Thursday, 15 March 2012

CPI: QUELLE JUSTICE ET POUR QUI?

Les vautours jubilent. Un de ces jeunes journalistes écrivant pour les périodiques américains de Nairobi voulait que je lui envoie un commentaire avec mon opinion sur le procès Lubanga et ce que je pense de la CPI. Le bruit que font les vautours autour du cas m'exaspère. Ce qui explique mon refus de lui parler. Pour moi ils ont bien plannifié le cas. Et ils savaient tous que l'argent investi dans cette cour ne se justifie nullement. La BBC parlait depuis deux jours d'une somme de 900 millions de dolars américains(http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-17364988), juste pour condamner Lubanga, ayant complètement échoué dans le cas des criminels comme le yougoslave dont je n'ai besoin de donner le nom, ou d'autres sanguinaires dans et en dehors de la CPI.

Cette même semaine, les lobbies vautours ont fait circuler une video pour arrêter Kony. Je ne deviendrai jamais un défenseur de Kony, je me voudrai toujours être un défenseur du droit de l'Afrique de s'affranchir et de se libérer. Personne ne doit nous dicter ce que nous sommes et ce que nous devrions être. Et je ne suis pas la seule, il y a des américains qui comprennent aussi bien que moi que ces lobbies ne sont que des vautours et vous pouvez lire cela ici: http://www.mercatornet.com/conniptions/view/10445.

Entre les deux réalités décrites ci-haut, personne n'a besoin d'une interprétation sophistiquée: les vautours qui ont créé la CPI sont les mêmes qui versent les larmes de crocodiles de la video produite pour "sauver" les victimes de la LRA. Ce qui m'intéresse le plus avec le timing de ces deux "non-événements" que les médias vont exploiter à 150% pour leur propres intérêts c'est que les africains que nous sommes soient encore capables de gober ces couleuvres malgré leur taille et leur absurdité. C'est à regretter l'époque de la lutte pour l'indépendance. Nous avons perdu la passion que l'oppression suscite car nous l'acceptons sans broncher. Quand mes collègues Kenyans pensent que leur pays a besoin de la justice de la CPI, je leur demande combien de déplacés de décembre 2007 récupéreront leur terres et leurs villages, ils n'ont pas de réponse. Quand je leur demande la justice de la CPI c'est quelle justice et c'est pour qui? Ils n'ont pas de réponse. Et quand plusieurs d'entre eux m'ont demandé ce que je pense de la condemnation de Lubanga, je leur ai donné la réponse la plus simple: une fausse cour ne peut que donner des jugements faux. C'est cela que la gouvernance des ONG a fait tant à la souveraineté des Etats qu'aux concepts les plus sacrés tel que celui de la justice. Leur euphemisme réduit tout à un vide extraordinaire, pendant que les idéologues derrière tout cela s'enrichissent.

Nos soi-disants experts de l'Afrique vont écrire des commentaires à la video Kony pendant des semaines et même créer des chaires académiques dans des universités américaines pour des sujets tel que les révolutions internets ou "social-media revolutions", et commenceront à offrir des doctorats etc... Ils vont aussi spéculer abondamment sur le cas Lubanga. Je me permets demander à quiconque prend la peine d'ouvrir ce blog de refléchir un peu plus: cette nouvelle colonisation va être pire que la précédente si nous continuons de croiser les bras. Et nous croisons les bras chaque fois que, en tout cas pour ceux qui sommes dans le monde académique, nous nous laissons berner par ces pseudo-experts et suivons leurs tendances sans les mettre en question, comme si notre capacité de penser ne se limite qu'à leur interprétation bidon.

Saturday, 10 March 2012

TEMPS DE TOUT RECOMMENCER

J’entends que les groupes armés dans le Nord-Est et le Sud-Est de la RDC remettent en question une nouvelle fois le régime de Kabila. Quoi d’étonnant. Les lobbies des USA ont convaincu tout le monde que le pays est en paix et que le seul problem qui reste à résoudre ce sont les conflicts d’ordre mineral. Vous comprenez où ceci est sense nous mener. Il est vrai que les resources minérales ont change la perception de la RDC comme pays. Elles l’ont transformée en gateau que ceux qui tiennent les rennes du pouvoir distribuent à ceux qui les maintiennent au pouvoir. Cependant, c’est une fausse perception. Le problème de la RDC demeure l’absence de l’Etat dans laquelle le pouvoir de Kabila se complait et veut se pérpétuer. Puisqu’il en est ainsi, il n’est pas surprenant que les groupes armés et d’ailleurs n’importe quell congolais devrait tout recommencer de nouveau. Recommencer par où? Par une vraie remise en question du pouvoir existant. 

 Il y a des questions politiques historiques pendants que l’on ne peut plus ignorer. Il y a les questions traumatiques liées à la propriété terrienne que les conflits mineraux n’ont fait qu’aggraver. Il y a l’impossibilité d’acceder aux droits socio-économiques qui n’est que la consequence des problèmes ci-indiqués. On ne peut oublier la question des refugiés et des déplacés crées par la presence des FDLR consolidée par l’appui internantional dont beficient ces criminels chouchous de ladite communauté internantionale etc… Il y a aussi la constitution sans substance qui n’est qu’un autre instrument au service du pouvoir. On est litteralement submerge par non seulement une illegitimate incommensurable, mais aussi une absurdité qui défie la rationalité la plus simple. L’échec politique des mecanismes politiques en place en RDC aujourd’hui ne tient pas seulement à la bévure appelée cinq chantiers. Il tient surtout de la faillite complète du point de vue politique, sécuritaire et économique. 

La banqueroute est profonde, les conflits minéraux et le viols de femmes que la communauté international embrasse comme seuls problèmes ne sont que deux aspects d’un échec monstrueux. En fait c’est une vraie révolution qui changerait tout cela. Mais pas une style “printemps arabe” qui n’est qu’une nouvelle forme de servitude. Il faut une revolution de pensée d’abord, pour pouvoir récupérer la liberté de vivre de reconstruire. Et ce n’est pas la section 1502 de la reforme Dodd-Frank prepare dans les coulisses du pouvoir américain, ni les tergiversation de l’OECD, ni l’initiative regional sur les resources naturelles de l’ICGLR qui vont retablir l’Etat, car aucune de ces initiative n’adresse les questions politiques irresolues de la RDC. Généralement ce genre d’initiatives ne font qu’implanter des mecanismes de corruption ne profitant qu’à la clique qui est au pouvoir. La seule voie de sortie c’est que les congolais eux-mêmes prennent la détermination de tout recommencer. C'est interessant de relire cet article et voir combien le pays va à reculons un peu plus vite depuis 2009 sans espoir d'une orientation nouvelle: "http://">"http://http://therumpus.net/2009/01/the-rumpus-interview-with-general-laurent-nkunda/"

Saturday, 25 February 2012

THOMAS SANKARA AVAIT RAISON

“La dette c’est encore le néo-colonialisme ou les colonialistes qui se sont transformés en « assistants techniques ». En fait, nous devrions dire en assassins techniques. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des « bailleurs de fonds ». Un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le « bâillement » suffirait à créer le développement chez d’autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés. On nous a présenté des dossiers et des montages financiers alléchants. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus. La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser.” Les lecteurs qui ne sont pas nés hier reconnaîtront sans doute l’extrait si haut dans le dernier discours de Thomas Sankara à une assemblée générale de la défunte OUA. Le gars avait raison sur le thème de la nouvelle colonisation. Il avait tres bien compris que le continent était déjà hypothèque pour 50 ans. Et il n’a pas eu l’opportunité de voir les pseudo-leaders de la trempe de Kabila. S’il voyait l’Afrique d’aujourd’hui il dirait que les Kabila de ce monde l’hypothèque pour tout un siècle à venir. La reconquête de l’Afrique dont il parlait passe aujourd’hui par les ONG, les experts bidons qui travaillent aussi bien pour des multinationals que pour des interêts politiques étrangers. Ces derniers ont inventé le discours post-conflit sur toute l’étendue de la RDC. Le seul problème dont ils parlent c’est le viol des femmes. Personne ne dit rien sur les multiples déplacés, refugiés, laissés pour compte etc. Ils viennent de déclarer une élection grotesque acceptable. Et maintenant quoi? Le people congolais longtemps traité d’infantile attend, mais quoi. Rien, absolument rien. Et quand un peuple n’attend plus rien de personne, il doit recourrir à ce qu’il a de plus cher et de plus souverain: sa dignite et sa liberte pour s’affranchir. Pour se maintenir a Kinshasa, Joseph Kabila et ses alliés qu’il s’est faits en hypothequant le pays, capitalisent sur la resignation et l’inertie du people congolais. Je suis convaincue que cette resignation n’est pas un socle suffisament solide pour asseoir un pouvoir abusif. Kabila compte aussi sur le fait de ne pas avoir d’opposition du tout. Les dérives théâtrales de Tshisekedi sont comiques, grotesques et derisoires. La seule opposition vraiment menaçante qu’il ait jamais trouvée sur son chemin c’est Laurent Nkunda. L’effort pour neutraliser ce dernier n’a pas résolu ni les problèmes sécuritaires, ni les problèmes politiques. Le dysfontionnement du régime de Kabila contre lequel il s’opposait n’a fait que devenir de plus en plus manifeste au fil des jours que Nkunda passe en résidence surveillée chez les voisins. Le temps vient où Joseph Kabila devra faire face à croisée des chemins et décider. A l’Est la neutralisation des operations des FDLR est encore à l’ordre du jour pour retablir les congolais dans leurs vie quotidienne. La reforme de l’armée est encore le point de départ pour cet objectif primordial. Joseph Kabila ne peut pas ignorer la possibilité d’une opposition armée. Je ne pense pas que son allié Bosco Ntaganda puisse lui être utile dans ce sens. Les raisons d’exécuter son mandat d’arrêt ne manquent pas, notamment dans les affaires liées aux élections. Nous analyseront le discours de Thomas Sankara bientôt.

Thursday, 11 August 2011

POURQUOI LES ELECTIONS DEMEURENT UN EXERCICE FUTILE POUR LE PEUPLE


La petite histoire titrée AKUFA-KALA par l’apostropheur du quotidien “le Potentiel” de Kinshasa ce matin illustre si bien la situation du pays. Elle est complètement différente de celle des cercles politiques quant à eux focalisés sur les élections, particulièrement l’annexe de la loi électorale votée hier par l’assemblée nationale. Nous aurons maintenant 774 sièges, élephantesque!!! A Kinshasa on se félicite aussi de l’organisation d’élections financées seulement par le gouvernement, entendez par là “sans l’argent” des vautours, ce qui n’est pas possible. On se félicite aussi d’avoir une opposition dès lors que le vétéran Etienne Tshisekedi est cette fois-ci sur la scène. Mais je suis certaine que quelque part, à un certain moment il refusera de signer quelque chose, ou n’aura n’autre role que celui de nous faire croire qu’il y avait vraiment opposition.

Cependant l’histoire “AKUFA-KALA” symbolise ce qui se passera: business as usual dans le style kabiliste et vautouresque. La territoriale en conformité avec la nouvelle constitution n’a jamais été mise en pratique. Les élections municipales de  2006 n’ont jamais eu lieu. Les 5 chantiers ont été réduits à quelques kms de routes goudronnées dans une Kin “la poubelle” quasiment érosionnée de partout. On nous dit que l’enregistrement d’électeurs est achevé, mais comment peut-ont enrégistrer les électeurs dans un pays qui n’a jamais procédé à un recencement de sa population? La seule mémoire que j’ai d’un semblant de récencement c’était au début de mes études à la faculté de droit. Si je ne me trompe c’était au cours de l’année académique 1983-1984. Qui ne sait pas la manière dont Mobutu pouvait organiser un exercice comme celui-là quand nous naissions tous membres de son parti? Dans tous les cas, enrégistrer les électeurs quand on ne peut récencer la population c’est de la foutaise, pardonnez l’expression. Kabila finance seul les élections donc, et maintenant la seule chose dont il faut s’assurer, c’est qu’elles soient apaisées. Qu’est-ce qui pourrait empêcher des élections apaisées? Les problèmes de sécurité non encore résolus.

Pendant qu’on assistera à la formation mouvante de différentes alliances qui finiront toutes par rallier la majorité presidentielle (elle le demeure), à l’intérieur des provinces on assistera à la même terreur infligée par les groupes armés à la solde de l’Etat ou d’autres aventuriers. La victoire du président sera déclarée sans rien changer et l’exercice aura été futile comme d’habitude. Il faut cependant fixer l’attention sur la manière dont l’opinion des vautours déjà contruit les concepts pour l’imaginaire congolais. Certains de nos spécialistes du pays parlent du FRF chez les Banyamulenge du Sud-Kivu et, bien entendu du CNDP au Nord-Kivu, juste pour agiter et jeter le spectre d’insécurité sur les Tutsi des Kivus. Pas un mot sur les FDLR et autres oiseaux du même plumage. Pourquoi cette chanson fatiguante? Pour masquer les problèmes politiques ou si vous voulez, de gouvernance, qui n’ont jamais changé. Ces vautours devraient savoir que les conflits armés n’intéressent que les marchants d’armes et n’apportent ni l’ordre, ni la sécurité, encore moins le développement de nos peoples, qui est du reste, la seule chose qui nous importe. Les vautours du côté américains se distinguent entre deux camps… Les élections nous en montrent les couleurs au fil des jours. Observons-les pour comprendre qui tire quelles ficelles.

Friday, 5 August 2011

MOUVEMENTS PRESIDENTIELS DANS LES GRANDS LACS



Le vétéran Yoweri Museveni a passé chez son homologue rwandais quatre jours en une visite que certains croient historique, en tout cas du point de vue de l’atmosphère tendu qui a caractèrisé pendant longtemps leurs relations. C’était la semaine dernière. Cette semaine, c’est Joseph Kabila qui a rendu une visite éclair à son homologue et “conseiller supérieur” Eduardo dos Santos. La cordialité des deux premiers contraste avec l’air pressé des seconds. Quatre jours pour les premiers et quatre heures pour les seconds. S’agit-il encore des questions de sécurité? Ouvertement pour Kabila oui, si l’on en juge par les membres de son cabinet qui l’ont accompagné. Pour les deux vétérans de l’Est c’est plus difficile à dire. Ceux qui ont observé la présence d’Andrew Mitchell à Kigali avant la visite historique croient qu’il avait pour mission de rapprocher les deux grandes figures. Mais dans quel objectif? Sécuritaire aussi peut-être? La banque mondiale et le fond monétaire international réunissent à Kinshasa les gouverneurs des banques centrales et les ministres des finances pratiquement au moment de ces contacts entre chefs d’Etat. D’autre part, Kinshasa se prépare à de nouvelles élections justes et transparentes dans le style de Kabila.

Tout ce qui se passe en ce moment dans la région doit être bien observé. Nous savons que dans les officines de l’administration américaine se prépare une révolution frontalière pour les grands lacs et elle a commencé avec le succès au Sud Soudan. Si les vautours avancent leur project de révision des frontières en Afrique des grands lacs, nous regretterons d’avoir brutalement arrêté les efforts de Laurent Nkunda en Janvier 2009. A cette époque son équipe était sur le point d’atteindre un accord avec le gouvernement de Joseph Kabila en vue de la restoration de l’Etat à l’Est. La solution du problème du Kivu s’annonҫait plus durable à ce moment là et elle allait plutôt renforcer l’integrité du territoire aussi bien que le statut politique de la province au sein de toute le république. Au fond avoir bloqué la démarche en 2009 a ouvert la porte à des problèmes plus sérieux en ce sens que cela a précipité la faillite de l’Etat qui devenu encore plus liquefié. La déliquescence de l’Etat, en sa situation d’aujourd’hui permet aux aventurieux des chancelleries étrangères de comploter même un démembrement du pays. Qui peut les arrêter? Au fond ils savent qu’ils n’ont qu’à payer à Kabila son élection pour après, dans les coulisses de leurs propres officines, décider dans quel sens, de quelle manière ils aimeraient démanteler la RDC. 

Je ne veux pas être une sorte d’oiseau de mauvais augure. Ce que j’avance c’est simplement la thèse soutenant que Nkunda était et demeure un patriote à qui on n’a pas laissé la chance de contribuer à la restoration de l’Etat à l’Est. Par contre on a laissé l’ONU perpétuer sa contribution à la déliquescence de l’Etat en préparation du coup de grâce que les vautours peuvent lui infliger en le démantelant le moment venu. Si l’on doit accuser quelqu’un d’une quelconque balkanization de la RDC, ce n’est pas Nkunda mais bel et bien Joseph Kabila. C’est à lui que le titre de balkanisateur devra revenir de droit et de fait. Le projet balkanisateur ne serait peut être pas immédiat, mais il suffit de donner à Kabila un autre mandat de 5 ans pour que le travail soit préparé sans encombre. Où seraient les patriotes qui pourraient arrêter la machine Obama-Sarkozy après que celle-ci ait assuré un nouveau mandat à l’actuel maître de Kinshasa)?

Saturday, 2 July 2011

LA FARCE ELECTORALE EN AFRIQUE

J'étais à Dakar il y a dix jours et j'ai été témoin de quelque chose d'un peu surprenant et qui n'a cependant pas fait beaucoup de bruit dans les media. Le parti au pouvoir a voulu changer la constitution pour introduire ce que Kabila a déjà introduit avec succès en RDC, à savoir les élections à un seul tour où un candidat qui totaliserait ne fut-ce qu'un 25% gagnerait si telle serait la majorité. Il y a aussi toute l'histoire de la manière dont Abdulaye Wade a forcé son fils sur la scène politique depuis un ceratin temps, avec comme but plus ou moins avoué de le voir le succéder à la tête du pays. En ce moment le fils est à la tête de non moins de 5 ministères! Aberrant n'est-ce pas? Sauf si peut-être c'est mieux d'avoir un ministre à la tête de 5 ministères au lieu d'un cabinet de 60 ministères, le ridicule a longtemps pris sa place dans la pratique politique de l'Afrique. Néamoins le projet de loi modifiant la constitution n'a pas fait long chemin. Les manifestations du peuple ont forcé le parti au pouvoir, c'est-à-dire le président (nous sommes en Afrique) de le retirer . Un première je crois. L'arrogant ministre qui avait osé défier le peuple en disant qu'il était trop passif et lâche pour s'imposer a voulu les maisons de ses deux femmes brûlées et lui même tabassé. Je n'aime pas la violence et ne saurais en faire apologie. Je n'aime pas la destruction, surtout qu'on ne peut construire sur elle. Mais j'ai cru voir dans le peuple sénégalais de Dakar une maturité dans sa manière de manifester. En fait le lendemain du retrait du projet, la ville a repris son train de travail sans problème. Ce n'est là qu'un point de départ civique. Il faut un autre.

La situation sénégalaise présente un contraste extraordinaire comparée à la RDC où la fameuse constitution de 2006 est régulièrement modifiée, ignorée quand cela convient, ou simplement violée par le parti au pouvoir sans que personne ne fasse quoi que ce soit. On s'achemine aux élections à un tour. Les irrégularités sont légion, mais l'UDPS n'a d'autre réponse que quelques SIT IN devant la CENI, qui s'en fiche d'ailleurs, pardonnez l'expression! Les bailleurs de fonds qui ont le plus d'intérêts dans une réelection de Kabila que personne d'autre tirent déjà efficacement les ficelles pour que tout se passe comme et même mieux que par le passé. Le mandat de la MONUSCO est prorogée pour une année. Qui ne l'aurait pas prévu? On stabilise encore la RDC non? Qui en est capable d'après l'acception coutumière de ces bailleurs de fonds si ce n'est l'ONU que nous connaissons, de l'intérieur du problème comme étant le chapeau moral que tous les vautours portent afin de dévorer la charogne RDC en toute quiétude?

Ceci étant dit, le jeu d'alliances que tel ou tel candidat s'evertue à former n'est que de la fumée, dès qu'elle passera on verra qu'il s'agissait du sale "business as usual" qui consiste à voler l'indépendance et la souveraineté d'un peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer pour sortir du bourbier, du marasme de la pauvreté dans un pays qui ne manque de rien! Aucun de ces politiciens en lice aujourd'hui pour diriger la RDC n'a les mains propres pour le faire. Les vautours se sont très bien arranger pour avoir les uns et les autres cités ou impliqué directement ou pas dans les affaires de corruption. Il suffit de revoir les différents rapports de l'ONU de la dernière decennie pour s'en assurer. Donc nous sommes toujours dans la même situation: un seul homme ou une seule femme intègre qui puisse avoir le peuple à coeur! Une espèce rare, mais qu'il faut absolument trouver!

Saturday, 19 February 2011

EST-CE A LA BELGIQUE D’HONNORER LES DEFUNTS ACCORDS DE MBUDI?

Le Potentiel s’inquiète de la souverainete de la République démocratique du Congo qui “vient de signer, avec la Belgique et la Banque mondiale, un accord tripartite. Il porte sur 20 millions d’euros, don de la Belgique sous forme d’appui budgétaire. Cette somme vient soutenir la paie des enseignants du secteur public de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP)”. Le jounal de Jaynet Kabila s’interroge, peut-être avec une certaine tristesse, sur un nombre de doutes. En voici quelques échantillons. “Jusqu’où ce gouvernement continuera-t-il d’évoluer avec des aides extérieures ? L’Etat congolais saura-t-il préserver sa souveraineté tout en recourrant à la politique de la main tendue ?” Le constat, en guise de réponse est encore plus triste: “Ailleurs, l’expérience a largement enseigné qu’aucune nation sérieuse ne se développe avec des dons. Il faut produire pour s’autofinancer si l’on tient sérieusement à son autonomie. Que non. La RDC veut demeurer cet éternel nain qu’on porte sur les épaules et qu’on mène là où il n’a nullement envie de se rendre”.


Nous sommes habitués à ce genre de manoeuvres de la part des dirigeants dont la seule ambition est de se remplir les poches et les comptes en banque au lieu de penser, même de loin à un certain objectif commun appelé le bien du people. En effet nous savons que la reforme de l’armée que tout le monde voulait comme point de départ n’a jamais été envisage que sous l’angle d’une realization étrangère. Pourtant nous avons un vrai meneur d’hommes capable de commander et d’inculquer une discipline militaire comme il l’a démontré, seulement il croupit dans une prison rwandaise. Après l’armée, la police devait aussi être reformée avec l’argent et l’expertise des étrangers. Ils accourent pour donner leurs petits millions à Kabila pour des reformes BOGUS, et lui, en échange leur deliver les richesses du pays et hypothèque allégrement le future de nos enfants.


Si le Potentiel croit que la Belgique va sauver l’enseignement et la function publique congolaise, il se trompe. Le Rais fait les affaires au taux du jour, la Belgique en fait autant et la Banque mondiale pareillement. La logique du marché qui vit richement en appauvrisant encore plus les plus pauvres continue sa route inexorable jusqu’au jour où un Nkunda, celui qui est en prison ou libre jouera son rôle directement pour mettre fin à une mascarade qui n’a que trop duré. Le people ne peut pas placer son espoir dans un autre mandat pour la Kabilie qui n’aura d’autre sens que prolonger le temps pour les vautours de continuer leur macabre festin. Les soi-disants experts de la région préparent l’opinion une nouvelle fois. Ne nous ont-ils pas dit la semaine dernière que les groupes armés veulent finalement réintegrer l’armée? Et que les négociations réussies qui ont abouti à ce résultat miraculeux seraient dûs à nul autre que Delphin Kahimbi qui sillone les deux Kivus à cet effet. Comprenez-vous que le rais n’a pas besoin d’un Kamerhe ni d’un Sekimonyo pour obtenir le vote des Kivus quand un colonel Kahimbi suffit pour le garantir. Mais entre nous, croyez-vous vraiment que les groups armés au Kivu font déjà partie de l’histoire? Ce serait naïf de le croire tant et si bien que les problèmes politiques qui ont entrainé la deliquescence de l’Etat au Kivu soient encore entiers. Et ce serait naïf pour les vautours de croire que le pillage du Kivu par les multinationales, les fameux humanitaires et leurs non moins fameux “experts de la region” continuera ad infinitum.

Saturday, 8 January 2011

LE MEILLEUR ELEVE DE LA MONDIALISATION

Meilleurs Voeux après une longue absence sur le blog à cause de mes nombreuses occupations.

Je ne veux pas perdre le fil des évéments comme cela m’est arrivé depuis le 19 Novembre 2010, dernière apparition ici. La RDC comme le monde d’aujourd’hui vit au fil de l’improvisation chaque fois plus grotesque si vous permettez l’expression! Je discutais ce matin avec une jeune dame, enseignante comme moi. Nous sommes perplexes devant la follie de nos systèmes éducatifs qui produisent de plus en plus des individus d’une ignorance remarquable. Si l’on enseignait à l’école secondaire, on se consolerait en disant qu’il y a encore du temps pour combler les lacunes. Mais à l’université où l’anglo-saxonisation a réduit la licence à quatre ans, nous avons à peine le temps de leur faire découvrir le degré d’ignorance qu’ils sont déjà licenciés et partis! Notre discussion se déroulait donc autour de la question de savoir comment faire plus et plus vite pour que sortent de l’université des personnes dotées de connaissances suffisamment universelles pour prendre la responsabilité de leur futur ainsi que celui de la société à laquelle elles appartiennent. En bref notre conclusion était qu’à la lumière du désastre actuel, nous devons avoir le courage de demander qu’est-ce qu’il faut enseigner et dans quel but? Quoi, pourquoi, ou cette éternelle question philosophique, doit impérativement précéder le comment qui a trop occupé le monde académique dépourvu d’humanisme. C’est ce monde académique dépourvu d’humanisme que nous avons hérité au cours et après la période coloniale. La mondialisation que nous semblons accepter passivement aujourd’hui a, à travers l’éducation, le marché et les medias, perpétué, en l’aggravant, notre incapacité de penser en dehors des schemas que les mondialistes construisent assidûment et subtilement, dans le but de nous soumettre à une colonisation plus pernicieuse.

Les acteurs les plus dangereux de cette nouvelle colonisation sont légion! Nos politiciens, nos collègues ayant bénéficié ou bénéficiant des bourses mondialistes, donc à agenda colonialiste sans faute, ceux qu’on appelle maintenant les “international civil servants”, ou les fonctionnaires publics internationaux, en un mot, tous ceux que j’appelle les vautours et oiseaux de même plumage. Mais puisque le débat sur ce blog a un contexte précis, plutôt limité à la RDC, aujourd’hui je m’intéresse aux politiciens congolais. En premier lieu, respect oblige, Joseph Kabila. Le meilleur élève de la mondialisation ou nouvelle colonisation. Il fait jaser encore parce qu’il veut changer la constitution pour accommoder le scrutin à un tour, comptant ainsi sur une majorité simple. Ce n’est même plus de la fourberie, on bricole la constitution ouvertement avec comme seule fin conserver le pouvoir. Cette même fin justifie la promotion dans l’armée et dans la police, ainsi que les alliances de toutes les couleurs que vous verrez se faire, se défaire et se refaire pendant la période électorale. Notez en passant qu’il a commis une grande erreur en ne confirmant pas les grades des militaires fidèles à la cause de Laurent Nkunda et qui sont sur terrain. Par ailleurs, le gouvernement de la RDC a négocié avec la Chine un accord sur l’étude de la répartition de l'Uranium sur le territoire congolais et l’évaluation de ses reserves, dans quel but? Vous pouvez spéculer. Sur toutes ces entre-faites, l’Occident, la mondialisation, que dis-je, s’agite autour des ressourses minières et les companies, partie intégrante du mondialisme, qui les exploitent. Les vautours et leurs experts se veulent les seuls en contrôle et parfaite connaissance de la situation kivutienne, militaire, minérale, sécuritaire ou autre. Ils commencent tous à projeter la situation de manière à donner des indices à leur bon élève à Kinshasa sur ce qu’il faut faire pour conserver son pouvoir et les laisser prolonger indéfiniment le malheur des populations. Notre expert particulier du Kivu n’a-t-il déjà pas suggéré qu’il faille encore un groupe d’experts de l’ONU qui produirait un énième rapport etc… Il devrait savoir que nous savons déjà que les experts de son espèce ou de celle de l’ONU font partie du réseau criminel de la nouvelle colonisation. La seule chose qu’ils cherchent ce n’est pas résoudre les questions politiques relatives au Kivu, ni voir la RDC se refaire comme nation. C’est plutôt servir leur appétit impérialiste jamais assouvi. Si vous doutez, trouvez les moyens de suivre très prochement les péripeties du fameux Dodd-Frank bill au pays de l’oncle Sam. Lisez entre les lignes quand les experts parlent! De veritables maffieux!

Le décor est planté donc pour une offensive toute kabilienne pour asseoir le pouvoir aussi longtemps que possible. Cependant, je suppose que les politiciens congolais et les vautours qui les financent ont en tête que l’enjeu majeur qu’ils negligent effrontément c’est le peeple. Un peeple peut être meurtri, il conserve toujours un petit nombre de ceux qui resistent et s’acharnent. C’est ici que Kinshasa etles vautours font très mal leurs calculs. Tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une force réelle, la lecture que nos experts font du CNDP et de ses forces sur terrain au Kivu est complètement erronnée. C’est le cas quand nos experts associent l’armée fidèle à Nkunda aux politiciens en lisse electorale. Ces gars sur terrain ont appris suffisament pour se ranger si tôt derrière un candidat quelconque. C’est également le cas quand ils insinuent que le CNDP se prêterait à une relation quelconque avec les dissidents rwandais FPR en exil en Afrique du Sud. Je peux vous assurer que c’est impossible pour le CNDP de Nkunda de s’associer aux dissidents rwandais qui courtisent les FDLR dans la diaspora et d’autres revisionnistes tel que le type du film Hotel Rwanda. Le CNDP de Laurent Nkunda n’a rien contre Kagamé et son régime, tout simplement parce que le CNDP de Nkunda a une cause politique simplement congolaise, et partant n’a absolument pas de raison de vouloir destabiliser le Rwanda en quelque manière que ce soit. S'il faut trouver quelque chose que le CNDP de Nkunda aurait contre le Rwanda c'est l'emprisonement indéfini et sans raison, de ce dernier. Je suis parfois en disaccord avec le maitre de Kigali, mais jamais quand il s’agit des revisionnistes et des arrivistes à vision terriblement courte pour la Région des Grands Lacs. Quand je dis arrivistes, je pense par exemple à un Gafisi qui espère conquerir Kabila dans le meeting que les deux auront au Katanga incessamment. Nous verrons bien.

Friday, 19 November 2010

QUI PENSE POUR QUI?

Le temps passe si vite et les nombreuses occupations augmentent parfois exponentiellement. Mais bon, il faut, contre mauvaise fortune bon coeur! Les événements en RDC c'est toujours riches. On est sûr qu'on est à for some catching up. Le bruit des vautours il faut l'interpréter quand il s'annonce. Pour un temps ils ruminaient encore la nouvelle étape. Je me demandais bien qui allait en signaler l'orientation le premier. Voilà que ICG ne s'est fait pas prier. Un élément pour contextualiser sa dernière trouvaille: le coup d'épée dans l'eau du rapport de l'ONU dont je parlai la dernière fois en octobre sur ce blog. Le résultat escompté n'aura été qu'un flop en ce qui concerne la bataille que mènent les vautours contre les tutsis dans la région, et au passage préparer une autre victoire éléctorale pour Kabila en RDC tout en se ménageant un modus operandi avec les Chinois pour brader la région. Un échec donc ce rapport de l'ONU. Néamoins il demeure un pas des vautours dans leur effort d'isoler Paul Kagamé, au nom des révisionnistes et autres détracteurs. Je crois que pour les vautours l'envoûtement que Kagame exerce sur Kabila est un obstacle à leur dessein. Juste une supposition.

Le coup d'épée dans l'eau ayant été un flop, ils reviennent à la charge. L'extrait ci-bas, entièrement sorti du document de ICG du 16 Novembre signale la nouvelle tactique. Je previens qu'elle est aussi une tentative d'isoler le Rwanda. Et c'est dommage la manière dont le Rwanda a salement joué entre les mains des vautours pour saper la lutte des tutsis congolais. En effet, je ne cesse de le répéter sciemment, c'est une erreur monumentale de la part du Rwanda avoir tenter de briser l'élan de Laurent Nkunda. Cela n'a servi que quelques intérêts cupides en retardant douloureusement la solution politique des problèmes de la RDC au Kivu. La force du CNDP residant essentiellement dans sa cause n'a cependant pas étéannihilée comme James Kabarebe l'avait calculé. Par contre la prétention d'une présence militaire rwandaise des opérations umoja wetu n'est plus que de l'histoire. Et les problèmes politiques et militaires du coins demeurent entier comme les généraux congolais l'ont constaté ces dernières semaines. Ils sont venus faire l'état des lieux et préparer le deployement des troupes du CNDP hors du Kivu. Ils ont constaté que ceci demeure une impossibilité.

Et ICG produit et étale ses nouvelles solutions magiques en prenant bien soin d'insister sur le fait que le rapprochement entre Kigs et Kin est une chimère donc, Kagame, le parrain de ce rapprochement est prononcé inutilisable dans les questions congolaises. Mais plus que les vautours, il sait que si lui peut être écarté du processus, le CNDP ne peut pas être écarté. Il sait aussi que seul le CNDP peut contribuer à une restoration de l'ordre au Kivu qui incluerait la solution aux FDLR. Vraiment dommage que son état major ait eu une vue si courte des échéances à long terme.

Voilà que je retarde l'extrait de ICG avec mes considérations. Sans plus tarder lisez les recommendations tout à fait vautouresques:

Congo : Pas de stabilité au Kivu malgré le rapprochement avec le Rwanda
Rapport Afrique N°165 16 nov. 2010
SYNTHESE ET RECOMMENDATIONS
Le plan de résolution du conflit au Kivu consistant à privilégier la solution militaire s’avère être un échec. Deux années après le début du rapprochement entre le président Congolais Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagame, les soldats gouvernementaux sont encore aux prises avec des miliciens pour le contrôle des terres et des zones minières. Bien qu’aucune des deux parties n’ait réellement les capacités de prendre un ascendant définitif, elles ont toutes deux les ressources suffisantes pour prolonger la lutte. Dans le même temps, les civils subissent des violences extrêmes et la situation humanitaire se détériore. Les tensions ethniques se sont aggravées à l’annonce des plans de rapatriement de dizaines de milliers de réfugiés congolais qui ont fui au Rwanda durant les années 1990. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a observé la situation se dégrader à l’est du Congo sans s’opposer aux décisions de Kagame et Kabila.
Une stratégie basée sur des engagements présidentiels tenus secrets ne permettra pas de ramener la paix au Kivu : l’approche actuelle doit être réévaluée et élargie afin d’impliquer toutes les communautés locales et préparer l’avenir de la région en instaurant un dialogue transparent, notamment avec les pays voisins.
Au cours de l’été 2008, le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), un groupe rebelle congolais, alors dirigé par le général Tutsi Laurent Nkunda et soutenu officieusement par le Rwanda, se retire d’un processus de négociations entamées avec le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC). Cette nouvelle crise qui éclate dans la province du Nord Kivu déstabilise les autorités congolaises et la mission de maintien de la paix des Nations-unies (alors nommée MONUC). La communauté internationale, préoccupée par les conséquences d’une conquête de Goma, la capitale du Nord Kivu, par le CNDP, multiplie les initiatives pour éviter une escalade de la violence qui pourrait mener à une confrontation entre le Rwanda et la RDC.
En novembre 2008, pour mettre fin à la crise sécuritaire et politique, le Président Kabila tend la main à son adversaire traditionnel, le président rwandais Paul Kagame. Sans recourir aux mécanismes de médiation formels privilégiés par la communauté internationale, les deux chefs d’Etat négocient rapidement un accord dont le contenu demeure secret. L’initiative congolaise surprend la plupart des partenaires internationaux de la région des Grands Lacs. Ces derniers sont cependant soulagés quand les discussions portant sur une intervention multinationale pour stabiliser le Kivu prennent brusquement fin.
Dans le cadre de leur plan de résolution du conflit au Kivu, Kabila et Kagame travaillent dorénavant à la mise en œuvre des engagements bilatéraux. Cela implique deux con¬ces¬sions majeures pour Kabila. Tout d’abord, il s’est engagé à répondre aux exigences politiques du groupe rebelle (CNDP) qui lui a causé le plus de difficultés auprès de sa base électorale par le passé. Deuxièmement, il a accepté de lancer des opérations militaires qui servent davantage les intérêts de ceux qui les conduisent qu’elles n’appor¬tent de réelle protection à la population. La réussite de ce plan, notamment ses composantes politiques et économiques, dépend de la réaction de la population du Kivu vis-à-vis de la redistribution du pouvoir à l’échelon local et de la capacité de l’armée nationale congolaise (FARDC) à atteindre les objectifs militaires fixés par Kinshasa.
Les conditions du rapprochement entre la RDC et le Rwanda ont modifié les rapports de pouvoirs dans les provinces du Nord et du Sud Kivu. Le général Nkunda est arrêté en janvier 2009 et remplacé par Bosco Ntaganda, un présumé criminel de guerre, contre lequel la Cour Pénale Internationale a émis un mandat d’arrêt en 2006. Le CNDP, à l’origine fondé pour défendre les intérêts de la communauté Tutsi, est intégré dans l’armée nationale et en devient une composante importante. Son cahier des charges politiques est au centre d’un accord passé entre le gouvernement congolais et les groupes armés du Kivu. La nouvelle influence acquise par le CNDP inquiète les dirigeants des autres communautés qui craignent que cela les desserve lors des élections générales prévues pour 2011-2012.
Les limites de l’approche politico-militaire actuelle sont atteintes. Malgré trois opérations successives menées par l’armée congolaise, la situation humanitaire se détériore au Kivu et les actes d’extrême violence se multiplient. Les femmes, ainsi que les jeunes filles, subissent les conséquences de l’impunité générale et de l’environne¬ment hautement militarisé dans lequel la pratique du viol est endémique. La population est à la fois victime des campagnes de représailles menées par les rebelles et des violations impunies des droits humains commises par les soldats congolais.
Le groupe rebelle Hutu rwandais, les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), résistent aux campagnes de désarmement forcé, en concluant des alliances avec les milices congolaises qui refusent d’être intégrées dans l’armée nationale. Les FDLR ont été chassées de nombreux sites miniers dont ils avaient le contrôle, cependant ces derniers n’ont toujours pas été placés sous le contrôle d’une autorité légitime. Les dissidents rwandais, ougandais et burundais recherchent activement des soutiens au Kivu et tentent de créer des coalitions armées transfrontalières. En retour, les signes d’interférences régionales dans les affaires du Kivu se multiplient.
L’intégration rapide d’anciens rebelles, dont certains présumés criminels de guerre, au sein de l’armée nationale et leur participation à des opérations militaires mal planifiées, n’ont pas contribué à résoudre les conflits dans l’est du Congo. Les efforts déployés par les Nations Unies à travers la mise en œuvre d’une nouvelle politique de conditionnalité liée au soutien des casques bleus n’ont pas influé sur le comportement des troupes congolaises. La crédibilité de la MONUC – rebaptisée MONUSCO en juillet 2010 – a été sérieusement entamée par son incapacité à protéger efficacement les civils.
Pendant ce temps, les luttes pour le pouvoir au niveau local ont compromis encore davantage le rétablissement d’un Etat de droit dans les Kivus. Les conflits fonciers et les tensions intercommunautaires se sont multipliés, exacerbés par des cycles répétés de déplacements de population. Des contradictions subsistent toujours entre le droit coutumier et le droit moderne et, ce faisant, les chefs traditionnels s’opposent à des autorités administratives cherchant à mettre en œuvre le programme du CNDP. Les institutions politiques provinciales se déchirent sur fond d’accusations de corruption, entraînant une crise de la gouvernance locale. En dépit de l’intensification des échanges commerciaux dans les grandes villes frontalières et de la relance des institutions économiques régionales, un développement économique de long terme reste incertain.
Combinés, ces facteurs augmentent le risque de désintégration de l’armée nationale, d’affrontements intercommunautaires et de déstabilisation régionale par l’interfé¬rence d’acteurs étrangers. Si l’approche actuelle n’est pas révisée et élargie pour y inclure toutes les communautés de manière transparente et si un nouvel élan international n’est pas insufflé, la population continuera à porter le poids de l’échec des tentatives visant à établir la souveraineté de l’Etat aux Kivus.
RECOMMANDATIONS
Au gouvernement congolais, à la MONUSCO et aux partenaires internationaux de la RDC :
1. Suspendre les opérations militaires offensives au Kivu en attendant le déploiement de bataillons formés par les Etats-Unis, la Chine, la Belgique, l’Afrique du Sud et l’Angola, et :
a) déployer ces bataillons congolais, dans un premier temps, dans les territoires de Masisi et Rutshuru au Nord Kivu afin d’assurer la sécurité de la population, tandis que l’accord du 23 mars 2009 entre le gouvernement congolais et les groupes armés congolais est pleinement mis en œuvre ; et exercer des pressions militaires sur les FDLR au Nord et au Sud Kivu grâce au suivi et au soutien de ces bataillons par les partenaires internationaux ;
b) focaliser immédiatement les moyens militaires de la MONUSCO sur la protection des populations, y compris par le maintien de capacités aéroportés de soutien et de déploiement rapide ainsi que d’équipes conjointes de protection ; aider l’armée nationale à contrôler les territoires abandonnés par les FDLR ; et regagner la confiance de la population congolaise en s’assurant que les règles d’engagement soient activement mises en œuvre et en poursuivant les efforts pour arrêter Bosco Ntaganda ; et
c) lancer une opération d’intégration repensée, combinée avec un nouveau programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) sous contrôle international afin de traiter le cas de tous les soldats ayant rejoint l’armée nationale à un certain point depuis janvier 2008, dont les ex-CNDP et les rebelles congolais dorénavant associés aux FDLR ; et commencer à réduire les troupes présentes au Kivu de 60 000 à 21 000 soldats con¬for¬mément au plan gouvernemental de réforme de l’armée de janvier 2010.
Au Gouvernement congolais et au CNDP :
2. Mettre en œuvre l’accord du 23 mars, notamment en:
a) renouvelant le mandat du Comité National de Sécurité (CNS) qui a expiré en mai 2010, de sorte que les partenaires internationaux puissent soutenir et suivre les activités du CNS en rendant compte régulièrement de la mise en œuvre des engagements pris par chaque partie ; et reprendre les discussions sur la reconnaissance des grades des officiers des autres groupes armés qui ont intégré les FARDC ;
b) nommant des personnalités CNDP dans les institutions provinciales du Nord Kivu en échange du démantèlement effectif des structures administratives et fiscales parallèles du CNDP, sous la surveillance de la MONUSCO qui rendra compte au CNS; et en arrêtant Bosco.
c) confiant aux bataillons de l’armée nationale formés par les partenaires étrangers et la MONUSCO, la responsabilité d’assurer la sécurité dans les territoires de Masisi et Rutshuru ;
d) engageant les troupes qui ont participé à l’opéra¬tion “Amani Leo” à adhérer au nouveau program¬me DDR, de telle sorte que tous les combattants ex-CNDP soient complètement intégrés dans l’armée nationale ou la police, ou réinsérés dans la vie civile ; et
e) prenant l’engagement de ne pas s’impliquer dans les activités politiques et militaires de dissidents étranger, dont celles du général rwandais Faustin Kayumba Nyamwasa.
Aux Gouvernements Congolais, Rwandais et Ougandais et au Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (UNHCR):
3. Superviser et assurer un environnement stable pour le retour des réfugiés au Kivu, notamment en :
a) procédant, en partenariat avec le UNHCR, à un recensement des réfugiés sans-papiers qui sont retournés au Kivu depuis l’été 2009 ; en entamant un processus de vérification de leur nationalité et en distribuant, sur cette base, des cartes d’élec¬teurs avant les élections ; et en relançant le mécanisme de vérification conjoint RDC-Rwanda-Ouganda afin de contenir l’immigration clandestine dans les Kivus ; et
b) commençant le rapatriement des réfugiés du Rwanda et de l’Ouganda selon les conditions du UNHCR, y compris concernant les retours volontaires et la sécurité des zones de retour; les comités locaux permanents de conciliation devraient décider, sur la base de critères clairs, si les conditions de sécurité sont réunies pour autoriser ces retours ; les zones considérées par la MONUSCO comme étant sous contrôle d’une administration parallèle ne devraient pas faire partie des zones de retours potentielles.
Au Gouvernement Congolais :
4. Renforcer les capacités des institutions afin de favoriser la réconciliation intercommunautaire et la gestion des différends, notamment en :
a) développant des compétences pour gérer les conflits fonciers, incluant la création d’une commission en charge d’examiner les titres fonciers; en renforçant Starec - l’organisation gouvernementale congolaise en charge des programmes de stabilisation - pour qu’il devienne un mécanisme permanent de résolution des conflits ; en mettant en œuvre les résolutions sur la paix et la sécurité de la conférence de Goma de 2008 ; en consacrant des ressources adéquates et en enrôlant du personnel supplémentaire par le biais d’un processus de recrutement transparent ;
b) renforçant les pouvoirs des institutions provinciales en leur conférant les ressources et l’autorité nécessaires pour répondre aux besoins locaux ; et en créant un cadre légal et administratif qui permette de traiter les questions de la représentation politique des minorités ethniques ainsi que les incohérences entre les droits coutumier et moderne, et en
c) organisant la tenue d’une table ronde avec les communautés locales, les autorités provinciales et les dirigeants nationaux afin de définir des règles claires concernant l’attribution des postes au sein de l’administration provinciale ; en établissant un processus consensuel pour éloigner les communautés locales des groupes armés ; et en adoptant un code de conduite portant sur l’exercice des activités politiques au Kivu.
Aux présidents Congolais, Rwandais, Ougandais et Burundais:
5. Organiser un sommet extraordinaire de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) pour :
a) Entamer, sous la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), des discussions politiques au niveau des chefs d’Etats sur les questions économiques, foncières et de mouvements de population, et ce dans l’objectif de créer une vision commune mutuellement bénéfique pour l’avenir de la région des Grands Lacs ;
b) Travailler de concert pour analyser ensemble l’histoire traumatique de la région, de manière à favoriser la réconciliation entre les Congolais et les Rwandais ; et
c) Prendre l’engagement de ne pas interférer dans les efforts légitimes de consolidation de l’Etat à l’est du Congo.
Nairobi/Bruxelles, 16 novembre 2010

Friday, 1 October 2010

LES VAUTOURS, ENCORE LES VAUTOURS ET TOUJOURS EUX

Apres avoir fait beaucoup de bruit sans presqu’égratigner les sinistres FDLR pour les viols au Kivu, les ONG et leurs tentaculaires antennes circulant a Goma, Kinshasa, Nairobi, et hors du continent joignent leurs forces pour faire active campagne en faveur du tout dernier rapport de l’ONU dont les medias se régalent abondamment ces dernières semaines. Il y a un peu trop d’intérêts croisés-mélanges comme toujours quand il s’agit de la région des Grands Lacs. Ce qui est certain, c’est que tous se liguent contre le bouc émissaire favori de la région, le tutsi déterminé par nature. Ces vautours ont pensé avoir finalement réussi à briser la nuque de ce spécimen qu’ils croient chétif a cause de ses traits hamites, nilotiques, éthiopiques, c’est selon l’anthropologisme de votre choix… Ils ont pensé l’avoir brisé en montant le leadership tutsi à Kigs contre les tutsis congolais. Ils ont cru avoir réussi en voyant que la voie utilisée n’a été autre que semer la division au sein même des tutsis congolais en utilisant les tutsis rwandais. Tout cela a au moins servi a quelque chose: souligner la légitimité de la lutte des tutsis congolais et montrer que leur cause n’est pas une question ni de race ni de tribu, mais une défense du droit du peuple congolais de vivre en paix et travailler a son propre développement. C’est évident aujourd’hui que l’insécurité, le délabrement, le délaissement dont souffre l’Est du pays n’est pas un problème exclusif aux tutsis congolais. Le CNDP n’a d’autre raison que la défense du peuple comme l’indique son nom et c’est pour cela que les vautours le vilipendent.

Pour en revenir au rapport, je dis qu’il a comme bouc émissaire le tutsi et si vous en douter lisez-le ou plutôt lisez ses chantres que sont les autoproclamés spécialistes de la région qui peuplent la toile. Il y a un tribunal international a Arusha qui jugent les hutus qui ont commis le génocide rwandais, maintenant ils en veulent un qui juge des tutsis ayant commis des massacres en RDC, que c’est bête cette équidistante « justice » fabriquée par les activistes des droits de l’homme. Puisque l’expérience de la Haye et d’Arusha a démontré que ces tribunaux ne sont qu’une bureaucratie qui paie bien les fainéants fonctionnaires de l’ONU qui ne paye aucune taxe sur leurs gros revenus, ces activistes s’activent pour demander un tribunal spécial, qui les payera plus cher et donnera au congolais suffisamment de vitriol pour annihiler le tutsi. Au passage, le discours autour d’un pouvoir illégitime et oppressive en RDC passera inaperçu et la misère du pays ne changera pas d’un seul iota. Les Kenyans sont en train de donner du fil à retordre aux activistes en quête des tribunaux internationaux ou spéciaux. Je vis dans un pays qui a réduit sensiblement sa dépendance de la dette extérieure. Quoi qu’encore téléguidé par les puissances étrangères en termes de reforme des politiques intérieures, le Kenya peut parfois fermer la bouches des activistes. Moreno en est a son je ne sais plus quantième essai de prosecution, mais il se heurte a un refus.

Kabila ferait mieux d’apprendre. En réalité les dirigeants kenyans opposent un mutisme a Moreno parce qu’aucun d’eux ne peut affirmer avoir les mains propres a propos de ce qui s’est passé ici en décembre 2007. Si Moreno s’en prend a un, deux, voire même 5, il devra s’en prendre a toute la hiérarchie au pouvoir. Kabila ne peut pas se fier des révisionnistes. En définitive ne faisait-il pas partie de la hiérarchie militaire active dans la période et le lieu couverts par le rapport ? Donc plus que les raisons diplomatiques dans les affaires rwandaises, il est bien obligé de se couvrir aussi. En attendant de voir les conséquences de ce rapport, disons clairement que tant a Kigs qu’a Kin on sait qu’il est impossible de déployer les forces du CNDP ailleurs qu’a l’Est de la RDC pour l’instant et peut être pour bien longtemps. Il serait aussi imprudent de la part de Kabila de ne pas lire les signes correctement. Le mémorandum que les militaires viennent de lui adresser et dont les medias n’ont pas beaucoup parlé ne doit pas être ignoré. Et ce serait tout aussi imprudent de croire que la division apparemment semée par la trahison de janvier 2009 soit quelque chose de consommé et d’insurmontable. La propagande qui fait croire que le CNDP serait utilisee par les dissidents rwandais en exil ne constitue pas pour Kabila un outil suffisant pour convaincre les congolais qu’il faille ramener l’armée rwandaise en RDC. D’ailleurs c’est faux, je ne crois pas que ces dissidents présentent une menace réelle immédiate pour l’homme fort de Kigs.