemands et les français surtout, et peut-être déjà la Chine) soutiennent en armes, argent et soutien politique. Je parle ici des FDLR qui sont censément ou être rapatriées ou devenues impuissantes,sans l'avoir jamais été.

Devant un panorama pareille, à quoi aura servi l'arrestation de Nkunda pour les rwandais? A quoi aura servi l'effort insensé de semer la division parmi les tutsis peu importe où et d'où ils sont? A quoi aura servi l'invention d'une insurrection d'un Ntaganda? A rien, absolument à rien. Les FDLR peuvent changer de nom demain pour montrer la nouvelle image de la "pax kabiliana", mais elles demeurent tout aussi et même plus génocidaires qu'avant. Et l'infiltration au Rwanda sous une nouvelle image est toujours possible. En réalité le peuple rwandais a perdu, pas seulement devant les FDLR mais aussi en matière de prestige politique en faisant le policier pour rien comme ça, au service d'un pouvoir kléptocrate chez les voisins!

Saturday, 20 February 2010

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT SANS GAFISI

Je vous l’avais prédit, il n’y a pas eu suffisamment de place dans le nouveau gouvernement Muzito pour le CNDp que les proches appellent Kifuafua. Je ne sais pas ce que cela veut dire mais kifuafua sonne comme quelque chose de fini! Je me demande ce que Terminator pense de la tournure que sa trahison a prise. Plus d’espoir pour un poste au gouvernement, pas de place réelle au sein de l’AMP, celle-ci comprenant ceux qui ont gagné les élections et non ceux qui ont pris les armes. Gafisi n’est d’aucune utilité pour Terminator, Terminator n’est d’aucune utilité pour une possible restoration de la dignité du Congo et du Congolais. Il n’est d’utilité que pour Joseph Kabila et James Kabarebe qui ont en commun une allergie eruptive à un leadersdhip fort à l’Est de la RDC. Puisqu’un leadership charismatique à Goma et Bukavu suffirait pour changer le tableau. La force militaire des Makenga, Mucyo, Faustin, etc… parle d’elle-même. Joseph Kabila et James Kabarebe, si l’on s’en tient à leur modus operandi, maintiendraient un Ntaganda en vue de l’utiliser pour continuer le plus longtemps possible d’essayer de diviser les tutsis d’une part, et de l’autre essayer de faire croire que la cause qu’ils ont commence n’est que minoritaire.

Si tel est leur plan, il est voué à l’échec malgré tout. Ntaganda n’a pas de crédibilité, pas même chez ceux qui l’ont suivi. Il pourrait peut-être bénéficier de l’appui de ceux qui ont exproprié et continuent d’exproprier le peuple dans le Masisi et le Rutshuru. Et plus Kabila et Kabarebe cherchent à entamer l’unité des tutsis en RDC, plus celle-ci grandit en RDC et ailleurs, de telle sorte que l’appui à Nkunda se solidifie chaque jour qu’il passe en prison. Donc la crédibilité de Ntaganda est nulle, la manière dont les accords d’Ihusi laisse son insurrection en dehors des affaires en est une autre prevue. Il devient aussi de plus en plus evident que la cause de Nkunda est vraiment congolaise. C’est donc inutile de la reduire seulement au cas des refugiés quoi que celui-ci est aussi important. Si quelqu’un doute de l’erosion de la crédibilité de Ntaganda, il faut lui raconter la toute dernière episode. Il lui a été demandé de produire 1000 miliaires pour le défilé des festivités autour du cinquantenaire à Kinshasa. Il a d’abord voulu savoir ce que Makenga aurait répondu à une telle invitation. Un non bien sûr. Et là lui aussi a dit non. Le non de Makenga n’est pas un caprice. C’est juste un rappel de l’échec concocté à Sun City et qui n’est pas encore rectifié. Les questions politiques pendantes de la RDC datent de là. Elles sont incontournables pour la paix et le développement de la RDC. Kabila et Kabarebe peuvent continuer leurs manigances, l’histoire va les rattraper. A propos, je rêve de discuter avec Makenga les loopholes de Sun City, mais à Mushaki, when, God knows, mais cela arrivera. Je pense que les stratèges militaires et les analystes politiques free lance ont quelque chose en commun.

Si Ntaganda n’est plus d’utilité pour Kabila et Kabarebe, il est néamoins devenu un danger, au moins pour Kabila. Je me demnde si celui-ci ne devrait simplement pas laisser les gars de Moreno Ocampo le cueillir. Il sera bien traité à la Haye, en Hollande il y a même de bien belles vaches s’il se porte assez bien pour mériter un tour au pays du fromage Gouda, l’original qu’on imite à Masisi.

Je disais tantôt que l’appui à Nkunda se solidifie. A propos, son procès a été renvoyé à Mars. Mais il a été demandé, de la part du pouvoir rwandais, à son avocat de reflechir et proposer une possible voie de sortie. Il est bien disposé l’avocat de faire cela j’imagine, mais il lui faudra exiger des garanties sûres et certaines. Le Rwanda doit vraiment trouver une très bonne voie pour libérer Nkunda. Son arretation a prouvé à suffisance qu’il n’est pas le problème pour la RDC. C’est plutôt son géôlier, l’autorité qui l'a arrêté qui se montre au jour le jour comme un problème aussi bien pour le Rwanda que pour la RDC. L’image exemplaire du Rwanda que tous les bailleurs de fonds ont l’habitude de citer est sérieusement entamée. La tentative de négocier le retour des refugiés n'y change rien. D’ailleurs cs refugiés l’ont bien signifié à la delegation tripartite: les mensonges ne suffisent pas, ils ne peuvent pas rentrer sans la paix et la sécurité, et sans le garant de ces deux éléments rares, Laurent Nkunda. Je dois filer, je corrige les fautes d'orthographe demain, et je dois avouer que mon français devient de plus en plus pauvre à force d'utiliser d'autres langues! Sorry!

Thursday, 18 February 2010

JUSTICE ACCORDING TO KABILA (FROM THE GUARDIAN)

CONGO CONFLICT: 'THE TERMINATOR LIVES IN LUXURY WHILE PEACEKEEPERS LOOK ON

The UN mission in Congo is the world's largest peacekeeping operation, costing $1.35bn a year. But instead of putting an end to an epidemic of rape and murder, the force is accused of actively supporting those it was meant to bring to justice



David Smith in Goma
guardian.co.uk, Friday 5 February 2010 18.58 GMT
Article history

Bosco Ntaganda, the leader of the Congo rebels, at his mountain base in Kabati

Bosco Ntaganda, the Congo rebel leader whose forces are accused of atrocities while fighting under the banner of the national army in an arrangement backed by UN peacekeepers.

At first glance there is nothing disturbing about the man playing tennis on the red clay courts of the Hotel Karibu. Other guests in the grounds of the hotel walk serenely across its manicured lawns, dine in thatched-roofed rondavels, or sip drinks while admiring Lake Kivu.

But the casual sportsman in this oasis of luxury amid the poverty of Goma, in the Democratic Republic of the Congo, is a man the United Nations would prefer did not exist at all.

Bosco Ntaganda is wanted by the international criminal court (ICC) in The Hague for allegedly conscripting and sending into battle children under the age of 15. He is also accused of commanding troops responsible for the massacres of ­civilians, earning him the nickname, The Terminator.

Yet Ntaganda, believed to be 36, not only remains at liberty but serves as a general in an army that has the full backing of the UN's peacekeeping mission in Congo, known as Monuc. He is the personification of what critics say is a "pact with the devil". While the eyes of the world are distracted by wars in Afghanistan and elsewhere, many believe the thickly forested hills of eastern Congo are witnessing another shameful chapter in UN peacekeeping that ranks alongside the impotent displays in Srebrenica and Rwanda.

LOSS OF TRUST

"I can't trust Monuc any more," said a nurse who was last month robbed at gunpoint as she tried to reach injured civilians. "We asked them for help but they said it was not their job. We asked for a convoy to accompany us to the village but they did nothing to protect us."

The nurse, who did not want to be named for fear of reprisals, is employed in Goma by the Heal Africa hospital which treats many victims of the violence and was visited by the US secretary of state, Hillary Clinton, last year. But not even a hospital is immune to the lawless excesses of the Monuc-backed Congolese army.

"Two men in uniforms came from a maize field and stopped our car," said the nurse. "One of them came with a gun and pointed it at us. They asked where we were going and we said we're nurses going to Nyanbanira. They told us to give them $1,000; if not, they would burn the car.

"We told them this is an emergency car and we're going to look for injured villagers, but they wouldn't accept it. They opened the door and took the driver. They took all the money, food, documents and tools. They could have killed us. It's only God's miracle that we are still alive."

She said that the incident happened near Monuc base. "But when we called them to say we've been looted, they said, 'This is not our job.' It's not the first time they've failed to help us. I don't see what they're doing in eastern Congo."

With a force of 18,500 blue helmet-wearing troops in Congo, the UN has assembled the biggest peacekeeping operation in the world at a cost of $1.35bn (£865m) a year. Monuc has been providing rations, transport, fuel and firepower to the army of the Congolese government (FARDC) in its operations against an exile Rwandan Hutu militia group, the Democratic Liberation Forces of Rwanda (FDLR), some of whose leaders took part in the 1994 genocide in Congo's neighbour.

But the Congolese army stands accused of atrocities against the people it is meant to be protecting. In a series of damning reports, Human Rights Watch has documented hundreds of killings and thousands of rapes. Some of the deaths have been particularly vicious: civilians decapitated, chopped by machete, beaten with clubs, shot as they fled or burned alive in their homes. Most of the victims were women, children and elderly people.

Several NGOs such as Oxfam have joined Human Rights Watch's condemnation of Monuc for supporting an army with blood on its hands.

A leaked report from the UN-mandated Group of Experts found that the military operations had "exacerbated the humanitarian crisis". Writing in the Guardian last year, Eve Ensler, the author and founder of V-Day, a global movement to end violence against women and girls, claimed that "UN peacekeepers [Monuc] are not passively standing by and watching the massacres, but are actually supporting the perpetrators."

There are political reasons why the Congolese army is falling so dramatically short of military discipline. It had been fighting, and losing, against the renegade general Laurent Nkunda, a Tutsi warlord thought to be sponsored by Rwanda. But a year ago Congo and Rwanda struck a secret deal that led to his arrest.

Nkunda's militia group, the National Congress for the Defence of the People (CNDP), was abruptly legitimised and absorbed by the Congolese army. Together they would turn their guns on the FDLR. It was a necessary compromise, says the UN, because it might finally give the government enough strength to bring order to this vast and chaotic country.

"The realignment of the CNDP was probably the most significant development here for 15 years," said Matthew Brubacher, a Monuc political affairs officer. "Last year, before the agreement, the CNDP almost took over Goma. If you can't beat them, you might as well have them. You can't defeat them militarily so what's the choice? Would the NGOs prefer an autonomous military group to continue to be stronger than the army?"

DIFFICULT MERGER

But the merger has been far from smooth, with many former CNDP members refusing to give up their old ways.

Lyn Lusi, Heal Africa's British-born programme manager, said: "In the peace process they took all the bandits and the militia and the killers from every single group and put them into a uniform, and said, 'You are now the official army.' So what do you expect?

"I know that the professional soldiers in the FARDC are disgusted by this. They are now being lumped together with bandits and killers. There are good professional soldiers in the FARDC and they are longing for opportunity and help to clean up their army."

She added that the UN mission did not fully understand the reality on the ground. "I think Monuc were not aware of what everybody in Congo was aware of," said Lusi. "They make desktop solutions. They're sitting in their offices all around the world saying let's do this, let's support the national army. But anybody who knew the national army well would have said that's not enough."

The tensions have been exacerbated by jealousy over ranks, lack of training and a failure to pay many former CNDP soldiers, who subsequently returned to looting. Monuc claims it is working to resolve these problems.

In the village of Kanyabayonga, a lieutenant-colonel in the Indian army which, with more than 4,000 troops in Congo, makes up the biggest UN peacekeeping contingent in the country, said: "There was an issue about the integrated people not receiving salaries. One battalion rebelled, started firing one night and burned three houses. Our commander stayed overnight to speak to the soldiers and the matter was resolved."

The colonel, who wished to remain anonymous, added: "The FARDC realised they had to pay soldiers. So the generals are reacting to these issues. Things are changing on the ground but the training will take time."

But for another village, Luofu, 90 miles north of Goma, that discipline can not come soon enough. Last year around 1,000 houses were burned down by FDLR rebels, leaving people with only the hybrid Congolese army to turn to. Gilberd Bouyenge, a Catholic priest, said that now the villager's predicament was little better.

"There is no other army so we must trust them. Some of them rape, but not all of them," he said.

Monuc has tried to monitor the army's behaviour more closely, though its peacekeepers are spread thinly in an area the size of California.

In Luofu, Kyalwahi Daniel, who was forced to stand outside his home while inside his wife was raped by rebels, said the peacekeepers' presence was making a difference. "Since Monuc is here, the army soldiers are afraid of intimidating civilians," he said. "They know people will go to Monuc and it will send a bad report to their commander."

DISPLACED PEOPLE

There are tentative signs that the worst may be over. Peacekeepers on the ground claim they have seen violence decline during the past six months, and that the Congolese government and military command are finally treating sexual violence seriously by catching and punishing offenders.

UN figures show that the number of internally displaced people in North Kivu province declined from 1.1 million last July to 709,000 by the end of December. Official repatriations of Rwandans trebled last year as more FDLR rebels surrender.

The group's strength is estimated at around 4,000 and the FDLR is said to still be in control of many mining areas, benefiting from Congo's mineral wealth.

Congo's president, Joseph Kabila, has declared that the war is "90% over"‚ and has called for Monuc to leave in time for the 50th anniversary of the country's independence from Belgium in June. That seems wildly optimistic. Monuc has just begun a revised mission that, mindful of past criticisms, will only support the Congolese army on operations it helps plan.

Alan Doss, the British-born head of Monuc, acknowledged that the Congolese army was guilty of human rights abuses.

"Yes, elements of the Congolese army, in particular some of the newly integrated elements, have been involved in atrocities," said Doss. "We ourselves have reported on that and made our concerns known to the Congolese armed forces and above, and we've withdrawn support from the unit where these claims were made."

Asked if Monuc had been too hasty to throw its weight behind the army, he said: "Who knows, maybe when you look back a few years from now, you'll say yes, there were mistakes made, we were aware this was being rushed.

"But it's given the context where we found ourselves. We need to remember the [UN] security council had been pressing the government to deal with the CNDP rebellion and also deal with the FDLR."

Doss added: "Any operation is going to have, unfortunately, an impact on the civilian population. The issue is what are we trying to do here.

"Of course we don't find any satisfaction whatsoever in people being killed and women being raped, but this part of the country will never be at peace unless we deal decisively with armed groups and yes, of course, instil discipline in the FARDC."

Yet still Ntaganda, wanted for war crimes, is active in an army that is supported by a UN peacekeeping force. "We've made it clear that we will not have anything to do with him and we haven't," said Doss. "Ideally all the people who were involved in human rights ­violations will be handed over but remember where this country is ­coming from. You can't deal with everything immediately. We have to be realistic here. The integration process is still a work in progress."

Some would characterise this as pragmatism in a country wracked by war for generations, while others regard it as a very dirty compromise.

Kabila, however, does not try to finesse the situation in his country. The Congolese president has admitted, bluntly: "Why do we choose to work with Mr Bosco, a person sought by the ICC? Because we want peace now. In Congo, peace must come before justice."

Friday, 12 February 2010

LES RIVALERIES REFONT SURFACE

Il se peut que Gafisi soit venu à Goma dans l’espoir de décrocher quelques miettes de postes ministériels à Kinshasa. Il a sans doute misé sur le fait qu’en principe la majorité présidentielle est sur le point de se réunir, mi-février, et pourra entre autres statuer sur l’entrée du CNDP dans l’alliance ou pas. Cela au niveau du sommet de l’Etat ou du moins au niveau du parti au pouvoir. Au niveau provincial par contre, il y a un peu de cacophonie, ce qui présage que l’incertitude finira par devenir le sort de Gafisi dans son aventure, qui à mon avis n’est qu’une tentative de perpétuer une trahison, ça ne porte pas bonheur. Quelle cacophonie observe-t-on au niveau provincial ? Un meeting entre le gouvernorat et l’équipe de Gafisi y compris Ntaganda aurait eu lieu, histoire de convaincre celui-ci de lever ses barrières. Of course il n’est pas pour. Mais que lui offre Paluku en échange ? Je n’en ai pas une seule idée. Vous vous souvenez qu’il y a une procédure pendante contre Paluku devant la justice à Goma n’est-ce pas ? Si la justice fonctionne comme au Rwanda dans le cas Nkunda, le Gouverneur n’a rien à craindre, ceux qui sont au pouvoir gagne en vertu de la raison d’Etat !

Cependant, il faut reconnaitre que ce n’est pas facile d’être le Gouverneur du Nord-Kivu quand le processus d’intégration des groupes armés reste une illusion, même si on se contente de considérer l’intégration terminée, ce n’est que théoriquement, d’ailleurs le recensement pour l’intégration prévue n’a jamais été effectué sur l’ensemble de la province. La Monuc, pour se donner à faire, est favorable à une intégration en situ, dès que la partie gouvernementale semble plancher sur son obsessionnelle idée de brassage. D’autre part, selon la Monuc et Eusec, il y a une certaine réticence de la part du Chef de l’Etat Major à continuer à intégrer des militaires de l’Est de la RDC, car cela rendrait plus faible la composante de l’Equateur. On ne sait, par ailleurs pas qui a vraiment le contrôle du commandement des FARDC sur les troupes (toutes origines confondues) déployées sur le terrain.

A ce stade vous vous demandez bien pourquoi rivaleries dans le titre. C’est qu’on a fait tant de bruit autour de Nkunda en disant qu’il était le problème, quand en fait il est la solution. Voilà le problème en dessous de tout ceci et qui n’apparait pas trop au grand jour. Le processus de la paix au Kivu depuis la conférence de Goma et le fameux défunt programme Amani se joue entre deux factions également coriaces autour du président Joseph Kabila. Il s’agit de la faction Malu Malu et de la faction Raymond Tshibanda. Les deux hommes et leurs factions s’occupent de la conduite des travaux du comité national de suivi de l'accord de
Ihusi. Tshibanda en est le président et Malu malu est son second. Le premier ayant plein à faire au sommet, n’arrive pas à faire le suivi de manière permanente quant à de la mise en oeuvre de l'accord signé avec les différents groupes armés y compris les forces de Terminator. Une manne pour Malu malu qui se voit en position de combler le vide et de manière tout à fait légale. En réalité Tshibanda s’inquiète des allures indépendantistes de Malumalu qui semble tout faire pour échapper au contrôle du ministre. Bien plus, il croit que Malumalu aurait l'intention de faire échouer le processus comme il en a été le cas avec le programme Amani.

C’est ici que les rivaleries se définissent car, 'à l'époque de la Conférence sur le Kivu, il existait deux camps autour de Kabila qui s'affrontaient ouvertement toutes armes permises: d'un côté il y avait Malumalu, Denis Kalume et Vital Kamerhe, tandis que de l'autre il y avait Raymond Tshibanda et Marcelin Chishambo. Après l'échec du programme Amani de Malumalu, le camp de Raymond Tshibanda a pris les affaires en
mains avec les négociations de Nairobi et le coup monté contre le CNDP. Il s’en félicite parce qu'il estime avoir réussi sans faute. En le supplantant dans l’imbroglio d’Ihusi, Malumalu serait en train de s’attribuer des dividendes que Tshibanda croit lui être dues, c’est pour cela qu’il serait prêt à lui faire la peau, à l’abbé, je veux dire. On en aura vu de toutes les couleurs.

Il y a un autre abbé dans les parages donc, lisez dans cela ce que vous voudrez. C’est l'Abbé Bahala, qui est le porte-parole du comité de suivi des accords d’Ihusi. C’est lui qui a signifié à Gafisi que ces accords n'ont jamais prévu des postes au sein du gouvernement en faveur du CNDP, que le gouvernement actuel appartient
à ceux qui ont gagné les élections et non à ceux là qui ont pris les armes et qui doivent être récompensés pour avoir tué des congolais. Je ne comprends pas cet homme, mais je ne sais pas comment le Rwanda lui a fait croire qu’il ferait quoi que ce soit pour sauver ces maudits accords ! Ils sont maudits parce qu’ils sont le fruit d’une trahison.

PASSPORT: ACKNOWLEDGING CREDIT WHERE IT IS DUE

J'ai posté une fois quelque chose sur le flou qui régnait autour du passeport bio-métrique congolais. J'ai même perdu 250 euros pour avoir essayé d'introduire la demande d'un nouveau avant l'expiration de l'ancien. Cela se passait en mars 2008. Envoi du fric à un avocat de confiance, attente interminable, demande d'une prorogation sur un passeport déjà expiré, ce qui fut fait par l'ambassade du pays hôte, voyages à l'étranger avec toujours l'explication suspicieuse (surtout à Doha ou à Washington où ils prennent du temps à découvrir que le code de notre pays c'est COD) du genre "regardez à la page 23 svp, c'est là que se trouve la prorogation en vigueur" etc...

Tout cela a changé depuis un peu avant Noel 2009: la grande nouvelle, l'ambassade a l'équipement pour faire la capture de données pour le passeport bio-métrique. Il faut juste remplir un formulaire, passer l'interview et avoir les fameuses attestations de nationalité et de bonne vie et moeurs, bien sûr payer 175 US$. Et c'est ici que les surprises commencent: le payement se fait à la banque, vous venez juste avec un bordereau du versement!!!!! Yes!!! Il y a des moments absolument rigolos quand on remplit le formulaire car si cela fait longtemps qu'on est hors du pays, c'est facile de trouver des gens qui ne savent plus à quoi correspond le secteur, le district, le territoire, etc. Ce qui m'a sauvé, c'est ma carte verte, eh oui, celle du MPR quand nous faisions tous partie du parti-Etat automatiquement. Un employé local n'en revenait pas et se demandait comment tous ces congolais qui remplissaient la salle d'attente pouvaient être dans le noir quand aux informations relatives à leur lieu d'origine. Il a fallu lui expliquer que chaque nouveau régime a tendance à changer ces choses, ce qui lui a semblé encore plus absurde.

De toute les façons, une fois toutes ces formalités achevées, il fallait attendre, je me préparais à attendre au moins trois mois, mais voilà. J'ai retiré mon passeport hier. Il porte la date précise du 26 janvier, ce qui veut dire que la procédure a pris moins d'un mois! Chapeau pour les employés de l'ambassade, je leur enverrai un gateau d'encouragement.

Saturday, 6 February 2010

NORBERT NKULU OU LA DIPLOMATIE DELAVEE

La diplomatie n’a plus son éclat d’antan quand les ambassadeurs étaient pratiquement des princes. Elle a complètement perdu son verni particulièrement dans la RDC de Joseph Kabila. Dans le temps, le travail des diplomates, leurs négociations étaient tout un art ! Ceux qui aiment l’histoire se rappellent de ce qu’un type comme Metternick pouvaient faire pour l’Europe des Conventions entre Etats. Elégance, éloquence, conviction pouvaient masquer une poursuite féroce d’intérêts impériaux, coloniaux et j’en passe. Aujourd’hui nous assistons à une diplomatie affairiste qui ne craint pas de se salir les mains directement ou de les tremper directement dans le sang des milliers de peuples innocents. C’est le cas de l’activité de ce que j’appelle une excroissance de la diplomatie faisant ici allusion aux représentants de différents organismes internationaux. Ils ont carrément supplanté les professionnels du domaine. S’elle est devenue affairiste à une degré inconnu avant au niveau mondial, à l’échelle nationale, en RDC, elle accuse un manque de lustre sans précédent. Norbert Nkulu en sait quelque chose. Comme vous le savez, c’est lui l’ambassadeur désigné par la RDC pour Kigs.

Vous savez bien que l’intérêt de ce blog est surtout de vous parler de ce que les journaux et autres sources de nouvelles passent sous silence sciemment. Qui n’a pas applaudi le croque en jambe fait par la RDC et le Rwanda à la diplomatie avec un semblant de décence qui se déroulait à Nairobi en janvier 2009 ? Aujourd’hui on l’applaudit encore si j’en crois le communiqué fait à Addis Abeba lundi dernier. Je vous en transcris quelques extraits. « [Le mini sommet] a accueilli avec satisfaction l’amélioration des relations entre la RDC et le Rwanda et le renouvellement de leurs relations diplomatiques et de coopération. Ils ont en outre exprimé leur satisfaction de voir que la coopération existante a accordé des opportunités pour la mise en œuvre des programmes de la CIRGL et de la CEPGL sur la paix et la sécurité et le développement économique et l’intégration régionale respectivement.

[Le mini sommet] a exprimé leur satisfaction et encouragé la coopération existante entre la RDC, l’Ouganda, le Soudan et la République Centrafricaine dans la lutte conjointe contre l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) en vue de mettre fin à la présence des forces négatives au sein de la Région des Grands Lacs.

[Le mini sommet] a accueilli avec satisfaction les efforts consentis dans la poursuite et le déracinement des rebelles du FDLR dans les deux Kivu ainsi que l’engagement de la communauté internationale à arrêter les leaders des FDLR dans la diaspora et ainsi déstabiliser le réseau existant ».

Seulement voilà, les relations diplomatiques entre la RDC et le Rwanda se réduisent aux déclarations d’intentions. Car, les medias n’en parlent pas, mais Norbert Nkulu a plié bagage et est rentré à Kinshasa. Les raisons de sa rentrée ressemblent en apparence à un caprice. Il parait que c’est une question de maison. La RDC aurait insisté pour récupérer la propriété qui servait d’Ambassade avant la rupture diplomatique. Pourquoi s’est-il obstiné quand le pays hôte avait, parait-il, signifié à la RDC que cette propriété était hors de portée pour de raisons de sécurité. Elle serait trop voisine du quartier général d’où opère le chef de l’Etat à Kigs ! Le Rwanda cependant s’était engagé à compenser notre ambassadeur, ce qui semble être une question pendante, moyennant quoi, Nkulu et ses gars se sont fatigués d’habiter un hôtel. Ils ont plié bagage. Est-ce là une raison suffisante de plier bagages diplomatiques ? Si vous voulez mon opinion spéculative, non. Il doit y avoir anguille sous roche, et peut-être un bien gros. Nous verrons. En tout cas, les plus perdants de cette mascarade diplomatique, c’est la population kivutienne car elle n’a pas de paix. Les FDLR ne sont pas plus inquiétées qu’elles ne l’étaient hier. Au sein de la population, les tutsis congolais sont ceux qui paient le prix le plus élevé simplement parce qu’ils portent encore l’étendard d’une révolution silencieuse que tout citoyen kivutien et congolais devrait mener contre un leadership disposé à pérenniser une corruption de système et de principe, de part et d’autre de la frontière. Les tutsis congolais sont la cible des Nokos de Kigs quand ceux-ci veulent satisfaire les caprices du rais. Observez ce qui se passera avec Nkulu…

On n’a pas eu le temps de discuter la sortie de Gadi Ngabo qui veut s’approprier de la cause de Laurent Nkunda. Il opère de l’Uganda où l’on dit qu’il a été et peut-être est encore membre des services de sécurité là-bas. S’il se permet de faire des sorties pareilles c’est d’abord pour montrer combien Kabila est mensonger : il ne contrôle pas l’Est du pays si Gadi a le contrôle d’Ishasha. Il ne contrôle pas le pays sauf si c’est par FDLR interposées car celles-là sont présentes au Kivu tant au Nord qu’au sud. Si l’on poussait la spéculation plus loin pour voir dans la déclaration de Gadi l’appui de l’Uganda, cela voudrait dire que le communiqué d’Addis-Abeba est aussi vide. N’importe quel gars armé avec l’appui d’un pays limitrophe peut faire sauter toutes ces sornettes dont on se félicite à Addis. Si l’on pense que Gadi aurait des relations proches avec un Ntaganda… Tout ceci pour montrer, une fois encore et je ne cesserai de le faire, que les revendications de Nkunda, ce que son mouvement négociait avant la mascarade d’Ihusi en mars dernier, demeure la question politique à résoudre. Et Nkunda la personne clé. En contournant cette réalité, on a créé un imbroglio plus complexe et on ne peut pas s’étonner qu’un Louis Michel débarque encore à Kin pour donner un coup au timon du bateau de Kabila, mais ce ne sera pas dans la direction qui profite au pays ou au peuple. Vous verrez. Est-ce que les Nokos de Kigs pourraient supporter un soulevement du coté d’Ishasha avec l’appui de l’Uganda ? Ne serions-nous pas plutôt devant un autre Kisangani si une éventualité pareille prenait forme? Who knows ?

On parlera du communiqué d'Addis Abeba bientôt. Un ami me l'a envoyé. J'ai aussi l'intégralité du texte par lequel Olosegun Obasanjo et son ami Mkapa viennent rendre tablier dans l'affaire du processus de paix en RDC. Mais ils se sont tous les deux déclarés disponibles au cas où l'on aurait besoin d'eux car, comme ils le reconnaissent, il n'y a pas encore de paix en RDC. Quel échec, mais c'est bien là une diplomatie sans lustre n'est-ce pas?

Friday, 29 January 2010

25 MILLIONS DUS A L'ENTREPRISE DE DAN GERTLER (DGI)

Il y a du bruit du côté de la commission des finances de l'assemblée nationale. Le problème est celui de toujours: des engagements jamais honorés. Il s'agit de l'argent que la MIBA, qui appartient à 80% à l'Etat congolais, doit à Emaxxon une filiale de la DGI. Vous pouvez avoir des nouvelles mises à jour sur ce sujet si vous consultez avec fréquence le site de AfricaminingIntelligence. Obscurité quand il s'agit de passation de marché. Y a-t-il quelque audit qui fonctionne en RDC? Mystère. Il semble que trois députés du PPRD veulent demander des explication, et c'est presque certain que c'est là une peine perdue. Et on n'entendra pas parler de cela sur les journaux pprdistes. Pendant ce temps, Makonda Bonza, Senateur de ses fonctions, a pris la peine d'expliquer à son parti comment, pourquoi et à quel point la RDC est devenu un paradis fiscal pour tous les maffieux qui ne se préoccupent même pas de blanchir leur argent sale. Ceci non plus ne peut être trouvé que sur des sources de nouvelles indépendantes, loin du joug kabiliste.

On le voit bien, les nouvelles importantes ne font pas la une. Mais elles doivent persister pour éveiller les quelques consciences qui restent! Il y a toujours un petit reste du peuple. C'est donc ainsi que des nouvelles à propos de Laurent Nkunda doivent aussi persister. Quoi dire après presque dix jours où il m'a été impossible de trouver une minute pour faire un posting. Les bribes d'information qui généralement me permettent de construire mes spéculations pragmatiques s'accumulent. Je ne sais par où commencer.

Une année entière en résidence surveillée, Nkunda doit reapparaitre de plus en plus dans les nouvelles. D'abord parce que son emprisonnement est un abus grossier des droits de l'hommes, en échange de ce que les congolais appeleraient simple cop ya mbongo entre Kabila et son mentor de la RDF. Juste pour cette raison, il faut en parler. Mais il y a plus. La cour suprême a encore une fois différé son procès, pour la simple raison qu'elle n'est pas indépendante des mêmes forces qui le détiennent, pas de doute là-dessus. Ceci m'interesse minimement vous le savez déjà. Par contre ce qui se trame m'interesse. Et comme je n'ai aucun moyen de le savoir, je ne peux qu'interroger l'expérience. On l'a gardé si longtemps au frais parce qu'il a une qualité extraordinaire, celle d'unir du monde autour de la cause. Et c'est pour cette raison qu'aujourd'hui j'aimerais surtout exploiter l'idée de la division des tutsis qui semble faire partie de la stratégie d'un establishment rwandais effarée à outrance par la simple idée des tutsis unis à d'autres congolais pour la reconstruction de leur pays.

Voilà un danger à écarter et voilà à quoi semble travailler la main invisible ou par trop visible dans la destabilisation de l'Est, en tout cas en sa phase la pire, c'est-à-dire depuis janvier 2009. Où est l'évidence de la division? Je dois filer dans dix minutes donc ne pourrai pas aller au bout de l'argument. Il s'agit du discours qui fait la différence entre les bagogwe et le reste de tutsis d'abord, ensuite la différence entre les bagogwe de Masisi et ceux de Jomba-Rutshuru, et au sens plus large la division entre les tutsis ougandais, burundais etc... Où cela mène-t-il? A un Ntaganda qui a été littéralement erigé contre Nkunda, le choix de Munyampenda et maintenant Gafisi, la chasse aux bagogwe refugiés à Gishwati depuis l'époque de l'arrivée des interahamwe au Kivu... Je sens cette division, que je n'ai jamais vue, accroitre de jour en jour dans les media étrangers, de jeunes journalistes européens ou américains nés il y a 20 ans vous en parlent avec une verve et une assurance teintées du radicalisme encyclopédique d'un Voltaire, mais au moins Voltaire était intélligent quoi que méchant. A quoi rime toute cette sarabande qui atteint de nouvelles proportions au long de l'emprisonement de Nkunda? Qui divise normalement veut détruire ou règner par la peur et la force. Mais je crois que dans le cas qui nous occupe, la division peut se retourner contre son auteur, car elle peut fédérer les mécontents dont le nombre aussi peut augmenter.

Voici ce qu'un ami me disait récement à propos de tout ceci. Je lui disais que je ne pouvais pas déviner comment le peuple rwandais, en tant que peuple, digérait le fait d'être devenu le policier de Joseph Kabila pour martyriser un Nkunda qui n'a jamais voulu aucun mal ni au Rwanda ni au Congo. Il ne pouvait simplement plus croiser les bras d'un combattant devant l'échec du leadership en RDC. Mon ami me disait que sans pouvoir le dire ouvertement, les gens au Rwanda ont compris que "Kabila se moque aujourd'hui des fameux Nokos or (Afandes), car en acceptant de faire sa police dans leur propre pays et en arretant Nkunda, une division assez remarquable et manifeste se lit au sein des Tutsi(du Congo, du Rwanda, de
l'Uganda, du Burundi...), tous detestent ce qu'ils ont compris: que 'ezalaki nde coop ya mbongo entre James et Kabila'. Ceux qui ont joué aux policiers en janvier 2009 ont mis leur chef devant un fait accompli par un complot mensonger et à une vitesse de croisiere, tous ont compris qu'il y avait aucun plan d'interet du peuple rwandais par rapport à l'arrestation de Nkunda. Aujourd'hui le leadership est ridicule devant le peuple tutsi, ce qui profite à Kabila qui se satisfait d'avoir contribué à diviser davantage son adversaire, le tutsi congolais qui n'hesite pas à questionner son regime". C'est clair.

On entend dire que le secrétaire général du commonwealth qui était recemment à Kigs a insisté sur la revision d'un système judiciaire qui laisse à désirer. S'il y a une opposition au Rwanda, mais une opposition constructive, elle a pas mal de cartes à exploiter la veille d'une election générale. Ce que j'aime bien c'est que faire partie du commonwealth va aider à placer tous ces coins obscures au grand jour. Deux derniers petits points. Et d'un James Kabarebe pourrait-il réellement apparaitre dans le box des accusés? Pas bon pour le panache militaire et cela montrerat des cracks dans la clique qui constitue le solide noyau du régime. Donc, pour Nkunda, une alternative doit etre trouvée, laquelle, nous verrons. Et de deux, Gafisi veut 5 postes ministeriels dans le remaniement hypothetique de Kabila. L'Abbé Bahala a été chargé de lui dire clairement qu'il faut oublier une telle revendication car meme le PPRD qui est au pouvoir n'en a pas. Mr l'Abbé leur a dit que si l'on trouve un chien ayant monté sur un arbre, c'est que le proprietaire qui l'a fait monter est dans les environs. Au lieu de lui jeter des pierres, il faut chercher le propriétaire pour qu'il le fasse descendre car un chien ne peut pas monter sur un arbre seul. Alors ils sont demoralisés au faux CNDP. Ils l'auront cherché non?

Thursday, 21 January 2010

LA TRAHISON A-T-ELLE UN PRIX ?

Il y a une certaine confusion ou est-ce un certain embarras. Chez les afandes de Kigs je veux dire. De Kigali. Avec leur prisonnier Laurent Nkunda. Celui-ci a donné une sorte de manne à certains journalistes, ce qui a réjouit les lâches du leadership kinois. Il aurait dit qu’il serait prêt à l’exil, à la Haye ou même devant je ne sais quelle cour à Kinshasa. Mende a tout de suite parlé aux journalistes de ces propos. C’est étonnant, les journalistes aimeraient beaucoup que Nkunda parle. Un d’eux m’a demandé la semaine dernière pourquoi il ne proclame pas son mécontentement. Il disait presqu’innocemment quelque chose dans le genre « je ne comprends pas, je ne sais pas si Nkunda est furieux ou content, s’il fait réellement partie du ‘plan’ ou s’il est vraiment là contre sa volonté ». Les journalistes pensent toujours qu’il y a ‘un plan’, parce qu’au-delà des sentiments de Laurent Nkunda, ils n’ont jamais compris les raisons des réactions de Kigs. A la recherche du sensationnel, ils n’ont pas compris pourquoi le Rwanda, au lieu de préciser ouvertement s’il appuyait la rébellion de Laurent Nkunda ou pas, il l’ait arrêté. Pourquoi le rapport de l’ONU publié à la fin de l’année 2008 a-t-il piqué si furieusement la hiérarchie militaire rwandaise qui, généralement exécute les ordres politiques venus d’en haut, au point de la pousser à prendre une mesure négative sur tous les plans. Remarquez que le « en haut » peut dire quarante milles sphères de décisions que vous et moi ne pouvons que soupçonner sans jamais pouvoir mettre un doigt dessus. Cependant, la sphère directement concernée c’est bien les Nokos de Kigs. La question maintenant est celle-ci : ont-ils un plan pour sortir de l’embrouillamini créé par eux-mêmes avec l’arrestation du général Nkunda ?

Le seul plan qu’il devrait y avoir devrait être le résultat d’une analyse objective des relations entre la RDC et le Rwanda depuis leurs accords secrets. Ces « maudits » accords ont créé une complication politico-diplomatique dont, peut-être, les meneurs de l’arrestation de Nkunda ont négligé l’importance. Pour assouvir une soif de gains individuels et une influence néfaste sur le Kivu, les accords secrets et leurs opérations connexes ont démontré qu’aussi bien à Kin qu’à Kigs, on a toujours mal calibré les revendications politiques pour lesquelles la rébellion du général Nkunda se battait et se bat encore. La conséquence des manigances autours des accords secrets est maintenant étalée aux yeux de tous : je parle de la paralysie complète du processus de paix au Kivu et partant en RDC et dans la Région d’une part, et de l’abus des droits de l’homme ourdi contre le général Nkunda dans un pays qui veut apparaitre aux yeux du monde comme étant le pays le plus progressif dans ce sens en Afrique. La paix au Kivu, je l’ai dit mainte fois ici, est plus grande que les intérêts de quelques chefs militaires, politiques, ou commerçants outre-frontière Est de la RDC. En la paralysant, l’insécurité s’est amplifiée ainsi que la pauvreté qui l’accompagne. Le nombre des déplacés atteint des proportions exponentielles. Personne ne négocie plus rien du côté d’une administration des affaires publiques qui sont des affaires du peuple (abandonné). On est bien forcé de découvrir une vérité aussi évidente que l’emplacement du nez sur un visage. Les accords secrets relevaient du gangstérisme et n’ont rien résolu. Le bande putschiste de Ntaganda peut vous le confirmer : elle cherche encore quelques miettes à Kinshasa, mais elle serait bête de croire que miettes il y aura. Et dire que c’est cette bande là qui était « le plan ».

Le panorama aujourd’hui démontre que les Nokos de Kigs n’ont plus de plan. Mais est-ce que cela justifie qu’ils continuent de violer les droits et libertés fondamentales de quelqu’un qui, comme eux veut un avenir meilleur pour son pays ? Leur système judiciaire controlé par les commanditaires de l’arrestation de Nkunda n’a pas su lui rendre justice et ne le saura pas d’ailleurs. Je dis cela pas pour décourager quelques « faint hearted » lecteurs, mais juste pour exprimer l’évidence. Maintenant le meeting entre Kabila et Kabarebe a eu lieu. What next ? Etait-ce une occasion de chercher un compromis sur la question politico-diplomatique lourde de conséquences que représente la personne de Laurent Nkunda ? En ce moment nous ne le savons pas. Ayant joué les policiers de Kabila pour arrêter Nkunda, il ne devrait pas leur être si compliqué de lui faire voir qu’en réalité, tous ont besoin de Nkunda libre et en RDC, au Kivu. Et cela pour relancer le processus de paix. L’année 2009 a amplement confirmé qu’il est plus que chef d’une rébellion, il est un acteur politique indispensable. Les Nokos à Kigs ne devraient ni se plaindre de l’arrogance de Kabila ni négliger la cause politique plus ample pour laquelle il faut libérer le prisonnier. Il faut être pragmatique jusqu’au bout. Il n’y aura pas de paix sans le retour de ce gars et seuls ceux qui sont aveuglés par des intérêts égoïstes ne le comprennent pas.

D’autre part, à Kigs, on doit se mettre bien en tête, j’ai envie d’écrire ça en majuscules, que ce n’est pas en divisant les tutsis que le leadership se maintiendrait, se pérenniserait au pouvoir. Réflexion osée mais vraie sans doute. Et que les policiers de Kabila prennent note. A Kin, on panique et avec raison. Les hauts gradés du CNDP ont poliment et fermement décliné une invitation qui les appelait à participer aux soit-disantes concertations sur l’évaluation de Kimia II. Pourquoi évaluer une opération disqualifiée et remplacée par une autre ? Ce refus doit être pris tel qu’il est, un signal fort en direction de Kin, mais indirectement aussi à Kigs. Le sérieux de la situation doit peser dans la balance des discussions entre Kabila et Kabarebe et leurs équipes. Puisque la libération de Nkunda est une donnée clef dans l’imbroglio des relations entre le Rwanda et la RDC pour un problème exclusivement congolais mais avec des implications lourdes sur la région, la raison doit primer sur l’orgueil de ceux qui ont fait un très mauvais pas en l’arrêtant. La stabilité de la région est bien plus importante que des « egos » quelque peu démesurés. Les deux pays doivent faire montre, pour une fois, de prudence en traitant le cas Nkunda, car il ne s’agit pas seulement d’une personne mais du gros problème de leadership. Endémique à Kin et problématique à Kigs. Le seul prix à payer pour la trahison du 22 janvier 2009, c’est juste un sacré coup assené à l’orgueil, cet ennemi mortel de l’homme!

Friday, 15 January 2010

QUELQUE CHOSE DE SINISTRE EN PREPARATION

Apparement des raisons d'ordre étatique auraient empêché l'assigné en justice de se présenter pour le procès entrepris par les avocats de Laurent Nkunda devant la Cour Suprême de Justice du Rwanda. Toutefois, il aurait déclaré sa disponibilité dès après une date précise, le 26 février. Je n'ai pas beaucoup de détails pour la simple raison que je n'ai pas encore cru que la justice rwandaise aurait suffisament d'indépendance pour libérer un innocent arrêté pour une raison d'Etat. On devrait dire "des Etats". C'est cette "incroyance" à moi qui explique pourquoi je me suis si peu intéressée aux péripéties de ce procès. Que prépare-t-on avant le 26 février?

Voici ce que j'en pense: la précision de date peut simplement confirmer que les mêmes agents qui ont arrêté Nkunda achètent du temps, je devrais dire choisissent de temporiser pour préparer, sans doute aucun une ou des manoeuvres sinistres. Il se prépare quelque chose. Quant à savoir si c'est une bonne ou mauvaise chose, seul l'avenir nous le dira.

Mais que dit l'expérience? L'experience dit qu'un leadership charismatique, congolais et tutsi de surcroit n'est pas bien vu à Kigali, surtout pour les agents chargés de faire ce que les anglophones appellent "the dirty job". Cependant, le temps change. Tout le processus de paix dans la région a été serieusement endommagé par la stratégie à vision courte et erronée dont les accords d'Ihusi sont l'expression la plus éloquente. Ce n'est pas de cette façon-là que les relations régionales prendront une voie saine. Tout au contraire. Je disais que les temps changent, les mentalités aussi, surtout celles qui se disent développées ou progressives. D'où ma conviction qu'il est temps pour Kigali de se défaire de la technique "dirty job" avec Nkunda. Le libérer le plus tôt possible, sans créer d'autres manoeuvres sinistres sans plus serait comme restorer l'organe qui manque à la reprise d'un vrai processus de paix. Espérons que je me trompe quand je spécule sur ce qui se prépare entre aujourd'hui et le 1er mars prochain! Bon weekend chers lecteurs!

Thursday, 14 January 2010

SACRE KAREL DE GUTCHT: SES ACCUSATIONS CONTRE LA RDC AURONT-ELLES PESE SUR LE SUCCES DE SON ORAL EUROPEEN?

De Gucht réussit son grand oral européen

Rédaction en ligne

mardi 12 janvier 2010, 18:07
Le nouveau commissaire européen au commerce, le Belge Karel De Gucht, a passé mardi matin avec succès son audition devant les eurodéputés. Malgré quelques critiques isolées, il devrait être confirmé dans ses fonctions.
Lire aussi : De Gucht dénonce la politique de change chinoise / Catherine Ashton confirmée sans enthousiasme

Le futur commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, a affiché un style fort peu diplomatique mardi, dénonçant la Chine pour sa politique de change et maintenant de récents propos controversés contre la République démocratique du Congo.

M. De Gucht, ancien chef de la diplomatie réputé pour ne pas avoir la langue dans sa poche, a estimé que “la sous-évaluation de la monnaie chinoise constitue un problème majeur” et qu’il était “clair” qu’il “s’agit d’une politique délibérée” de Pékin, après une audition devant le Parlement européen.

Les Européens se plaignent régulièrement de la sous-évaluation du yuan, qui dope les exportations chinoises sur les marchés mondiaux. Ils lancent fréquemment des appels aux autorités chinoises pour qu’elles laissent leur monnaie s’apprécier par rapport au dollar.

Mais ils se gardent en revanche habituellement de mettre en cause directement le caractère “délibéré” de cette sous-évaluation.

Autre sujet sensible: M. De Gucht a indiqué qu’il n’allait “rien changer” à des propos controversés sur la République démocratique du Congo (RDC), qui lui ont valu d’être déclaré persona non grata par Kinshasa et ont provoqué une mini-crise diplomatique entre Bruxelles.

“D’ailleurs, je ne pourrais pas le faire, puisque (...) j’ai parlé au nom de la Commission” européenne, a-t-il dit.

En décembre, M. De Gucht, actuellement commissaire au Développement, avait mis en doute devant le Parlement européen l’efficacité de l’aide à l’ex-colonie belge, en dénonçant les insuffisances du pouvoir en place.

Interrogé pour savoir si cela n’allait pas handicaper ses relations avec la RDC en tant que commissaire au Commerce, il a répondu que “si les autorités congolaises veulent me parler du commerce, elles peuvent aussi venir à Bruxelles”.

Le commissaire désigné a aussi rejeté d’emblée l’idée d’une taxe carbone aux frontières de l’UE, défendue par la France pour protéger les entreprises européennes faute d’accord mondial sur le climat. “Je ne suis pas pour”, a-t-il dit.

Sur un autre sujet, le libéral flamand s’est par ailleurs dit “confiant” dans la possibilité de conclure les négociations dites du “cycle de Doha” à l’OMC sur la libéralisation des échanges mondiaux, estimant qu’il fallait “essayer de conclure cet accord le plus vite possible”.

Il a cependant dit ne pas savoir s’il sera possible de parvenir à un accord avant 2011, tout en estimant qu’il “ne fallait pas changer le mandat” de négociations maintenant.

Les députés européens se sont montrés mitigés après cette audition, les socialistes et les Verts regrettant notamment son manque d’engagement pour intégrer les questions sociales ou environnementales dans le champ commercial.

“Dans une telle période de crise, la croissance économique ne peut pas être seulement mesurée en termes de volumes d’échanges commerciaux”, ont souligné les socialistes européen dans un communiqué.

“On nous avait prédit un libéral avec des convictions. On a le libéral qui nous explique clairement qu’il est là pour négocier les accords de libre-échange. Mais on a pas vu les convictions”, a déploré de son côté à l’AFP l’eurodéputé Vert français Yannick Jadot.

(D’après AFP)