Monday, 14 January 2013

MUTATION REPTILIENNE DE LA MONUC

Babacar Gaye dit que la force neutre de la CIRGL va être assimilée dans la MONUSCO, parlons en. L'annonce est faite au moment où la France entre officiellement en guerre au Mali confirmant, d'après l'association Survie-France, sa fonction de gendarme en Afrique. http://survie.org/francafrique/mali/article/la-france-intervient-au-mali/  Et ne croyez pas qu'il n'y ait pas de lien entre les deux réalités. Ce sont les mêmes tireurs de ficelles. L'intervention française au Mali se fait sur décision de l'ONU comme par hasard. Outre-atlantique, d'aucuns croient que montrer du muscle au Mali serait le chant du cigne de la françafrique, pas sure mais jugez vous-meme: http://www.opednews.com/articles/The-Last-Gasp-Of-Fran-afr-by-Gary-Busch-130115-88.html. L'ONU sert très bien la cause de toutes les dents longues qui la financent. C'est à se demander pourquoi la France n'a pas encore décidé de remplacer la Monusco par ses propres paras. Est-ce à cause de l'opération turquoise de triste mémoire? Si vous surfez le site de Survie, vous y verrez des choses intéressantes confirmant la nouvelle colonisation dont je suis plus que convaincue. Mais pourquoi la Monusco a-t-elle besoin d'une mue reptilienne maintenant et pourquoi cette mue doit être la force neutrale dont on parle depuis Kampala? Il faut se poser toutes ces questions afin de découvrir aussitot que possible le moment où la CIRGL va devenir l'instrument facilitant la mue. Pour une fois qu'un bloc regional semble engagé dans le sens de trouver la paix, la diplomatie française à l'ONU doit nécessairement inventer un moyen de tronquer le processus. Quel mandat aurait une force neutre dissoute dans la Monusco: un mandat de paix, ou un mandat de compliquer la guerre davantage? Décidement tout n'est que question. Si nous tenons compte du fait que les FDLR sont les grands béneficiaires de tous les attermoiments à Kinshasa, des méandres des négociations à Kampala, ainsi que l'appui que la Monusco leur accorde toujours, on comprend qu'au fond c'est toujours la stratégie des vautours qui prend le dessus. Les FDLR n'ont pas que l'appui de la Monusco. Ils ont aussi l'appui de Masunzu dans le Sud-Kivu et généralement de tous les commandants FARDC avec lesquels ils collaborent soit contre la population congolaise, tutsie ou pas, soit dans le plan à long terme d'attaquer le Rwanda.

Si les manigances des vautours torpillent Kampala comme le suggère la possibilité de dissoudre la prétendue force neutre dans la Monusco, nous serons bel et bien devenant l'échec de toute tentative de paix. Et les gains du M23 risquent d'être gaspillés encore une fois. Jusques à quand les tireurs de ficelles se moqueront-ils de la bonne volonté et l'attachement à la paix de ces soldats qui ont combattu avec Nkunda et maintenant combattent avec Makenga. Dès qu'ils admettent une trève pour donner la chance à des négociations, les mains invisibles des vautours préparent une autre manière de faire réculer leur cause. Espérons que ce n'est pas le cas maintenant. Cependant, je n'ai pas de foi particulière en la délégation RDC plus perdiemiste que pacifique. J'espère sincerement que quelqu'un peut arrêter la mue annoncée car le reptile risque demeurer le même.


Friday, 11 January 2013

REINVENTER LA NARRATIVE POUR COLONISER MIEUX

Heureuse année 2013 à tous, surtout à Laurent Nkunda.

J'ai pratiquement perdu le fil des événements depuis la prise et ensuite l'abandon de Goma. Tout s'est passé bien vite. Et le cours actuel des choses suggère la vieille tactique des vautours: donner l'impression d'appuyer des négociations entre le gouvernement et les rebels, pendant qu'au même moment on classifie ces mêmes rebels sous la même catégorie que les criminels à solde de l'homme fort de Kin, les FDLR et autres malfrats etc... Comme si cela ne suffisait pas pour discréditer n'importe quelle prétention de négociations, Kin recourt à la SADC qui partage les intérêts de tous ordres avec lui. Typiquement Kabila de vouloir engager deux blocs régionaux pour compromettre déjà la direction de toutes voies de solutions. Ceux qui connaissent les manoeuvres de grands maçons en Afrique Centrale ont compris immédiatement pourquoi le brazzavillois est entré en scène. Mais vous me direz qu'il ne s'agit là que de farfalues théories de conspirations internationales sans fondement. Soit, n'empêche qu'avec tout cela nous nous trouvions en présence de filets de maille bien empêtrés ou ce que les anglophones peuvent appeler "a spaghetti situation". Enfin on verra bien ce que produira la CIRGL ou la SADC.

Je m'interesse davantage à la constante reinvention de la narrative du conflit dans les Kivus par les vautours, pour qui il ne s'agit pas vraiment des problèmes politiques internes à la RDC, bien que souvent causés par les vautours; pour eux il ne s'agit pas de la dysfonctionalité endémique au régime des deux Kabilas, impossible à dissocier des précédents connus; il ne s'agit pas non plus de la canaille corporatiste qui finance aussi bien l'ONU que les milliers d'ONGs parasites. Pour les vautours il s'agit simplement et toujours d'une seule chose, ou mieux d'un seul groupe ethnique: le tutsi. Voilà ce qu'ils en disent: http://www.npr.org/2013/01/05/168678907/congos-tutsi-minority-enveloped-in-complex-conflict?ft=1&f=1004

Et puisque cette narrative fonctionne bien pour la canaille et leur homme de main à Kinshasa, les tutsis troublent la démocratie kabilienne, c'est à en rire. Une démocratie qui, en 15 ans a détruit plus que le despote Mobutu en 32 ans. Mais ne nous fachons pas, les experts qui inventent la narrative pour les vautours sont non seulement ignorants de la réalité qu'ils prétendent connaitre, mais aussi sont trop inexpérimentés et trop attachés aux salaires exhorbitants qu'ils gagnent pour si peu d'effort, au mépris de la vie des populations entières, au mépris de l'histoire et au mépris de la science. Malheureusement pour la population congolaise, c'est leur expertise que la canaille corporatiste utilise pour décider notre destin sans nous. Raison pour laquelle, en ce moment les français qui ont le monopole des missions de paix de l'ONU parlent de l'usage des drones dans l'Est de la RDC. http://www.washingtonpost.com/world/national-security/un-seeks-drones-for-peacekeeping-missions/2013/01/08/39575660-599e-11e2-88d0-c4cf65c3ad15_story.html

Si la CIRGL s'y oppose, on criera aux tutsis. Même le congolais dont le sort ne saurait être amélioré par l'introduction de cette nouvelle technologie de guerre sera le premier à demander davantage de drones à l'ONU, sans se rendre compte qu'il cède par là toute souveraineté possible, avec ou sans tutsis. N'est-ce pas cela que Kabila fait depuis 2001? Céder la souvaireneté du pays au plus offrant. Et pourquoi les pays de la région ne devraient-ils pas s'opposer à une telle abdication? A qui profite-t-elle? Les raisons cachées derrière la demande des français d'utiliser les drones en RDC devraient être dénoncées par tous (http://www.newtimes.co.rw/news/index.php?i=15234&a=62709) y compris les congolais, mais helas!

Monday, 26 November 2012

POINTS DE REPERE EN TEMPS INCERTAINS

Les temps qui courent sont incertains, mais ils ne peuvent que présager des lendemains meilleurs. Je me suis abstenue de spéculer sur ce blog depuis trois mois car les tireurs de ficelles et les ficelles elles-mêmes ainsi que l'interminable marche du Kivu vers la paix devenaient plus opaques que jamais. Comme l'histoire est toujours en marche, il faut savoir en lire les signes. Ceux du présent ne peuvent servir à rien pour le future sans intérroger le passé. Le passé de la situation du Kivu étant de longue date, j'ai cru que commencer par quelques points de repères d'un passé aussi récent que janvier 2009 pourrait servir de lien. Je propose un ancien post dans les lignes suivantes:

http://mushakipager.blogspot.com/2009/10/lisez-laurent-nkunda.html

Monday, 13 August 2012

PORQUOI FAIRE LA GUERRE QUAND ON N'A PAS D'ARMEE?

Roger Meece, Lambert Mende, Raymond Tshibanda et le rais lui-même croient qu'accuser Kagame et annoncer la fin de son régime par le journal de Modeste Mutinga mettra fin à l'instabilité en RDC. Pourtant, tout le bruit qu'ils font, visant à amener les vautours à trouver une raison de planifier un autre genocide juste pour procurer du boulots aux ONGs parasitaires, soi-disant humanitaires, ne les empechent pas de continuer à opter pour une guerre contre le M23. Mais pourquoi faire la guerre quand on n'a pas d'armée? A suivre

Wednesday, 8 August 2012

SOMETHING IN THE AIR

I will post soon, just need a bit of quiet time to put elements together for readers of this blog. In the meantime read the link below. Of course the UN is going to act as spoiler, that what it has been for this continent all along. And sorry to say it, but there is no pacifying the East of the DRC while demonizing constantly the only ones who dare to challenge Joseph Kabila and have also challenged Rwanda, though they have paid dearly for doing both. They will emerge, because it's about their land and the future of their children, not of the UN or of the US Department of State or the pseudo-experts-cum-pseudo-academicians! Will write in French in a bit and with more analytical details.


http://angeloizama.com/2012/08/06/type-of-regional-force-for-eastern-drc-proves-sticking-point-at-kampala-summit/

A la fin, pas eu le temps de faire l'analyse, par contre je viens de recevoir un document qui en demande davantage, mais il est tard. Je le copie ici. L'analyse sera pour demain.




Communiqué officiel N°0024/M23/2012
La Coordination du Mouvement du 23 mars vient de prendre connaissance des résolutions issues du sommet des Chefs d’état et de gouvernement de la Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs tenu à Kampala du 07 au 8 Août 2012. Pour le Mouvement, il s’agit là  des avancées notables dans la résolution de la crise à l’Est de la République Démocratique du Congo réalisées en un temps record ; ce dont il se félicite.
En effet, il est désormais clair, pour les chefs d’état et de gouvernement de la CIRGL, que le Mouvement du 23 mars n’est pas une force négative, au contraire, un partenaire pour la paix. Ils ont décidé l’arrêt des hostilités, la possibilité d’infliger des sanctions au contrevenant de la trêve de fait observée actuellement sur la ligne de front, l’intervention humanitaire en faveur des déplacés et autres victimes de la guerre, etc. Bref, autant des mesures positives qui dénotent, non seulement, la maîtrise par les chefs d’état et de gouvernement de la CIRGL de la problématique sécuritaire de l’Est de la République Démocratique du Congo, mais également, et surtout, leur détermination à stabiliser définitivement la Sous-région des Grands-Lacs.
Tout en exprimant ses remerciements aux Chefs d’état et de gouvernement de la CIRGL pour le choix judicieux de leur pair devant assurer le suivi de des résolutions ainsi édictées, la Coordination du Mouvement plaide en faveur d’une solution politique qui intègre tous les groupes d’autodéfense populaire que compte la République Démocratique du Congo en vue d’une solution globale et définitive de la crise.
La Coordination du Mouvement demande aux chefs d’état de la CIRGL d’instaurer un mécanisme efficace de vérification sur la ligne de front en vue de garantir la quiétude pendant toute la durée des tractations politiques devant amener à un cessez-le-feu permanent.
Fait à Bunagana, le 08 Août 2012

Saturday, 4 August 2012

NETHERLANDS' AMBASSADOR CLARIFIES MATTERS

SENT TO ME BY A FRIEND!


Rwanda’s rebuttal to the addendum to a UN Group of Experts interim report linking Kigali to rebels in the neighbouring Democratic Republic of the Congo (DRC) is “very serious and satisfactory”, the outgoing Netherlands Ambassador to Rwanda, Frans Makken, said yesterday.

He was briefing journalists shortly after bidding farewell to President Paul Kagame at Village Urugwiro.

On Monday, the government submitted to the UN Sanctions Committee its response to the allegations by the Group of Experts (GoE) on the Congo weeks after the highly contentious addendum was published without Rwanda’s input.

“It is important to note that Rwanda is taking this issue very seriously; we think that Rwanda has made an extremely serious response to the UN Experts report. They have satisfied us in rebutting the various allegations,” said Ambassador Makken.

The Dutch envoy added: “Of course we still have the issue of M23 (rebels) but we are following the negotiations that are going on closely, we saw them in Addis Ababa, we know that in Kampala there will be the next high-level meeting and so far Rwanda has been extremely open to all kinds of monitoring of the border, of revamping the joint verification mechanism with the Congo, to a regional force, whatever can bring a solution Rwanda is open; so we welcome this constructive attitude”.

The Kampala meeting, due next week, will bring together Heads of State from the International Conference on the Great Lakes Region (ICGLR), as part of continued efforts to help address the latest crisis which has seen the M23 rebels seize parts of eastern DRC, with thousands of Congolese fleeing across the borders to Rwanda and Uganda.

One of the proposals on the table is deployment of a neutral force along the Rwanda-DRC border, whose mandate would include disarming armed groups in the region, including M23, as well as the Democratic Forces for the Liberation Rwanda (FDLR) militia, composed of elements who are largely responsible for the 1994 Genocide against the Tutsi in Rwanda.

Makken also dismissed media reports that his country was among the development partners that suspended aid to Rwanda in the wake of the allegations.

“What happened is that the Dutch Government decided it will not make any decision on aid until Rwanda pronounces itself on the UN accusations…We sincerely hope that in the coming weeks we will see developments that would make us simply decide to go on with our usual programmes with Rwanda. And the discussions that are going on are for the budget support – that is also true with other donors – the rest of the support programmes are ongoing,” he explained.

Last week, members of the GoE on the Congo visited Kigali to get Rwanda’s side of the story.

Reports had indicated that the Netherlands had suspended budget support assistance of $6.15 million to the Rwandan justice sector.

“Technically, we have not suspended our aid to Rwanda; you suspend aid if you are due to pay something and you delay the payment. There were no payments due, so we have not suspended aid, we are delaying any decisions on aid payments pending the reply of Rwanda to the UN report of Group of Experts,” Makken explained.

The GoE allegations have come under increasing scrutiny after documents were widely circulated indicating that the group’s coordinator Steve Hege long  harboured anti-Rwanda views and instead had a soft spot for the FDLR, a blacklisted terrorist group.

The views are contained in several publications by Hege himself, including a February 24, 2009 article in which he argued, “The FDLR have not constituted a military threat to Rwanda for over five years…The FDLR would rather wait for political negotiations when international opinion eventually sours on the Rwandan regime”.

Meanwhile, the Dutch diplomat observed that during his four-year tour of duty, the long term relations between Rwanda and The  Netherlands were generally good despite a few ups and downs.

“During our meeting, the President made a statement about a hurricane that comes and blows everything away and at the end passes, leaving you to pick the pieces and continue with your life. I would make the same comparison about my stay in Rwanda. Our relationship has been bumpy sometimes, but generally it has been good. Despite criticisms, Rwanda has deservedly remained on the list of the 15 nations meriting assistance from the Netherlands,” Makken said.

“Rwanda has earned it, the projects we have in this country are very successful and effective”.

He cited cooperation in the area of justice, particularly on efforts to bring to justice Genocide fugitives.

Back home, Makken was appointed as the inspector of all The Netherlands Embassies globally.

http://www.newtimes.co.rw/news/index.php?i=15074&a=56731

Tuesday, 31 July 2012

UN POUVOIR SOUS LE CONTROLE D'ONG

C'est incroyable mais bien vrai, ce que Kinshasa fait militairement, diplomatiquement et même politiquement, si l'on peut dire, est dicté par la bande de malfaiteurs sophistiqués qui se cache derrière le masque d'ONG, pseudo-experts et/ou pseudo-academiciens de tous bords. Mais Kinshasa n'est pas la seule capitale dont la position devient de plus en plus opaque à cause de ces nouveaux acteurs maffieux qui nous font regretter presque que les Metternich de ce monde. Metternich travaillait aussi pour des intérêts impérialistes, sans le degré d'hypocrisie d'aujourd'hui. Je dis que Kinshasa n'est pas seule car il y en a qui parlent déjà de la schizophrénie diplomatique de Washington. En voici les termes: "L'administration américaine a bien essayé de contenir la crise congolaise, mais ses timides tentatives ont accouché d'une diplomatie schizophrène et totalement inadaptée. Cette diplomatie alimente un conflit au long cours, et n'est nullement parvenue à mettre un terme aux tueries. C'est peut-être dans l'espoir de remédier au peu d'attention que son administration a témoigné à l'Afrique —dans son ensemble— qu'Obama a dévoilé, le 14 juin, une nouvelle stratégie visant à renforcer les institutions démocratiques, à encourager la croissance économique, à faire progresser la paix et la sécurité et à promouvoir le développement économique dans la région". Schizophrénie donc quand on pense à l'appui que Kinshasa reçoit de Washington dans la forme de la pression qui s'exerce aujourd'hui sur le Rwanda, accusé par  Washington et d'autres capitales occidentales d'être la cause des malheurs de la RDC. C'est de mauvaise foi, tout comme la soi-disante democratie en RDC dont on parle après le hold-up électoral de Novembre 2011.

L'espoir que les congolais placent dans entre mains des autres pour résoudre leurs problèmes est incroyable. Ils attendent peut-être qu'après le retrait de l'aide militaire américaine - sanction imposée au Rwanda la semaine dernière-, les américains viennent si pas exterminer les tutsis congolais pour eux, au moins venir ériger un mur infranchissable pour éviter toute balkanisation possible. Comme s'il y avait balkanisation! C'est un mythe qui tient l'imaginaire congolais dans un trou noir. Personne ne veut balkaniser, juste le droit de developper le potentiel régional pour en faire profiter à la province et au pays, au lieu de quelques maffieux. Attendre que Washington délivre Kabila du M23, c'est oublier que les américains eux-mêmes aiment provoquer des conflits armés sous pretexte de promouvoir un processus démocratique. Rien de nouveau.

J'espère que cette fois-ci Kabila et ses alliés par ONG et pseudo-experts interposés ne commettra pas l'erreur de penser que le M23 n'est qu'une simple force négative. Ce serait une grosse erreur car il aura encore une fois oublié qu' "un gouvernement inepte, qui fait preuve d'un manque de leadership, ne dispose d'aucune vision clairement définie, et souffre d'une totale absence de légitimité au lendemain du fiasco des élections présidentielles de 2011" constitue le vrai problème de la RDC que le M23 veut bien l'obliger à reconsidérer. Plus il évite d'y faire face, moins il peut controler quoi que ce soit. Et pas seulement lui. Regardez la MONUSCO: elle est aussi enlisée que Kabila. Les FARDC sont complètement démoralisées. Qui combat pour Kabila alors? Eh bien la force de paix de l'ONU qui a cessé d'être neutre. Et partant, elle est devenue partisane. Par conséquent il faudra lui imputer les exactions et tueries des FARDC et des FDLR, puisque les trois forces collaborent et pour combattre le M23, et pour s'attaquer aux civils, surtout s'ils ont un faciès nilo-hamitique.

Que font les diplomates qui, jadis, auraient intervenus pour pousser à négotiation politique? D'après un journaliste qui les a percés à jour "ce cocktail de problèmes est renforcé par un corps diplomatique apathique, dont chaque membre est bien plus motivé par les intérêts à court terme du pays qu'il représente que par la perspective d'une stabilisation durable du Congo et de l'Afrique centrale". Voilà ce qu'il dit de Johnnie Carson par exemple: "La rhétorique du département d'Etat est pessimiste. Johnnie Carson, secrétaire d'Etat adjoint pour l'Afrique, évoque ainsi la taille du Congo, ses problèmes insolubles, le manque de fiabilité du gouvernement de la RDC en tant que partenaire.

Puisque les diplomates ne servent plus, qui les remplacent? "Des ONG, des universitaires et des militants sont venus combler ce vide diplomatique. Mais la plupart d'entre eux évitent de s'attaquer aux causes fondamentales des problèmes du pays.Leur rhétorique met l'accent sur deux symptômes d'un mal bien plus vaste: la violence sexuelle et les conflits liés aux ressources minières. C'est là une simplification excessive du problème; elle laisse entendre aux contribuables et aux donateurs américains qu'une fois ces violences sexuelles et ces conflits endigués, le Congo reprendra le chemin du progrès, puis celui de la paix. Cette vision réductrice est erronée, et elle a donné naissance à plusieurs initiatives inefficaces. Prenons l'exemple de l'article 1502 de la loi de réforme financière de 2010. Elle exige de la Securities and Exchange Commission qu'elle s'assure que les compagnies américaines ne s'approvisionnent pas en minéraux provenant des zones de conflits congolaises (et plus précisément des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu). Ceci constituerait une étape essentielle dans le processus de paix. Comme si la politique pakistanaise de Washington se consacrait soudain exclusivement au conflit du Cachemire. Dès 1994, avec l'exode de près de deux millions de réfugiés rwandais fuyant le génocide, la région du Kivu a été la plus touchée par la violence ethnique, les crimes de guerre, les viols de masse systématiques et le pillage des ressources naturelles. Mais les provinces du Kivu ne représentent qu'un quinzième du territoire congolais, et leurs problèmes découlent de l'incapacité de l'Etat à s'acquitter de ses fonctions. Ces problèmes doivent être traités dans le cadre de l'élaboration d'une politique nationale d'ensemble. Par ailleurs, cette approche (ONG-universitaires-militants) met en avant les côtés les plus sombres du Congo. Elle marginalise le peuple congolais aux yeux du monde; les fait passer pour des incompétents, incapables de résoudre leurs propres problèmes —et devant impérativement être secourus par les bonnes gens du reste de la planète."

Pendant que Kabila se laisse tromper par ces gaillards, le M23 campe de plus en plus proche de Goma. Attendons voir. Les leçons apprises depuis 2009 devraient être bien mis en pratiques... On en reparlera.

Friday, 27 July 2012

LA DIPLOMATIE A PERDU SON VERNI

Les reserves de l'énergie pour le future des super-puissances se trouvent chez nous, tout comme les matières premières y étaient, y compris la main d'oeuvre esclave. C'est pour cette raison que le continent attire les vautours depuis qu'ils ont découvert qu'il existait. La prolifération d'ONGs et experts de tous bords qui a vu le jour à la suite de la chute du mur de Berlin, nouvelle face d'un progressisme s'erigeant en morale, a multiplié les longues mains vautouresques pour manipuler ce que je continue à appeler l'imaginaire faible et recoloniser bien plus efficacement que Leopold II. Tout ce monde est cependant aussi allérgique que lui à tout sursaut de prise de conscience qui sente la résistance. Chaque fois qu'une telle chose apparait la diplomatie, qui aurait en d'autre temps permi un effort de négociation pour trouver des solutions politiques avant de recourir aux solutions militaires, est automatiquement remplacée par l'activisme des lobby de tous genres, avec leurs pseudo-experts, pour ouvrir le pas aux menaces de super-puissances. Au nom de qui? Je ne le sais! Au nom de qui a-t-on bombardé l'infrastructure lybienne, pour la remplacer avec quoi et pour qui? Etc...

Mais là où la diplomatie a vraiment perdu sa splendeur, c'est dans les subterfuges des ONGs déguisés en messagers redempteurs du monde. Vous avez sans doute lu les déclarations de Stephen Rapp, dit Ambassadeur Itinérant pour les crimes de guerres, pour le compte des USA. A ce que je sache, son pays n'est pas partie au traité de Rome instituant la CPI. Mais ce monsieur se croit en devoir de menacer de poursuite devant cette cour des personnes qu'il croit sans doute être sous sa juridiction d'ambassadeur itinérant. Juste pour que nous voyions à quel point les super-puissances sont prêtes à trouver un bouc émissaire sur lequel endosser la conséquence de leurs propres turpitudes. Et nous jouons le jeu. Les journaux congolais applaudissent. Pourquoi Mr Trapp ne poursuivrait-il pas Kabila pour crimes de guerre? N'est-ce pas sous son égide que la force de paix de l'ONU présente au Kivu s'est muée en force de guerre contre une poignée de ceux qui osent être les seuls résistants déclarés contre la dictature kabiliste? Une fois que cette force de paix se soit muée en force de guerre, les résistants attendraient ils qu'elle use de son équipement ultra moderne et sa coalition avec les FDLR combattant avec les FARDC pour exterminer la population et eux avec?

Kabila et l'ONU eux-mêmes devraient faire partie du plan de Mr Trapp pour la CPI. Mais bien sur qu'il n'y toucherait pas car Kabila, l'ONU et Trapp lui-même travaillent pour les mêmes intérêts. Les combattre ou mourir! De toute façon l'alternative qui reste c'est de se faire ultra-recoloniser. Il y a des gens qui s'en accommoderaient et d'autres qui ne s'en accommoderaient pas!

Saturday, 21 July 2012

L'INSOUTENABLE EFFORT DIPLOMATIQUE D'ANTOINE GHONDA

L'idée a été répétée par ceratins avec espoir, par d'autres avec scepticisme, et par Kinshasa avec une joie aussi disporportionnée que suspecte. Vous avez compris, je parle de la force internationale neutre appelée à venir faire le patrouilleur consacré. Mais ce qui est à la base de la jubilation à Kinshasa, ce n'est pas de patrouiller la frontière rwando congolaise. Kinshasa jubile parce que la CIGLR lui a promis que cette force va combattre le M23. Kinshasa jubile parce que Kigali a signé l'accord enterinant cet objectif. Laissons de coté le fait qu'il a été aussi question de combattre les FDLR, ce qui n'est pas un problème pour Kinshasa, si vous vous souvenez bien que ces dernières sont "FARDC", au moins son fer de lance. Soit! Sommes-nous en voie de sortir de l'auberge alors? Eh bien non. Car la force de l'ONU opérant dans le Kivu depuis si longtemps était aussi une force neutre au départ, au moins en théorie.

S'il nous faut une autre force neutre sur une force neutre déjà existante, c'est parce que la première sur le terrain ait échoué lamentablement. Je ne suis pas sûre de ce que Roger Meece est en train de ruminer maintenant. A en croire Tshibanda, Mende et Ntumba Luaba, Meece n'a pas de raison de se préoccuper. D'abord on lui a obtenu une extension du mandat de ses troupes en entretenant la situation qui a conduit au ras-le-bol dans l'armée avec le M23 comme seule branche qui exige de Kinshasa une prise de position pour résoudre l'incompétence politique à l'origine des problèmes politiques chroniques. Ensuite, puisque le patron de la Monusco n'a plus le droit de demander l'augmentation du nombre de ses troupes, surtout à partir du moment où ils ont cessé d'être une force neutre pour s'attaquer aux civiles à Rutshuru et se subsituer aux FARDC pour combattre le M23, voilà que la CIGLR lui trouve une formule. Les ministres congolais qui ont parlé aux médias pendant et après les assises d'Addis-Abeba ont expliqué que la nouvelle force vient compléter la Monusco. "C’est une force additionnelle qui ne vient pas remplacer la Monusco mais compléter ce qu’elle est en train de faire avec un mandat plus actif de contrôler la zone frontalière et de combattre directement" disait Ntumba Luaba, qui du reste pense que la Monusco doit être équipée de tous les moyens d'imposer la paix. Tour de magie donc, le conseil de sécurité n'a pas eu à se déranger, les africains ont offert à la monusco ces moyens dont Luaba parle.

En réalité joindre à la monusco une force neutre pas neutre veut dire une chose certaine: échec sur toute la ligne. De l'ONU et de Kabila. Le problème à resoudre au Kivu n'a qu'une seule voie de solution: discuter avec le M23. Pour ceux qui n'avons pas peur d'être politiquement incorrects, la solution passe par une revisitation du cahier de charges jadis rédigé par l'équipe du général Nkunda. Mais il faut se mettre à la page pour dire qu'il suffirait à Kabila de revisiter les exigence du M23. Au lieu de perdre son temps à faussement accuser le Rwanda juste pour acheter du temps et différer quelque chose qu'il faudra affronter tot ou tard. Ceux qui savons la cause pour laquelle nous battre sommes convaincue qu'elle va au-delà de solutions militaires, neutres ou pas. D'ailleurs qui saurait être neutre militairement? Ceux qui doutaient de la position du Rwanda encore ont dans la signature d'Addis Abeba une preuve. Les experts de l'ONU qui combattent ce pays par le truchement du leadership faible et corrompu de Kinshasa iront chercher ailleurs la base de leurs accusations fausses qui ne servent qu'à crétiniser le pouvoir à Kin.

De ce qui précède il est facile de conclure que le périple africain de Ghonda pour glaner l'appui des chancelleries africaines à cette force de CIGLR soit un périple inutile et insoutenable. D'abord aucune solution militaire ne résoudra l'instabilité politique nulle part. Voyez l'Afganistan, l'Irak, et la tragédie somalienne... Ensuite la diplomatie kinoise n'a ni l'expérience ni la volonté politique, encore moins les moyens pour convaincre les autres pays africains de contribuer avec des troupes ou avec du financement généreux. Sauf si Ghonda est en train de promettre à tous qu'ils viennent empocher l'or brut, le diamand brut, le petrol brut, le gaz brut, la forêt vierge etc. Payment en nature quoi, ou en contrats, un peu la même chose. Peut être kabila est vraiment en train de regretter Katumba, parce que dans peu de temps, les choses pourraient partir en lambeaux. Pas dans le sens de la secession, mais ... attendons voir, mais on peut attendre longtemps, et avec le temps les choses prennent des tournures bien inattendues! En plus Ghonda doit être prudent, n'avons-nous pas assisté cette semaine à un spectacle inédit, je veux dire les tomates et chaussures lancés sur le cortège de Hillary Clinton en Egypte?

Saturday, 14 July 2012

ENTRE EVENEMENTS ET NON EVENEMENTS

 Les Nations Unies qui portent malheur à la RDC sont encore à l'oeuvre. Un fait à constater à partir de la fébrile activité d'un organisme créé sous l'égide des Nations Unies et de l'AU à savoir la ICGLR. "La Conférence internationale des grands lacs veut mettre sur pied une force internationale à déployer le long de la frontière entre le Rwanda et la RDC pour lutter contre l’activisme des groupes armés dont les FDLR et le M23". Selon moi cette force internationale ne verra pas le jour . Premier non événement.

Si la ICGLR était disposée à reétudier la question à partir du point où l'ont laissé Olosegun Obasanjo et Benjamin Mkapa, il y aurait peut être événement! Mais... http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120713151238/rwanda-paul-kagame-joseph-kabila-rdcrdc-rwanda-s-il-continue-kabila-perdra-les-kivus.html

Retour des soldats FARDC de leur fuite en Uganda pour occuper les territoires desquels se sont retirées les forces du CNDP/M23. http://radiookapi.net/actualite/2012/07/13/rdc-retour-de-500-militaires-policiers-qui-avaient-fui-en-ouganda-apres-lattaque-du-m23-bunagana/. Second non événement puisque le M23 avait clairement interdit ce retour. "Nous avons publié un communiqué où le chef militaire du mouvement enjoint ces unités fardc de quiter ces entités, cela est suffisant. Si les fardc n'obtempèrent pas, la coordination militaire [du M23] prendra ses responsabilités" me renseigne-t-on du front. Et puis...http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120713124842/rebellion-kinshasa-fardc-gomardc-les-mutins-du-m23-refusent-le-retour-de-l-armee-dans-les-villes-de-l-est.html

Nouvelles charges contre Bosco Ntaganda par la CPI, au même pieds d'égalité que le génocidaire chef des fdlr!!! Les vautours sont comme le diable: ils ont des idées fixes et usent toujours des mêmes tactiques, mais toujours erronées. Heureusement que nous savons ce que ces nouvelles charges signifient: les nouvelles charges ainsi que l'arrestation de Ntaganda ne constituent qu'un seul et même pretexte pour Kin de mobiliser la communauté des vautours contre la question politico-militaire en cause à l'Est de la RDC, question que le M23 pose de manière plutot évidente. Le nouveau mandant ne changera rien ni à la situation de Ntaganda et moins encore à la volonté de Kin de l'arreter. Donc pour le M23 comme pour le pays des ignorants qu'est la RDC, ce mandat est un non-évement.

Evénement: Puisque la Monusco s'est muée en force activement combattant la population civile avec preuve à l'appui, le M23 doit demander directement au conseil de sécurité des nations unies de clarifier le statut de la Monusco.  S'elle a cessé d'être une force neutre pour devenir une force offensive, le conseil de securité qui vient de proroger son mandat doit assumer la responsabilité de ce qui peut en suivre. Le fait que la Monusco ne soit plus neutre va automatiquement déterminer la position du M23 vis-à-vis d'elle, de ses installations et de son personnel. Un homme averti en vaut deux.

Aussi longtemps qu'on aborde pas "la faute au congolais" lui-même, l'amnésie historique et la mauvaise volonté politique à Kin et chez les vautours, on differera le conflit mais on ne le reglera pas. Le raisonement style cocktail molotov que les "bien intentionnés" répète ne change pas grand chose! http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=7403. 

Au fond les congolais extremistes se refugient dans le mythique spectre de la Balkanisation, pas parce que l'Est veut se balkaniser ou parce qu'il serait annexé par quiconque. Mais bien parce que Kinshasa ne veut pas appliquer une décentralisation qui bénéficierait aux provinces. Je suis certaine que ni le M23 ni aucune personne issue de l'Est n'est intéressée par aucune division que ce soit. Juste une chance de bâtir ce que le pouvoir à Kin s'est évertué à détruire en utilisant les moyens du pouvoir à sa disposition depuis si longtemps, bien plus encore depuis qu'il est aidé par l'ONU et les fdlr qui partagent leur intérêts sinistres.