Friday, 4 May 2012

QU'A PROMIS KINSHASA AUX DONNEURS DE LECONS?

Quand vous lisez la dite mama RDC sur son blog apparaissant dans le Soir, et quand vous voyez les activités du HCR, et la multiplication des reférences relatives à l'opinion de HRW vous dites bien que la nouvelle crise du Nord-Kivu est le resultat indirect ou même direct des injonctions imposées à Kin. Les spéculations ici coincident extraordinairement avec la réalité. N'avons-nous pas discuté ici de légitimité du rais? On lui a concédé ses élections. Est-ce qu'en contre-partie on lui a exigé de produire la tête de Ntaganda? Si oui, comment se fait-il qu'il ait procédé de la manière que nous connaissons aujourd'hui? Selon notre experte en toutes affaires congolaises, on dirait que la mutinerie et l'indiscipline dont Kin parle n'a que comme objectif protéger le gars recherché pour être jugé par une justice congolaise. N'est-on pas encore en train de recourir aux arguments simplistes? L'on croit savoir qu'hier, par exemple, le bataillon commando envoyé à l'encontre des "mutins" ait été sérieusement battu dans l'escarpement de Burungu. C'est difficile de savoir si dans leurs discussions, le ministre belge des affaires étrangères et Joseph Kabila ont pu considérer, ne fut-ce qu'un moment, une défaite comme celle d'hier. 

S'ils ne l'ont pas considéré, quelles sont les autres lacunes de leur stratégie? La première à laquelle je pense, c'est de n'avoir pas tenu compte du memorandum des soldats qui a précédé la mutinerie. Le mécontentement du document que tout le monde a vu dans les média et la déclaration de "la direction politique" du CNDP à laquelle les media n'ont pas prêté grande attention peuvent donner une idée de certaines lacunes, si pas dans la stratégie de Kabila, peut être dans la logique de ceux qui exigent de lui la tête de Ntaganda en contre-partie de la reconnaissance de sa légitimité. Je continue aussi à croire que l'insistance de notre experte belge sur les possible alliances contre nature que Ntaganda peut faire n'est que de la poudre aux yeux. L'évolution de la situation nous en dira plus. Elle reconnait quand même que même si Ntaganda est mis à l’écart, le problème du Kivu ne sera pas résolu, montrant ainsi qu'elle sait bien que les raisons de la mutinerie, si mutinerie il y a, vont bien loin que les prouesses de Moreno Ocampo dans cette soi-disante justice internationale!

Just in case you have not seen this:  http://www.virunganews.com/content/view/2069/1/

Thursday, 3 May 2012

MELANGEONS PAS CHOU, CHEVRE, CHAT ET SOURI

Je ne sais pas comment les personnes qui ne sont pas de l'Est de la RDC se retrouvent dans les méandres de la désinformation qui circulent autour de la nouvelle crise au Nord-Kivu. Au lieu de méandres, j'aurais dû dire forêt touffue. A cause de mon temps limité je ne peux pas écrire 500 mots, mais je m'en vais vous faire un éclaircissement sur certains points. Les belges doivent être contents de voir les deux bataillons enfin en activité. Ce qui les démangeait depuis belle lurette! A quoi bon entrainer des bataillons sans engager de bataille. Les occidentaux sont en réalité les grands bénéficiaires de nos guerres. Avez-vous lu les déclarations de la diplomatie américaine concernant le sommet qu'elle organise bientot avec l'OTAN? Enfin, ne dévions pas du Nord-Kivu. Les belges veulent donc une bataille et quoi de mieux que de traquer un accusé de la CPI. Et comme par enchantement, leurs média insinuent qu'il faut le traquer car, autrement, il va faire des alliance contre-nature avec les FDLR et la bande à Nyamwasa. Je ne sais pas très bien si celui-ci a une bande ou pas, j'ai très peu d'intérêt pour lui pour des raisons que j'ai évoqué ici il y a longtemps.

Voyons, voyons. Un tutsi congolais, Ntaganda ou n'importe quel autre, allié aux FDLR? Come on guys, this is just impossible. Alors d'où viennent ces rumeurs? Eh bien de Kinshasa. Et pour quoi faire? La stratégie de Kabila est simple. Il sait très bien que Kigs entend interpréter la nouvelle crise comme un problème congolo-congolais. Absolument. Alors comment gagner la sympathie du Rwanda pour traquer Ntaganda? Il faut en faire un énnemi commun pour Kin et pour Kigs. Exactement comme ils l'ont fait avec Nkunda. Je crois sincerement que les vautours qui se chargent d'inventer ces élucubrations pour Kabila sont, cette fois-ci, à court d'imagination. Mais mathématiquement, ça devrait fonctionner. Mettre le CNDP dans le même panier que les FDLR et la "bande" à Nyamwasa -s'il y en a une- apparait aux yeux de Kabila et ses vautours comme la seule raison qui puisse convaincre le Rwanda de déblayer Ntaganda comme ils ont déblayé Nkunda: un coup de baguette magique. 

Là où il ne faut pas mélanger chou, chèvre, chat et souri, c'est bien dans le noeud de la question de la paix au Kivu. Le problème n'a jamais été Nkunda, ni même Ntaganda. Pour Kabila, il ne s'agit que d'anéantir le CNDP. Ce n'est pas un individu qui compte, criminel ou pas. Kin, et je crois que Kigs aussi, savent que la dynamique du CNDP ou sa cause comme je préfère le dire si souvent, c'est bien quelque chose de plus sérieux, ce n'est même pas qu'une question militaire, d'où l'échec repété de Kin dans toute cette affaire. Continuer d'envoyer des bataillons n'est que du bluff. Ntaganda, encore membre de la hiérarchie militaire congolaise selon ses propres mots, a une opportunité extraordinaire de refléchir. Il sait à quoi s'attendre, mais je le repète, l'enjeu de la paix au Kivu n'est pas un seul individu. Le plus vite Kin et les vautours réalisent cela, le mieux pourront-ils courageusement prendre des mesures conciliatrices et constructive. Finalement je crois avoir dépasser les 500 mots, je serai plus brève prochainement.

Tuesday, 1 May 2012

TOUJOURS A LA CASE DU DEPART

Les vautours, comme tout le monde, sous le coup de la confusion qui recommence au Nord-Kivu nous servent des interprétations variées de ce qui se passe. Le scenario indiscutable pour eux c'est que Ntaganda ayant peur d'être arrêté, se retire dans le Masisi et allume le feu qui se propage. Mais puisqu'ils croient Ntaganda incapable de faire quoi que ce soit sans Kagame, ils lisent dans les dernières échauffourées du Masisi, une manoeuvre du Rwanda. Cela ne m'étonnerait pas de voir les calculs de 2008 se repéter avec tout le bataclan de rapports d'experts de l'ONU, HRW, ICG, etc. Enfin, franchement c'est ce que les vautours veulent que tout le monde pense. Les vautours et tous ceux qui se sont habitués à considérer la RDC comme une entité gérée par les officines activistes au service de divers multinationales qui payent les experts en RDC, qui à leur tour créent ces interprétations. Elles ne nous mènent nulle part du reste, car nous revenons sans cesse à la case du départ tant pour les problèmes militaires endémiques de la RDC, que pour ses questions politiques toujours irrésolues comme je ne cesse de le rappeler.

Alors de quoi il retourne encore? Une déclaration de ce que je continue de considérer comme le faux CNDP, c'est-à-dire, celui de Ntaganda, circule depuis hier. Si j'en comprends bien le contenu, il met en question l'incapacité de Kinshasa d'honorer sa part d'engagement dans les fameux accords bidon de janvier 2009. Ce CNDP (faux) qui fait partie de la majorité présidentielle encore, n'a-t-il pas d'autre moyens d'exiger ou de faire entendre ses revendications? Renvoyer aux accords de 2009 arrache un sourire narquois à ceux qui savons que ces accords étaient entachés de traitrise, et il aurait été terriblement surprenant de les voir faire avancer la paix en RDC. J'espère que qui a trahi ne trahira pas encore, ne fut-ce que pour contredire le dicton. Car maintenant il y a bel et bien une crise initiée depuis le memorandum de troupes auquel Kabila a répondu d'une façon plutot cavalière, toujours dorloté par le fait que les vautours le couvrent et sont les premiers à l'aider à pointer du doight les tutsis du Kivu pour n'importe quel gachis. Et ce faisant, ils déplacent le problème complètement. Il serait souhaitable que ceux qui ont trahi, prennent cette nouvelle opportunité pour éclipser la traitrise, et revenir à la raison qui dicte ceux-ci:

1) Les accords de 2009 n'ont avancé en rien la solution militaire et politique pour retablir aussi bien la paix que l'autorité de l'Etat en RDC et bien entendu, au Kivu.

2) Pour relancer le dialgue sur le fond et la forme de cette question complexe, que les vautours s'acharnent à traiter d'une manière par trop simpliste, il faut aller plus loin que les accords de Janvier 2009. Il faut plutot faire marche arrière jusqu'à la fameuse conférence qui a suivi la victoire du vrai CNDP sur les hauteurs de Mushaki en 2008. Cette conférence avait produit une avancée sérieuse en la forme des négociations interrompues à Nairobi, peu avant la traitrise de janvier 2009 exactement.

3) Que les vautours cessent de maquiller les problèmes politiques irrésolues de l'Est du pays en brandissant le spectre du Rwanda car cette argument d'une monotonie inutile ne comporte aucune solution. Ceux qui ont des comptes personnelles ou affairistes à regler avec le regime rwandais devraient trouver d'autre moyen de lui presenter opposition. Tot ou tard, il faudra bien faire face au probleme politique congolais de l'Est qu'on ne résoud pas par bouc emissaire interposé indéfiniment.

4) Si le faux CNDP se trouve en difficulté avec Kinshasa aujourd'hui, cela n'est rien d'autre qu'une preuve de ce que Laurent Nkunda avait raison depuis le début. Au cas où les difficultés entre le faux CNDP et Kinshasa persistent, à quoi s'attendre? A un divorce probablement même si j'ai horreur du mot divorce. Et il faudra bel et bien revenir à une case de départ. Cette fois-ci il faudra choisir la bonne, case il va sans dire, et pas la fausse.

Sunday, 29 April 2012

LA MONUSCO A COURT DE PRETEXTE COMME KABILA

Il y a peu je rappelais aux lecteurs de ce blog que quand la légitimité de Joseph Kabila chancelle, il a recours au même pretexte: agiter les eaux de la haine contre les tutsis congolais. Une tactique qui a toujours marché car un discours destructeur fonctionne plus efficacement qu'un discours constructeur surtout quand il vise un imaginaire aussi faible que celui du peuple congolais. C'est à cela que rime toute la confusion qu'il a laissée sur sa trace lors de son dernier passage à l'Est. Ses généraux se félicitent encore d'avoir arrêté je ne sais combien de militaires du CNDP. Ils ont même parlé de ceux qu'ils ont réussi à déployer ailleurs que dans le Nord et le Sud-Kivu. Soit, mais en quoi cela change-t-il le sort du peuple qui a besoin de paix pour continuer ses occupations qui consistent, très souvent en un effort de survivre le jour?

Mon passage à Goma il y a une semaine m'a confirmé le gouffre qu'il y a entre le discours de la classe politique et l'acharnement d'un peuple travailleur qui se débrouille en une absence généralisée de l'Etat. L'allure bigarrée du quartier Birere à Goma vibrant d'une dernière version de ce que l'on appelle l'économie informelle est très éloquente. Cette activité grouillante fait plus pour le pays que Kabila et la Monusco combinés. Puisque je mentionne la Monusco, parlons-en. Elle approche la fin de son mandat les mains vides quant aux résultats en terme d'impact sur le processus de paix bloquée depuis Janvier 2009; d'impact sur la rehabilitation des déplacés dans leurs propres terres; enfin d'impact sur le retablissement de l'autorité de l'Etat à l'Est de la RDC. Je suppose cependant que cette même Monusco s'est enrichie en termes d'affaires louches autours de l'exploitation des mines et malheureusement aussi des pratiques immorales qui détruisent la population surtout jeune. Mains vides donc et au moment où le sort de cette entité doit être décidé au Conseil de securité de l'ONU.

C'est en prévision de cette échéance que la Monusco aurait, semble-t-il préparé ce qu'elle a espéré être un scoop médiatique. Elle signale Bosco Ntaganda en Ituri bien entendu en affirmant qu'il y prépare une nouvelle rebellion. La Monusco a donc mis en alerte ses ttroupes dans cette partie du pays. Simultanément elle affirme avoir établi huit postes opérationnels au Sud-Kivu pour la protection des populations dans cette autre partie de l'Est de la RDC. Il faut courir tous les lièvres à la fois pour assurer la permenance de cette inepte Monusco qui se moque bien de la misère de la population qu'elle s'est habituée à regarder dédaigneusement du haut de ses jeeps tout terrain, ses avions et helicos. En brandissant le nom de Ntaganda lié à une énième rebellion à l'Est est, sans doute, une assurance de légitime présence de la Monusco. Roger Meece et ses gars sont sûrs que le conseil de sécurité n'y refléchira pas deux fois. Joseph Kabila non plus, tout occupé avec son nouveau premier ministre à embrasser la modernité le slogan de son nouveau quinquenat!

Thursday, 12 April 2012

UN BOURBIER EN L'ESPACE DE TROIS JOURS

Voilà ce que Joseph Kabila a réussi durant son séjour à l'Est. On peut aller jusqu'à dire qu'il cheche activement à déclarer une guerre, contre les Kivutiens cette fois s'il est vrai que les voisins outre-frontières ne veulent plus entendre parler de guerre. Fidèle à son propre style, il ne peut se maintenir au pouvoir sans embraser le Kivu. Les extremistes qui commandent les deux régions militaires ne peuvent qu'en être contents. Son revirement contre Ntaganda est un pretexte ideal pour masquer plusieurs aspects du manque d'engagement politique du rais. Hier je parlais de son besoin plus qu'urgent d'asseoir sa légitimité. Il faut rappeler qu'il doit aussi satisfaire les vautours, surtout ceux qui s'auto-proclamment défenseurs des droits de l'homme. Maintenant il faut ajouter une autre raison: son projet irresistible d'erradiquer le CNDP. 

Aujourd'hui les journalistes cherchaient à traduire ses propos en Kiswahili où il disait qu'il peut arrêter Ntaganda et le juger. Comment compte-t-il faire cela? Il va, s'il ne l'a déjà pas fait, tenter d'acheter en monnaie sonnante et trébuchante des proches de Ntaganda. S'il a réussi en 2009 à les convaincre de trahir Nkunda au profit de Ntaganda, il croit pouvoir faire la même chose. Payer ceux d'entre qui peuvent le lui livrer. Qui a trahi une fois peut bien trahir deux fois. Reste à savoir si à l'allure où vont les choses, il réussirait cette manoeuvre. Surtout après avoir déclaré la cessation de toutes opérations contre les FDLR. Aucune somme d'argent, à mon avis, ne serait convaincante après une décision pareille. Il y a traitrise et traitrise!

Puisque c'est d'un bourbier que nous parlons, la cessation de toutes opérations contre les FDLR est une déclaration de guerre contre toutes les forces qui les ont toujours combattues. Cette cessation semble comporter des implications très lourdes en termes de restructuration de l'armée à l'Est. Si on revient au schema 8ème region militaire à Goma et 10ème à Bukavu, il est inévitable de pousser non seulement le CNDP, mais aussi les Pareco, Mundundu 40 et autres à reconsidérer leur appartenance et pour quelle fin. On voit dans ce genre de décision irréfléchie et précipitée, un rais qui écoute les extremistes du comandement militaire dans les deux regions. Des extrêmistes qui ont leur responsabilité quant à la clochardisation des soldats. Des extremistes qui n'ont jamais saisi la dimension politique des troubles à l'Est et qui continuent à en faire un fonds de commerce pour leur propre gain et celui du président.

Wednesday, 11 April 2012

KABILA A LA RECHERCHE D'UNE LEGITIMITE IMPOSSIBLE

La démocracie libérale gauchiste qui domine l'agenda occidental en Afrique est obsedée par le simulacre de légitimité qui passe par les élections. C'est comme cela que ladite communauté internationale trouve tout à fait normale qu'un Joseph Kabila se maintienne encore au pouvoir. Il ne s'agit même plus de formalisme positiviste kelsenien. C'est juste de la magouille. De la plus évidente. Honteux n'est-ce pas? Oui bien sûr. Ils en sont tous conscients. Seuls les congolais, pas la classe politique à Kin, savent que Kabila n'est pas légitime. Et ça se palpe. Si les diplomates se plaignent et accusent les congolais de ne pas avoir "de sang arabe", ce qu'ils savent que c'est insupportable d'imposer au peuple un leadership qui a prouvé son ineptitude pour les derniers 10 ans dans l'histoire du pays. Mais c'est leur ami, au moins en termes pécuniers. Puisqu'ils réalisent que les congolais ne sont ni tunisiens, ni égyptiens, ils ont trouvé une autre manière de lui assurer "sa légitimité" qui  racheterait aussi les contradictions de leur propre discours. D'où l'unanimité que les vautours cherchent à consolider autour du cas Ntaganda pour la Haye. Le belge qui a visité Kin récemment, le gars de l'Africom, etc... exigeaient tous la même chose. C'est facile de s'imaginer ces longues mains de la plutocracie internationales expliquant au Rais qu'il devrait faire au moins un geste: envoyer à la CPI l'homme qu'il présentait il y a si peu à tous comme le champion de la paix "retrouvée" à l'Est.


Cependant, les choses ne sont pas aussi simples et Kabila ne va pas tarder à s'en rendre compte. A chaque fois qu'il s'est trouvé en mal de légitimité, il a eu recours à la guerre à l'Est. Maintenant il essaie de brouiller cette vieille carte. Chercher à arrêter Ntaganda pendant que les soldats dénonçaient l'incapacité de Kinshasa d'honorer sa part des accords "bidon" d'Ihusi au même moment où les grosses voix de l'armée de l'Est et le haut commandement militaire cherchent à convaincre Kabila que le CNDP est sur le point de mener une offensive générale, voilà un scenario vraiment brouillé. Jouer à l'arsoniste et au pompier peut se reveler dangereux parfois. Il y a quatre jours je disais que deux bataillons ont été dépêchés du Kasai et de Kindu pour en finir avec le CNDP. C'est presqu'enfantin pour la hiéarchie de l'armée de convaincre Kabila que la seule manière de résoudre les problème de l'armée et ceux de l'absence de l'Etat au Kivu, c'est d'erradiquer le CNDP. Pas si aisé que ça. 


Puisqu'il en est ainsi, le rais a fait le déplacement en personne pour aller menacer encore, tonner, intimer, quoi et à qui? La même chose: déploiement à l'ouest et j'entends dre qu'il vient aussi de décider l'arrêt de toute opérations contre les FDLR. Est-il en train d'essayer de forcer la main du Rwanda pour pousser ce dernier à une énième guerre? Un peu désespéré non? Je n'ai aucune idée de la position des nokos de Kigs, mais je pense qu'il ne sont pas intéressés par une possibilité d'être entrainés dans une autre guerre. Ils sont très bien occupés à développer leur pays, ce que Kabila devrait apprendre à faire. Il peut les allecher en leur disant que Nyamwasa and co pourraient trouver un terrain fertile au Kivu, mais à Kigs on sait bien que la question congolaise se fiche des dissidents rwandais. Je n'en suis pas certaine, mais je parierais que Kigs peut très bien dire à Kin que maintenant il s'agit d'un problème congolais qu'il faut résoudre entre congolais en commençant par les conditions des soldats et les différents politiques qui opposent la périphérie kivutienne à la kléptocracie qui règne à Kinshasa.  Ceux d'entre nous qui observent de très près ces différents savent aussi très bien à quel point Kinshasa n'aurait jamais honoré les accords d'Ihusi. Il est donc grand temps de revenir à la case du départ.

Sunday, 8 April 2012

REACTION DE JOSEPH KABILA A UN MEMORANDUM DES TROUPES

Très intéressant quand un article du Potentiel parle du CNDP du général Nkunda, au lieu de ce qu'ils ont pris l'habitude d'appeler le CNDP de Bosco Ntaganda. Il n'y a jamais eu de CNDP ni d'UPC de Bosco Ntaganda. Parce, Dieu merci, dans l'armée il y a une hiérarchie. Mais ce n'est pas tout, la hiérarchie n'explique pas tout. Ce qui fait le CNDP plus qu'une force armée, c'est une cause politique d'intérêt national et même régional étant donné son importance pour, non pas seulement la stabilité, mais bien plus le développement de la nation et de la région. Je crois que Ntaganda lui-même ne trouverait rien à reprocher à cette interprétation de la réalité. Le pouvoir à Kinshasa et un grand nombre d'occidentaux qui cherchent à influencer le présent et le future du pays ont tort d'ignorer cette cause. Cette ignorance les poussent à mettre en avant des non-solutions à n'en plus finir. Et Joseph Kabila et sa clique sont les premiers à manquer le courage politique de faire face à la cause à laquelle nous devons un élément aussi formidable que le CNDP. Si quelqu'un croit que je m'en prends contre Kabila gratuitement, je dirais qu'il faut bien observer ce qu'il est en train de faire maintenant.


Il a en effet reçu un memorandum des militaires de l'Est du pays, rappelant les engagements de cessation de guerre pris immédiatement après l'arrestation de Laurent Nkunda. Kinshasa qui ne veut pas faire montre de panic, panique en fait. Et pour cause, le memorandum a été suivi par le mouvement de troupes dont je parlais récemment. Ce langage pourtant éloquant n'a cependant suscité qu'une réponse absolument inadéquate, parce que Kabila n'écoute que des charlatans et des vautours. Au lieu de penser à négocier quand il ne s'agit encore que de questions de salaire, qu'est-ce qu'il fait? Il envoie deux bataillons commandos formés respectivement par les belges à Kindu et les chinois (eh oui!!!) au Kasai. Un peu tard sur quelque front, il faut s'y attendre quand on fonctionne sur une logique de précipitation. Un peu tard parce que Bunagana est sous controle des auteurs du mémorandum, les FARDC en fuite en Ouganda. Les deux bataillons arrivent sur Goma et Bukavu sur ces entrefaites. Et comme toujours ils seront en train de se demander pourquoi combattre et pour qui. Ce doute n'est jamais présent chez leurs adversaires dont l'avantage majeur réside dans le fait qu'ils aient vaiment une cause pour laquelle non seulement on est prêt à combattre mais aussi prêt à mourir. Je garde encore dans le inbox d'un de mes courriers életroniques un échange d'emails avec Koko Denis. Je m'apprêtais à aller participer à une conférence à Goma autour du 30 juin 2010 et je lui écrivais pour savoir s'il serait possible de discuter avec lui quelques aspects historiques de la cause politique du CNDP. J'étais loin de penser que ce serait là son dernier courrier et que je ne le verrais pas du tout. Elle est chère à ce point cette cause. Aujourd'hui nous sommes tous d'accord que l'arrestation de Nkunda n'a rien changé à cette marche historique et politique; ce que nous avons appelé en son temps la trahison de Ntaganda, de même. Les alliés de Kabila, belges, chinois, américains ou autres doivent finir par comprendre cette réalité et arrêter d'essayer de l'enterrer sous les immondices d'une rhétorique mercantile. 

Dans ses négociations avec l'Africom, Kabila ne peut pas oublier cette dure réalité. C'est certain que l'Africom lui propose, encore (combien de fois????), de former ou de re-former son armée, sous bien entendu, le pretexte d'assister son pouvoir dans son effort de créer un secteur privé dynamique. Et vous me reprochiez déjà d'user d'une sorte de néologisme quand je parle de rhétorique mercantile? Une force armée, étrangère de surcroît, pour créer un secteur privé? Anyway, et ils vous diront que pour que cela devienne réalité, Ntaganda doit être à la Haye aujourd'hui. Cette Africom n'est-elle déjà pas active en Ituri? Haha. Attendons voir. Ils doivent quand même savoir que leur succès dépend aussi de la manière dont Kinshasa répondra à toutes les questions pendantes comprises dans la cause du CNDP, que Ntaganda soit à la Haye ou pas, just irrelevant. Je soupçonne que même Kabila doit aujourd'hui penser que les négociations intérrompues à Nairobi, quand il était sur le point de trouver un point de convergence avec Nkunda, auraient été plus bénéfiques au pays que le bourbier qui s'annonce. Il n'est jamais tard pour bien faire.

Wednesday, 4 April 2012

NOS EXPERTS CHOISISSENT BIEN LEURS CRIMINELS

Ce qui ont eu la patience de lire ce blog depuis septembre 2008 savent ce que je pense de Bosco Ntaganda à partir de sa participation dans l'arrestation arbitraire et sommaire du général Laurent Nkunda. Je ne retire donc rien de ce que j'ai écrit à son propos en janvier 2009. J'ai aussi exprimé ici mon opinion de la condemnation de Thomas Lubanga par la Haye en expliquant que la justice de cette cour ne profite à personne en RDC. Maintenant je dois dire quelque chose à propos du tohu-bohu qui recommence au Kivu. Nos experts occidentaux de tous bords qui ont applaudi Kabila et Kagame au moment de l'arrestation de Nkunda ont, il y a juste trois ans, applaudi de ce fait, le courage de Bosco Ntaganda et l'ont converti en héro, au nom de la pseudo "paix" kabiliste. Soudain ils le comparent à Kony. Ce mysterieux Kony que tous croient caché quand ils savent très bien où il se trouve. Qui peut se cacher même dans la jungle équatoriale dans l'âge de l'image satellitaire parfaite? Pourquoi un revirement pareil? Ce n'est pas la première fois que cela arrive, mais passons.


C'est le timing du revirement qui m'intéresse. Les soldats congolais, toujours laissés pour compte, inaugurent le nouveau mandat de Joseph Kabila en protestant, leur salaire minable, souvent empoché par leurs chefs, les conditions misérables dans lesquelles ils vivent, les batailles qu'ils doivent continuer à livrer quand Kabila et ses experts disent que le pays est en paix, etc... Tout cela peut énerver n'importe qui! Ils entrevoient 5 ans vides d'intérêt pour eux et vide d'accomplissement en faveur du peuple. Il faut avoir le toupet de nos chers experts cum vautours pour monter au créneau aujourd'hui et parler des soldats, du CNDP ou des FARDC, peu importe, quand on passe sous un lourd silence les FDLR. Je suis contre cette logique obscure qui cherche le tort chez les victimes quand les vrais bourreaux sont tacitement acceptés. Quand les experts-vautours s'acharnent sur Lubanga, Ntaganda, Bemba ou Nkunda (très différents) sans inquiéter en rien les génocidaires que nous connaissons tous, sans mettre en question le régime de Kabila pour ses crimes, nous savons très bien où ils veulent en venir.


Quand ils s'agitent pour faire porter aux Tutsi congolais le spectre de la balkanisation de la RDC, c'est juste parce qu'ils veulent définitivement remplacer ces Tutsi congolais par les génocidaires et leurs alliés dans l'Est du pays. Ils ont cru avoir réussi completement en faisant coffrer Laurent Nkunda. Ntaganda a joué leur jeu un moment, mais à l'allure où vont les choses, je suppose qu'il a compris, car je pense qu'il n'est quand même pas ignorant. Nkunda avait raison, la cause qu'il défendait, et j'ose croire défende (être privé de liberté de mouvement ne signifie pas être sans liberté de conviction!) encore est plus grande que les alliances conjoncturelles concoctées sous le patronnage de nos experts-vautours. Avec sa collaboration de janvier 2009, Ntaganda a fait réculer sérieusement la bataille pour la cause, mais il ne l'a pas arrêté. La faiblesse et la négligence du régime de Kinshasa n'excuse en rien ce régime dans son devoir de faire face, si pas aux questions politiques non résolues au Kivu, au moins à la vérité historique dont le mouvement des soldats ces derniers jours n'est qu'un signe avant-coureur. S'il y a un plan de balkanisation, il est bel et bien préparé par le régime de Kinshasa - par action et par omission-  et tous ces experts qui travaillent à leur propre enrichissement en imposant au pays une classe politique déficitaire en volonté politique. Les diplomates de Kabila ne peuvent pas capitaliser sur les blogs des vautours (http://kristof.blogs.nytimes.com/2012/03/14/bosco-2012-while-we-hunt-kony-another-indicted-war-criminal-lives-a-life-of-leisure/) ou courir chez les nokos de Kigs pour résoudre un problème aussi simple que payer le salaire des soldats. Est-ce qu'avoir Lubanga, Katanga, Bemba, Ntaganda à la Haye paiera les soldats? Est-ce que l'homme à tout faire, Kagame, doit aller à Kinshasa faciliter un atelier sur le "Payroll" d'une armée? Come on guys!

Tuesday, 20 March 2012

KINSHASA LA BULLE

A Kinshasa on parle d'un gouvernement d'ouverture, c'est-à-dire d'ouverture à l'opposition, d'après les consultations de Mwando Nsimba. Mobutu doit se marrer là où il se trouve, ces vieux mobutistes sont encore et toujours dans les coulisses du pouvoir! Qui aurait crû en 1997 qu'un mobutiste serait l'informateur, ou est-ce le formateur deguisé, du prochain governement! Gouvernement d'ouverture donc, mais je dirais plutot gouvernement d'aventures! Ce qui ont fait et font la queue au Grand Hotel de Kinshasa sont une espèce de mélange bigarré de chefs de partis (peut-être aussi particules), opposants aussi bien qu'indépendants. Le congolais moyen est à mesure de percer à jour ces nouveaux zelés de la nouvelle heure qui sentent que "leur tour de manger", comme diraient les Kenyans, est arrivée. Et la bulle commence à s'enfler. Kinshasa la bulle politique du Congo ne va cesser de s'enfler jusqu'aux prochaines échéances électorales.  On parle déjà d'une majorité "présidentielle" qui se dégage en raison de 342 députés nationaux. Parliez-vous d'ouverture à l'opposition? Mais quelle opposition si la majorité se dégage si clairement.

Pourquoi bulle? Simplement parce que cette sarabande maccabre de former un nouveau gouvernement amorphe au service des ministres "budgetivores" ne se passe qu'à Kinshasa. Ailleurs, loin des "officines politiques improvisées" de Kinshasa, la population entière sombre progressivement et sans espoir dans le marrasme qui dure depuis si longtemps. Marrasme auquel Kinshasa la bulle est absolument sourde et étrangères. C'est pour cette raison que ce qui se passe à Kinshasa présente si peu d'intérêt pour moi. Si Thisekedi boude encore ou ne boude pas, si 90% des élus de son partis participent aux consultations gouvernementales sans lui, si le PPRD a été supplanté superbement par le PPPD dans les grâces du président, etc... tout cela n'a aucune  importance pour les populations de l'Itombwe à l'Ituri, pour les refugiés congolais refoulés de l'Agola, pour les populations congolaises refugiés au Burundi, Rwanda, Tanzanie ou ailleurs; ou pour les populations encore opprimées par les FDLR. Aucun de ces hommes qui consultent avec Mwando Nsimba ne pense à toutes ces populations longtemps laissées en marge de tout agenda politique en RDC. En conséquence, elles ne devront penser qu'à elles même pour se libérer. Il faut y penser et y travailler pendant que les chancelleries étrangères, les ONG et nos fameux experts sont encore obsedées par les dividendes qu'ils vont récolter d'un autre mandat de Joka.

Friday, 16 March 2012

LE BOUC EMISSAIRE LUBANGA

Je disais bien que je n'étais pas la seule à croire que le jugement Lubanga n'est que du bluff. Le compatriote Baudouin Amba Wetshi est du même avis. Pour ceux qui n'ont pas pensé à lire Congoindependant, voici le lien: http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=7173. Vous remarquerez qu'il prend bien soin de mentionner que le numéro 2 de Thomas Lubanga est libre et bénéficie de la protection du régime.

HRW par son ténor encourage le procureur de la CPI d'enquêter le financement de l'UPC. Vous pouvez lire son avis ici:  http://www.lepotentiel.com/afficher_article.php?id_edition=&id_article=121577. Les sangsues s'acharnent!

D'autre part, un ami m'a demandé si je n'exagerais pas en continuant de parler des FDLR en RDC, et comme pour me donner raison, Radio Okapi informe du chaos causé à Masisi par cette bande de génocidaires que tout le monde s'évertue à "oublier". L'axe Masisi - Nyabiondo recommence cette dance macabre de tueries, qui va même jusqu'à Ruki, et pas Luke comme l'écrit Okapi.