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Tuesday, 31 March 2009

QUAND LES ELEPHANTS SE BATTENT

On dit bien que c'est l'herbe qui en pâtit. A regarder la RDC de près, en tout cas son peuple, ses citoyens ordinaires et courants, on comprend bien le sens illustratif du dicton. Seulement on ne sait pas combien d'élephants se battent et pour combien de temps, sur le territoire national. Le bras de fer, qui s'est soldé par l'éclipse politique de l'homme qui a le plus contribué à faire accepter Kabila en RDC, était de l'ordre de la bataille d'élephants même si il a pris la forme d'une querelle de parti. A un moment donné, sans être admiratrice de Kamerhe, j'ai cru et même souhaité que l'homme tiendrait tête à l'AMP. Son attitude lui avait gagné l'appui des députés qui voulaient demander des comptes au gouvernement. Le peuple surtout kinois, estomaqué par la resurgence d'une présence rwandaise, s'était spontanément rangé du côté de Kamerhe. Il est aisé de penser que le fragile imaginaire populaire flairait finalement une sorte de renaissance d'un homme d'Etat considéré corrommpu ne fut-ce que par la manière dont il a acheté les élections de 2006. J'ai vraiment cru, au moins par moments, qu'il allait vraiment tenir tête. Quel n'a donc pas été mon étonnement de le voir démissioner avec une telle promptitude, on dirait même une certaine aisance. La raison de ce revirement je l'ai trouvée dans les méandres des arguments compliqués que présente spéctaculairement le "Terminator original" (H. Ngbanda). Ne croyant pas beaucoup ni à sa conversion proclamée, ni à ses points de vue, je lis cependant ce qu'il écrit car, derrière toute cette fumée on peut trouver quelques charbons laissés par un certain feu.

En effet il a fait circuler sur le net un document faisant état d'une manoeuvre ayant pesé lourd dans la décision de Kamerhe. Voici en quels termes il nous présente la chose: " Car la veille de sa démission, Kamerhe venait de jeter le pavé dans la marre en écrivant au ministre des finances et au Président de la Cour des Comptes pour leur demander de diligenter une enquête sur la sortie frauduleuse de fond effectuée le 19 mars 2009 à la banque centrale du Congo au profit de l’Assemblée nationale, sans qu’aucune autorité compétente de cette institution ne l’ait ordonnée ni moins encore réceptionnée. Pourtant, le Comptable publique principal de la Banque centrale a bel et bien décaissé 1.150 000 $ (un million cent cinquante mille dollars américains) sous le code comptable 0536. Mais seulement, personne au Parlement n’est au courant de cette opération. Ou plutôt si ! Vital Kamerhe qui nage dans la même marre aux crocodiles avait été pleinement prévenu par ses antennes que c’est «son rival» (entendez «Joseph Kabila») qui a ordonné cette sortie de fonds pour financer l’opération de «soutien du moral des députés AMP» et autres en sa faveur. Et voilà que brusquement, mercredi 25 mars, alors que plus de quatre cents députés l’attendaient depuis 10 heures dans l’hémicycle pour la plénière, Kamerhe s’amène vers 13 heures seulement pour lâcher la bombe : « …tout en vous remerciant pour avoir cru à l’action que nous avons menée ensemble ici dans notre institution, je vous prie de bien vouloir accepter ma démission sans débat ni vote» ! Explosion de joie dans les rangs des députés de la majorité présidentielle, stupeur dans le camp de l’opposition, et plus particulièrement dans le groupe des dissidents de l’AMP qui avait cru en Kamerhe et qui voient leur pilote sauter en parachute et les abandonner en plein ciel agité par la tempête! "

Le Terminator, qui s'y connaît dans ce genre d'affaires, n'hésite pas à affirmer que Kamerhe est tombé dans la même trappe que JP Bemba. Ce qui me fait penser à une autre bataille d'élephants qui, en aout 2006 et en mars 2007, a meurti tellement l'herbe populaire qu'elle ne s'en remet encore pas. La chose la plus terrible, c'est qu'il y a des élephants encore plus gros et plus forts, capables de reduire les bataille ci-haut décrites en simple bagarres d'adolescents. J'ai affiché, il y a quelques jours un article sur le FMI. Les kabilistes avec Kabila en tête ont refusé mordicus d'opérer la révision des contrats chinois. Une des choses que le général Nkunda a dite en provoquant intensément le courroux des kabilistes, c'était que le peuple congolais avait le droit d'exiger la révision de ces contrats. Nous savons tous que cette exigence n'allait pas venir d'un parlement qui dit oui-oui à un exécutif prédateur. Or qu'en est-il de cette situation aujourd'hui? Les fameuses institutions de Bretton Woods n'avaleront jamais le troc sino-rdcongolais portant sur une exploitation léonine des mines en échange d'infrastructures encore invisibles. De quel pouvoir disposait Kinshasa pour resister à la pression? Aucun. Le résultat est là. La Chine est puissante, mais elle cultive aussi son image et sa place parmi les puissants. Elle n'est pas prête à saborder tout cela pour les beaux yeux des faucons kabilistes. Moyennant quoi, elle ne déboursera que le tiers des 9 milliards sur lesquels comptait Kabila pour réaliser les "cinq sentiers". A cette allure, ce ne sera vraiment plus que des sentiers! Surtout si pour la destruction de chaque adversaire politique, il faut puiser dans les coffres qui devraient financer les infrastructures potentielles... Voilà donc comment l'herbe populaire congolaise est savamment piétinée par les grands élephants de ce monde. Il faudra bien qu'il y ait pas seulement un Nkunda, mais bien un bon nombre qui veuille parler et défendre les victimes de ces batailles féroces entre élephants aveuglés par une cupidité sans mesure.

Wednesday, 28 January 2009

KABILA S'ENCOMBRE

JOSEPH KABILA S’ENCOMBRE ET LES VAUTOURS HUMANITAIRES SE FROTTENT LES MAINS.

L’Est de la RDC a toujours été explosif, pas seulement à cause de la nouvelle forme de guerre inaugurée par le jeune président du grand pays. C’est la terre des volcans, c’était le grénier de la République jusqu’à la fatidique année 1994, sa géographie, sa flore et sa faune vous coupent tout simplement le souffle, n’est-ce pas explosif ça ? Cependant l’évolution des choses depuis la semaine dernière prend de plus en plus les allures d’une éruption volcanique, et pas celle du Nyamulagira dont les vulcanologues de Goma annoncent déjà les signes. Il va y avoir du remous, mais c’est du remous politique. Peut-être le Nyamulagira y mettra du sien sans crier gare, ce qui n’arrangera pas le destin du peuple. Quels remous politiques peut-on envisager ?

Echéances électorales et repositionnement politique.

Oui les Nokos ont fabriqué une simili-démocratie sur la superficie d’un magma de problèmes politiques non résolus. C’est connu, mais on y reviendra. Le ticket qui a installé le chef de l’Etat avait un slogan, emmener la paix dans tout le pays. Mais surtout restaurer la paix à l’Est du pays. Ce qui n’est pas arrivé. D’abord parce que les Nokos, après avoir exporté et installé les génocidaires en RDC, ont contribué activement à les maintenir comme un facteur destabilisateur. Ils n’ont jamais rien fait à leur propos depuis Lusaka en 1999 jusqu’à Rome en 2005, et finalement le fameux accord de Nairobi. Ensuite parce que, contre l’avis de ces mêmes Nokos, le chef de l’Etat a voulu résoudre les problèmes politiques des ressortissants du Nord-Kivu par les armes, sans pour autant avoir une armée. Pendant que les insurgés du Nord-Kivu réussissaient à contraindre le pouvoir au dialogue, les remous politiques ont commencé. Les Nokos s’agitaient parce que sachant que les insurgés ont des doléances politiques sérieuses. Il ne fallait pas risquer d’y répondre sans avoir joui des bénéfices d’avoir payé 500 millions d’euros pour introniser le pouvoir à Kinshasa. En écoutant les doléances des insurgés sur le plan national et international, on risquait de faire face à la tache gigantesque de penser au peuple plutôt qu’à la poche ou au champ d’influence de certains. Je l’ai dit ici beaucoup de fois, on a traîné les pieds à Nairobi pour trouver une manière d’adopter l’option du Rais et ses parrains, à savoir le programme Amani. Je posterai tantôt le lien sur une nouvelle de l’ONU qui le réitère.

Mais tout cela était sans compter sur la vitesse que le dynamique Rwanda et Kabila allaient imprimer sur le cours des événements en prenant tout le monde de court. On ne compte que des heures entre la scission provoquée au sein du CNDP (les dollars payés à Bosco Ntaganda, le transfert d’un Munyampenda à Masisi pour faire figure politique à côté d’un militaire de la trempe de Ntaganda, les déclaration du fameux Dr Kamanzi qui ne s’y connait absolument pas en maquis etc...), la ruse assez simple (une fois qu’on la connait) d’attirer Laurent Nkunda en détention et le début des opérations conjointes entre la RDF et les FARDC. On ne peut pas vraiment inclure le CNDP parce que Bosco Ntaganda ne compte pas grand chose comme militaires l’ayant suivi dans sa démarche hasardeuse. Parfaite synchronisation des faits spéctaculaires sur lesquels Kabila compte pour engranger la confiance de son électorat qu’il a surtout fait souffrir. Consternation du peuple auquel Kinshasa a habitué des discours vilipendant le Rwanda. Jusque là les congolais savent que Kinshasa insulte le Rwanda. Et les tutsis congolais sont traités de rwandais par les congolais comme si cela était une insulte. Mais en politique on peut passer des insultes aux embrassades sans transition. Kabila le démontre depuis la semaine dernière et les congolais doivent s’y faire vouloir ou pas, car c’est la réalité.

Qu’est-ce que tout cela a à voir avec le repositionnement politique ? Eh bien le président de l’assemblée nationale s’est dit surpris des accords et des opérations qui en ont résulté. Il a dit que si c’était vrai, c’était grave, montrant qu’il n’était pas au courant de la démarche menée par Katumba Mwanke et John Numbi au Rwanda (selon Braeckmann pour maintenir le secret et laisser dehors les kivutiens http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/2009/01/27/le-double-pari-de-kabila-et-kagame/). Depuis, il est allé demandé des explications au président, sous pression des députés. Et c’est ici qu’on voit les signes du shift au sein de la toute puissante AMP, et c’est certain que c’est en vue des prochaines échéances. Evariste Boshab avait déjà rappelé à Kamere qu’il fallait faire confiance au président. C’est d’ailleurs ce que Etumba lui même s’était empressé de faire, une fois qu’il s’est rendu compte qu’il avait parlé trop vite en confiant aux medias qu’il ne savait rien. La motion des députés de l’opposition portant sur la convocation d’une session extraordinaire pour débattre des opérations a été déchirée par ceux de la majorité. Le repositionnement se dessine, on ne peut s’y méprendre. Lambert Mende lui a été le fidèle porte-parole du gouvernement insistant que le Rwanda a été invité. Et après il a même dit à Radio Okapi que le gouvernement avait été surpris de la surprise du président de l'assemblée... Sideling somebody here?

Les encombrements du Rais

Et voilà le premier encombrement du président de la république, c’est-à-dire la scission au sein de son cercle de faucons. La scission n’est plus seulement entre l’opposition et la majorité, mais celle-ci également semble se diviser. Les Kivutiens perdent leur « clout » autour du président et quand cela arrive, les plus sûrs, c’est la famille, le Katanga. Le deuxième encombrement du président c’est l’autre scission qu’il a créée : entre Bosco Ntaganda et Laurent Nkunda. L’arrestation de Nkunda a accompli le miracle d’une victoire finale de kabila contre ce dernier. Gérard Prunier a pourtant dit à IRIN que c’était le résultat « d’un désespoir, d’une incompétence et de l’animosité personnelle ». Mais l’utilisation de Ntaganda ne peut pas produire de gros résultat pour Joseph Kabila. HRW, la CPI, même la MONUC désespèrent de prouver au monde qu’ils sont efficaces. Ils ont déjà commencé à faire pression pour que Bosco Ntaganda soit arrêté. Il faut souhaiter que ces vautours lui accordent au moins le temps de jouir de son argent qui le prix de quelque chose de très précieux. Mais ils ne lacheront pas si vite. La délégation que Kinshasa a envoyé à la Haye pour négocier le retrait du mandat contre Ntaganda.

Le dernier encombrement du président est sa propre capacité de convaincre le monde, surtout les vautours, de la justesse de sa coopération avec la RDF. Vous pouvez voir la pression se formuler clairement ici : http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm?id=5886. En plus ce n’est pas certain que l’opération contre les FDLR soit un succès en 15 jours, même pas en une année. Tout au plus ils vont être repoussé le plus loin possible dans la forêt. Mais alors, les troupes qui les chassent devront s’installer d’où elles les ont chassées pour a’assurer qu’ils ne reviendront pas. Les FDLR ont affirmé à maintes reprises qu’elles ne retreront pas de manière forcée. Pour que cela se fasse, il faut de troupes qui connaissent mieux le terrain et bien plus nombreuses et mieux équipés. Ce dernier encombrement est juste, si pas une erreur de calcul de la part de Kabila, un mensonge aux institutions et à son peuple. 15 jours ? C’est simplement ridicule. Et c’est sur ce point-ci que l’ONU patauge et va patauger, à moins que l’UA ne la secoure à Addis-Abeba cette fin de semaine.

Friday, 9 January 2009

FOLLOWING CHIEF OBASANJO'S TRACK

In the same day, that is yesterday Wednesday 8th 2008:


And then,

And then,

Incredible sequence. Chef Obasanjo's energy may be proving to be steely! Long life to the dialogue, hoping it will not end up being a one way or onesided dialogue, which linguists call monologue! I mean, this time the mediation got to ensure that the real questions are tackled!

Wednesday, 26 November 2008

SEULS FACE A L'INJUSTICE GLOBALE

KINSHASA TIENT À RESUSCITER LE DÉFUNT PROGRAMME AMANI, UN PRETEXTE POUR RELANCER UNE OFFENSIVE PLUS MEURTIERE QUE LES PRECEDENTES


Hier dans la soirée, Reuters a publié des propos du ministre congolais de l’information, Mr Lambert Mende. Il a dit qu’aucune négociation n’était possible entre le gouvernement congolais et le CNDP. Il a ensuite explicité, sachant très bien que cette obstination à ne pas négocier demeure la raison fondamentale du malheur kivutien. Mais son explication ne changeait en rien son affirmation première : « Nous acceptons de négocier avec Nkunda dans le cadre Amani », un programme qui a échoué parce qu’il ne s’agissait qu’un programme à sens unique avec lequel le gouvernement voulait torpiller le peu d’avance qu’avait signifié l’Acte d’Engagement de Goma. En effet, l’engagement pris par le gouvernement dans cet Acte constituait un pas vers une possible paix négociée. Cependant Joseph Kabila et son entourage extrémiste ont eu l’impression d’avoir fait des concessions qui seraient interprétées comme une seconde humiliation après celle de Mushaki.

Donc pour répondre à l’appel qu’Olosegun Obasanjo, en sa qualité d’Envoyé Spécial de l’ONU, a adressé au président Joseph Kabila, Lambert Mende affirme que « personne ne peut négocier en dehors du programme Amani". Nous savons qu’Olosegun Obasanjo avait déclaré à la presse et informé l’ONU qu’il n’avait rien trouvé d’outrageux dans les exigences du CNDP. Que s’est-il alors passé entre ces déclarations qui date du 16 Novembre et le refus de négocier proclamé par Lambert Mende hier ?

1) Le président Kabila est allé consulter ses alliés à Brazzaville et à Luanda, pendant que ses alliés en Europe s’activaient sur deux possibles points d'appui à son option guerrière. Les vautours ont fait pression sur l’ONU pour obtenir les 3100 casques bleus supplémentaires. En cela les vautours ne faisaient que seconder la pression de la diplomatie française sur le Conseil de sécurité. La course à la montre ne pouvait pas s’arrêter là, ils n’avaient que les heures dont Kabila avait besoin à Brazzaville et à Luanda pour agir vite. Les casques bleus supplémentaires sont déjà une réalité, et semble-t-il un armement plus efficace pour anéantir les troupes du CNDP, on parle déjà de 15 hélicoptères supplémentaires. On s’active pour qu’en décembre le mandat de la MONUC soit modifié dans le sens d’en faire une armée pour amasser les victoires que les FARDC-FDLR n’ont pas encore remportées.
2) Les vautours ne s’arrêtent pas en si bon chemin, la pression augmente sur les pays européens pour qu’ils envoient des troupes plus crédibles que les pakistanais, népalais, indiens, sud-africains, etc. Charles Michel a dû rappeler aux media que depuis la mort de 10 soldats belges durant le génocide rwandais le parlement a interdit l’envoi des troupes belges. Il y en a qui veulent obliger le parlement belge à amender cette décision, mais le fera-t-il du vivant des famillles des victimes? Et sur terrain, les vautours ont trouvé tous les prétextes du monde pour déménager les déplacés des Kibati comme pour déblayer le terrain avant une offensive d’envergure contre le CNDP. Cela n'a pas été difficile, il suffisait de tout organiser pour qu'une vie innocente soit fauchée au camp de Kibati pour convaincre et les déplacés et le public...
3) La France croit toujours pouvoir essayer une opération Turquoise bis, n’a-t-elle pas ses alliés les FDLR/Interahamwe sur place au Kivu où ils sèment la désolation depuis 14 ans ? Toutes les récentes déclarations de Bernard Kouchner visaient et visent à conforter Kabila dans sa guerre contre Nkunda. D’ailleurs tous les media mettent invariablement l’initiative de la guerre pourtant commencée par Kabila, sur le CNDP.
4) Le rapport de Human Right Watch qui hier a fait couler beaucoup d’encre parce qu’il incrimine également le gouvernement, les rebelles et les milices n’est rien d’autre que de la fumée aux yeux de l’opinion nationale et internationale. En réalité HRW, comme les autres vautours, veulent se régaler sur la RDC à Génève où ils ont réussi à déclencher une réunion du Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme exclusivement consacrée à la RDC. Je disais hier que c’est la nouvelle formule par laquelle ces vautours veulent envoyer à la Haye les adversaires de leur enfant chéri, Joseph Kabila. C’est comme cela qu’ils peuvent continuer avec lui à martyriser le peuple et s’enrichir sur son dos. Anneke Van Woudenberg veut construire sa carrière sur les fils du Congo qui refusent et la nouvelle version de la dictature, et la nouvelle version du colonialisme.

En conclusion l’on peut dire sans risque de se tromper que si Kinshasa parle tranquillement de ressusciter un programme Amani qui n’a même plus les officiels du gouvernement qui s’en chargeaient (cfr le nouveau ministre de l’éducation et le nouveau chef d’État Major), c’est parce que Joseph Kabila et les vautours préparent une offensive plus meurtrière contre le CNDP. Les propos de Kamere réclamant une opération Artémis II, de Paris, eh oui, de Paris en disent long. Si l’on tient compte des manœuvres des vautours sur le plan des droits de l’homme, le décors est planté pour une guerre sur terrain et une guerre pseudo legale à partir des institutions sensées promouvoir la paix et unir les nations. Les gars de Nkunda doivent se préparer car ils ne peuvent compter sur personnes d’autre qu’eux-mêmes pour faire face, seuls, à l’injustice globale que subit la province du Nord-Kivu grâce à un pouvoir inepte à Kinshasa. Mes excuses au lecteur de ce blog qui prend offense chaque fois que je qualifie le leadership kinois d’inepte !

Monday, 24 November 2008

LE NARCISSISME DES VAUTOURS

Les lecteurs de ce blog savent de qui je parle quand je dis "vautours", il s'agit des ONGs et des media qui, sur le plan national et international, façonnent la manière de parler du conflit congolais, juste dans le but de promouvoir leurs propres intérêts. Ils prennent tous le CNDP et son leader pour leur bête noire, d'où les attaques constantes contre les deux, les distorsions de tous genres dont la plus banale et paresseuse demeure celle qui veut absolument les lier au leadership voisin. Curieusement, ces mêmes "vautours" ne trouvent jamais embarrassant le fait que le leadership kinois et l'élite qui contrôlent l'ONU soutiennent activement les forces génocidaires en RDC.
Le narcissisme dont je veux parler aujourd'hui est motivé par l'article de David Lewis/Reuters que j'ai posté en anglais récemment ici. Pour une première fois un membre de la communauté des "Vautours" insinuait presque ouvertement que Joseph Kabila a très peu d'options ouvertes et que probablement il ne lui reste plus que la négociation politique avec le CNDP. L'on peut dire que l'objectivité de Lewis s'arrête là, parce que dans la même phrase introductoire, il insinue que le leader des rebels n'est pas en train de capitaliser politiquement sur sa supériorité militaire. Ce qui pourrait être vrai, mais seulement dans la mesure où ces "Vautours" sont complètement sevrés d'information en relation avec les stratégies du CNDP. Puisqu'ils le sont, alors ils préfèrent toujours avancer des spéculations pour que l'opinion adopte leur manière de voir. Ces spéculations font partie de ce que j'appelle les tactiques mercenaires concertées entre media et ONGs. En effet le deuxième paragraphe de l'article fait état du sempiternel chiffre des IDPs. Pourquoi? Tout simplement parce que ce chiffre à lui seul justifie la raison de la présence des "Vautours" sur place. Et c'est pour perenniser leur propre présence que ces "Vautours" adorent voir le peuple congolais clochardisé. Ils aiment voir les petits et grands agriculteurs de la province devenir des mendiants qui ne savent rien faire d'autre que tendre la main vers les camions des "Vautours" de tout acabit. C'est pour se complaire dans leur narcissisme que ces "Vautours" n'admettront jamais que le CNDP puisse reinstaller les déplacés dans leur terre. Et pour cause, les FDLR, chouchou des "Vautours" sont toujours là pour empêcher tout ressettlement .
Un autre aspect du narcissisme des "Vautours". Tout en reconnaissant, avec sources diplomatiques à l'appui que Kabila devra de toutes façons négocier, sinon son option guerrière continuera à avoir sur lui un effet boomrang, Lewis laisse entendre que Kinshasa ne peut négocier que dans le cadre du défunt programme Amani, histoire de se couvrir le dos journalistique! Être en bons termes avec Kinshasa. Il va plus loin et offre l'espace de son article comme tribune pour le reste des "Vautours". Il plaide pour les humanitaires qui n'ont pas pu franchir les zones de combats pour atteindre un nombre d'IDPs qu'il estime à plus d'un million. Au début de l'article, il parle de 250,000!!! Un saut de 750,000. La raison du saut apparaît immédiatement, Anneke Van Woudenberg, eh oui Human Rights Watch, a quelque chose à dire: rappeler au public que la rebellion a gagné du terrain, et continue à être une menace contre Goma.
Ces subterfuges mercenaires combinés entre media et ONGs n'arrêteront pas un mouvement en marche. Pendant que les "Vautours" travaillent d'arrache-pied pour discréditer ce mouvement, c'est la réalité sur terrain qui ne permet plus de l'arrêter. Il ne suffit plus de crier que les tutsis congolais sont des rwandais, cela est déjà passé de mode. Il ne suffit plus de crier que Kigali soutient le CNDP pour balkaniser la RDC: le CNDP veut une RDC dignifiée, grande et unie, pas divisée, le Rwanda n'y est pour rien. Les "Vautours" utilisent le spectre d'une balkanization pour les simples d'esprit qui peuplent la RDC. Bien sûr que le CNDP convertira ses victoires militaires en victoires politiques, c'est l'évolution normale des choses. Il ne se précipitera pas car c'est cela que ses ennemis veulent. Quant à mentionner qu'il ne peut pas se permettre d'autres Kiwanjas, c'est montrer de quel côté penchent les "Vautours" car ils savent très bien que les Mai Mai sont responsables des massacres en question. Et les pauvres Mai Mai sont utilisés par les FDLR pour commettre tant de crimes contre leur population. Les lecteurs de ce blog qui se croient en devoir de me rappeler que qui tue par l'épée périt par l'épée, s'ils ne sont pas aussi ignorants qu'ils veulent le paraître devraient savoir que cet adage s'applique, dans le cas précis du conflit congolais, au camp qui a déclenché les hostilités, non seulement depuis le mois d'août, mais aussi depuis les massacres du camp Kokolo, de Kitona, de Kamina, de Gatumba etc...

Monday, 15 September 2008

Kabila supervise sa guerre

Le président de la république qui est arrivé à Goma en arborant un treillis militaire. Toute son apparence, ses faits et gestes ainsi que ceux de ses généraux ont donné l'impression qu'il est venu terminer la crise du Kivu, une fois de plus, par la force plutôt que par la negociation même si il a prolongé le mandat du programme AMANI pour une durée d'une annee. Des sources dignes de fois nous font savoir qu'en réalité, il a passé ses nuits dans une tente érigée dans la cour du bureau du gouvernorat. Histoire de solidariser avec les déplacés qui sont à la merci des intempéries, quelle ironie, ou plus encore, quel cynisme!

Au même moment, ses troupes créent d'autres nouveaux déplacements de populations innocentes. ces forces tirent à l'armement lourd à 40 km depuis le camp militaire de Rumangabo vers Bunagana avec le seul objectif de faire fuire les populations vers les camps des refugiés en Ouganda. Simultanément, pendant que Kabila était encore à Goma, la 14e brigade en coalition avec les FDLR et les PARECO, a systématiquement tué, violé, pillé, arraché des yeux et coupé les pieds à des civils sans défense au vue et au su de la Monuc. Après cette démonstration sauvage qui est la marque des génocidaires Hutu, ils ont ensuite essayé un exploit en attaquant les positions du CNDP. Ils ont cependant subi un grand revers a NGUNGU où trois capitaines FARDC ont été capturés. Voilà comment fonctionne la stratégie du Rais, qui est, comme tout le monde le sait, un général.

Ce même Rais a sommé le CNDP de se désengager dans un délai d'une semaine, à défaut de quoi, le président passerait alors à la vitesse supérieure. Il semble oublier volontairement quatre exigences qui ne sont qu'évidentes parce qu'elles font partie du défi qu'il se refuse à affronter en ne voulant pas le négocier politiquement. Il s'agit du retour des refugiés, de la réinstallation des déplacés, et bien entendu la réinsertion de tous dans leur milieu; la libération des prisonniers d'opinion; le désarmement des FDLR; une restructuration plus rationnelle de l'armée ainsi qu'un nouveau cadre de développement.

Pendant que le chef de l'État supervise la confusion de Goma, la MONUC se trouve à la croisée des chemins. D'un côté elle est malmenée par CHIKEZ DIEMU qui brûle d'envie de se débarrasser le l'ONU afin de pouvoir organiser ses massacres sans supervision internationale. De l'autre BABACAR GAYE le commandant de cette force onusienne continue a ordonner les casques bleus à faire la guerre directe au CNDP. Celui-ci est devenu la seule force qui se bat pour défendre le peuple contre des violeurs et des pilleurs. BABACAR GAYE, selon certaines sources bien informées, est lui même criminel. Il semble qu'il existe un mandat d'arrêt contre lui, puisqu'il aurait supervisé la tuerie de ses propres concitoyens. De toute façon, les choses ne semblent pas aller au mieux entre lui et Tchikez Diemu car ce dernier a incité la population à une tentative de lapidation du commandant sortant de la Monuc. On ne saurait pas prévoir si Diemu s'entendra mieux avec l'espagnol qui est destiné à remplacer Gaye dans les prochains mois. La CPI devrait considérer son incimination au motif de l'association entre la MONUC , les FARDC et les FDLR, forces génocidaires qui sont devenues alliées de la force onusienne dans un massacre continu au Kivu.